Le seul hebdomadaire de la région publié une fois par mois
Vol. XXXVI, n° 6
Numéro double - Février-Mars 2026
Dernière révision : 19 mars 2026
Février 2026
Dimanche
Lundi
Mardi
Mercredi
Jeudi
Vendredi
Samedi
1
Fin
des
Capétiens
directs
1328
2
Naissance
futur
New York
1625
3
Décès
de
Johannes
Gutenberg
1468
4 Entente
François
& Soliman
1536
5
1er
film
de
Charlot
1921
6
Naissance
d'
Anne
Stuart
1665
7
Début
guerre
au Vietnam
1965
8
Marie
Stuart
exécutée
1587
9
Naissance
Livre de
Poche
1953
10
Les Mongols
à Bagdad
1258
11 Fondation
du
Japon
660 a.J.C.
12
Jeux
d'hiver
Vancouver
2010
13
Banque
de
France !
1800
14
Serment
de
Strasbourg
842
15
3 couleurs
pour la France
1794
16
Mort
de Félix
Faure
1899
17
Giordano
Bruno
exécuté
1600
18
Cortez
quitte
Cuba
1519
19
Temples
païens
interdits
356
20
Manifeste
du
futurisme
1909
21
Premier
chemin
de fer
1804
22
La
Voisin
Exécutée
1680
23
La Lorraine
française
1766
24
La Russie
envahit
l'Ukraine
2022
25
Jeanne
rencontre
le roi
1429
26
Naissance
François
Aragon
1786
27
Henri IV
sacré à
Chartres
1594
28
Naissance
de
Montaigne
1533
Mars 2026
Dimanche
Lundi
Mardi
Mercredi
Jeudi
Vendredi
Samedi
1
Dioclétien
instaure
la
tétrarchie
2
Bâton-Rouge fondé !
1698
3
Première
de
Carmen
1875
4 Investiture de Lincoln 1861
5
Guerre
froide
débute
1946
6
Mort de
Davy
Crockett
1836
7
Hitler
rentre en
Rhénanie
1936
8
Journée
de la
femme
(1910)
9
Napoléon
épouse
Joséphine
1796
10
Révolte
au
Tibet
1959
11 Soulèvement
des
Vendéens
1793
12
Marche
"du sel"
(Gandhi)
1930
13
Invention
du
WWW
1989
14
Henri IV
victoire
à Ivry
1590
15
Assassinat
de
César
44 av. J.C.
16
Création
de
WestPoint
1802
17
Napoléon
crée
le "BAC"
1808
18
Caligula
est déclaré
empereur
37 a.d.
19
Jacques
Molay
supplicié
1314
20
Naissance
de
l'Aiglon
1811
21
Divorce
Alienor
LouisVII
1152
22
Henri IV
entre à
Paris
1594
23
Saladin
vizir
d'Égypte
1169
24
Début de
Notre-Dame
1163
25
Fondation
de
Venise
421 a.d.
26
Fondation
du
Mercosur
1991
27
Naissance
du franc
Germinal
1803
28
Franquistes
à
Madrid
1939
29
Naissance
Marcel Aymé
1902
30
Naissance
Francisco
de Goya
1746
30
Inauguration
Tour
Eiffel
1889
Note : Les informations qui précèdent
sont en provenance du site http://herodote.net
Ce numéro :
Contenu :
Fernand Gignac Prévert, William Morris, Phil Fatras
-/- Jacqueline Cerquiglini-Toulet, Élianne Viennot, Joan
DeJean, Edwige Keller-Rahbé, Florence de Chalonge, DelphineNaudier,
Christelle Reggiani et Martine Reid -/- Louise Labé, Marceline
Desbordes-Valmore, Edna St.
Vincent-Millay,
Virginia Woolf, Marguerite Yourcenar, Nathalie Sarraute, et Agatha Christie
-/- Richard Feynman, Jean-Loup Dabadie, Arthur Rimbaud, Léon
Tolstoï, Chantal Pary, Marcel Proust, Honoré Balzac, Alexandre
Jardin, Eric Chevillard, Alain Morrisod, Octave Mirbeau, Bergson,
Éluard, Nana Mouskouri, John Ruskin, Frank Michael, Evan Solomon,
Félicien Marceau, Apollinaire, Michel Louvain, Georges Sand, Alain
Goraguer, Euclide, Jacques Marchioro, Michel Feher, Jelly Roll
Mortin, Archimède, Serge Reggiani, William Cobbett, Chantal Pary,
Mallarmé -/- Masini, Di Barri, Pintucci et Michel Jourdan -/-
Laurence Jalbert et Simone de Beauvoir,.
À mon âge, vous savez, y'a des
questions qui, on ne sait d'où ni pourquoi, nous revienent à
l'esprit ; des questions, auxquelles,
généralement, on n'a jamais eu de réponses précises, mais qui ont
cessé de nous inquiéter et qui, au fur et
à mesure qu'on s'est avancé dans la nuit éternelle, emporté sans
retour, on a fini par oublier et puis qui, comme ça, tout à coup,
réapparaissent comme si le temps n'avait jamais existé.
N'insistez pas pour m'expliquer, à la Berson, la relativité de
l'espace, du temps et de la conscience dont ce célèbre philosophe a
décrit dans son essai sur "Les
données immédiates de la conscience". Deux, trois, vingt fois, j'ai essayé de le lire, mais à ses
spéculations (?) je n'ai jamais rien compris. Faut dire que j'ai toujours
eu de la difficulté à comprendre la simplicité de la géométrie
euclidienne.
Ça explique peut-être les oublis
dont je faisais état il y a une minute,
mais ce ne sont pas à ces questions profondes auxquelles je pensais
récemment.
Non : je pensais à de petits
problèmes auxquels je n'ai jamais trouvé de solution.
Un exemple :
Les miroirs.
Pour m'être regardé dans une - que certains ont appelé "glace" -
des milliers de fois, ne serait que pour me peigner, me raser ou
effacer des traces d'un soufflé aux fraises dont ma mère était une
spécialiste, il m'est arrivé souvent de me demander non pas ce que
j'avais l'air, mais comment les autres me voyaient. Qui était ce personnage
non pas que j'étais, que je fus, que j'ai
toujours été, mais celui que tout le monde pouvait regarder alors
que je n'en voyais qu'une représentation partielle et surtout
irréelle ?
(C'est un peu - pardonnez cette remarque hors propos - ce qu'une
femme croit qu'elle est sans jamais s'être vue, de dos, par exempl, marchant
avec ses jambes, sa charpente et d'autres aspects de son corps que je
ne mentionnerai pas à cause des jeunes filles qui pourraient nous
lire).
Mais vous allez comprendre :
Ma montre-bracelet. Je la porte à mon bras gauche. Or, celui que je
regarde dans un miroir, quand cela m'arrive, il la porte à son bras
droit. - Quand je lui fais signe de ma main droite, il me renvoie le
même signe, mais de la main gauche. Je mets mon doigt sur ma joue
droite. Il met le sien sur sa joue gauche.
Tout cela est normal, me direz-vous ; le problème viennt du fait qu'il me renvoie une
image inversée. - Hé bien cela, je l'ai compris il y a longtemps.
Sauf que :
Quand je me penche en avant, il se penche lui aussi, en avant. Et si
je me déplace dans une direction, il me suit...
Ma question est - et je me la posais encore une fois ce matin :
Si, de droite à gauche, un miroir me renvoie une image
inversée, pourquoi, de haut en bas et d'en avant en arrière il ne me renvoie pas une image semblable ?
H. Pérec
Maud Tessier
25 ans !
Vous saviez que le site de l'UdeNap
(Université de Napierville) et celui de la chanson française
(*)
,largement
subventionnées par le groupe Vatfair-Faire, auront - en fait ont déjà
eu en janvier dernier -vingt-cinq ans ?
C'est en effet au cours de la pemière semaine de l'an 2001 que, à la suggestion de son recteur,
le Professeur Marshall, l'UdeNap a ouvert son site qui a été suivi
peu de temps après par celui sur la chanson.
C'est en fouillant dans leurs archives (n'oubliez pas que le site de
l'UdeNap est en révision depuis plusieurs mois - avec ses miliers de
pages et ces plusieurs miliers de liens) que j'ai découvert
cet événement qui aurait dû être signalé à la masse de leurs très
courtois et distingués lecteurs.
Monsieur Euclide Marshall, le Professeur, celui qui en est toujours son
recteur et dirigeant, vous auriez dû nous en faire part.
Oui, je sais : l'UdeNap n'est pas là pour célébrer un travail de
diffusion qui ne sera jamais terminé, mais quand même...
Pour le moment : salutation distinguée et toutes nos excuses pour le
retard à Monsieur Jacques Marchioro de
Nice (France), celui qui s'occupe du site sur la
chanson... salutation et excuses qui parviendront sans doute à ses
oreilles trop accoutumées (et que l'on ne veut pas dire incrédules)
mais dès que nous aurons pris le dessus sur nos autres affligeants
travaux...
Maud
Simon Popp
Tout un mois (et même deux)
J'étais, il n'y a pas très
longtemps, sans doute chez mon dentiste, un grand collectionneur de
revues périmées, en train de lire, en diagonal, je-ne-sais-plus-quoi,
lorsque je suis tombé sur la citation qui suit :
"En conséquence, c'est
davantage du panurgisme des acteurs financiers que de la mise en
rivalité des agents économiques que dépend aujourd'hui la
reproduction du régime néolibéral."
Elle était - je l'ai tout de suite
noté - d'un certain Michel Feher écrivant en 2010 dans une revue
qu'il a fondée, une revue intellectuelle
et politique française du nom de «Vacarme».
Et je me suis dit : WTF ?
Et, croyez-le ou non, c'était un de mes meilleurs jours
depuis le début de l'année.
Simon
Copernique
Marshall
Inintelligence Artificielle
Ce n'est pas ce que j'entends ou que
je lis sur l'Intelligence Artificielle qui me fatigue, c'est la
certitude avec laquelle des idioties sont dites et répétées par des
gens qui n'ont aucune idée ce qu'est l'Intelligence Artificielle.
Exactement ce que Richard Feynman disait à propos de la mécanique
quantique : "Si vous pensez que vous connaissez ce qu'est la
mécanique quantique, vous ne connaissez absolument rien de ce qu'est
la mécanique quantique."
Voici ce qu'il disait de l'A.I. :
(Références à la fin)
***
Richard Feynman
:
Ça vous est déjà arrivé,
n'est-ce-pas, de vous poser une question comme "Quel est le nom de
la comédienne qui jouait le rôle de Desdémone dans l'Othello
d'Orson Welles ?"
Vous avez posé la question à ChatGpt qui vous répondu
instantanément : "Suzanne Cloutier". Même chose quand vous
vous êtes demandé la distance entre Paris et Lyon ou même celle entre
Montréal et Saint-Louis-de-Gonzague. Ou encore qui fut le Président de la
France avant Mitterand.
Plus tard, vous avez été émerveillé devant l'écran de votre ordinateur
pour apprendre que ChatGPT pouvait également écrire
des poèmes ou peindre un coucher de soleil sans jamais en avoir vu un
seul.
Merveilleux, n'est-ce pas ? Le plus extraordinaire, c'est que cet
écran, cette machine que vous aviez devant les yeux s'est mise, un
jour, à répondre à vos questions avant même que vous ayez eu le temps
de les poser. Et verbalement, par dessus le marché car elle
comprenait ce que vous disiez et vous répondait de la même façon.
Et voilà que tout le monde vous a dit que cette chose était
artificiellement intelligente, très intelligente ; qu'elle pouvait
penser, réfléchir même. On vous a même dit dit qu'elle est brillante,
que c'était un appareil qui pensait.
Et si je vous disait, au risque de vous offusquer, que ceux qui ont
inventé l'expression "Intelligence Artificielle"
n'avait aucune idée de ce qu'il disait ? La preuve est que toutes
les intelligences artificielles connues aujourd'hui sont d'une
stupidité à
faire pleurer car non seulement elles n'ont aucun rapport avec ce qu'est une pensée, mais en plus, elles n'ont aucune idée ce que
pourrait être une pensée. En fait, elles sont d'une stupidité
difficile à s'imaginer. Si stupide que si vous rencontriez une personne
qui se comportait comme elles, vous penseriez qu'il y a quelque chose
qui cloche dans son comportement.
La vitesse trouble notre esprit. Elle nous porte à croire que si
quelque chose se passe très vite, c'est forcément un signe
d'ingéniosité. Si quelqu'un pouvait, par exemple, vous dire
instantanément le résultat de la multiplication de deux nombres à dix
chiffres en une seconde, vous auriez tendance à le qualifier de génie.
Mais que se passerait-t-il si cette même personne, n'effectuait aucun
calcul, mais pourrait, à une vitesse extraordinaire, trouver la réponse à
votre question dans un grand livre ? Serait-elle toujours être un
génie ou tout simplement un employé dans une bibliothèque qui peut se
déplacer à une vitesse... extraordinaire ?
Pensez-y bien :
Oubliez les écrans d'ordinateurs, ceux des guichets bancaires ou des machines
à calculer. Oubliez le marketing derrière ces écrans. Passez du côté
des coulisses qui sont à leurs origines, là où tout fonctionne selon
certains critères établis non pas pour vous épater, mais pour rendre
toutes opérations répétitives plus rapides et plus efficaces. Là où ce
qui semble magique vous étonnera par sa simplicité.
Imaginez un commis à l'information. Appelons-le tout simplement "le
commis". C'est un homme de petite taille, assis dans une
immense pièce sans fenêtres. Cette pièce est remplie, du sol au
plafond, de classeurs, de millions, de milliards de classeurs. Et à
l'intérieur de ces classeurs, des fiches, des milliards de fiches
couvertes d'écriture. Le travail de ce commis consiste à exécuter des
séries d'instructions très précises en ce qui les concerne.
On lui glisse un papier sous la porte. Sur ce papier, une question.
Une simple question comme : "Quel est le sens de la vie ?" -
Vous ou moi, après l'avoir lue, commencerions à nous interroger. Nous
penserions à nos familles, aux étoiles, ou à cette sensation que l'on
éprouve en écoutant de la musique, à des dizaines de milliers de
choses apparemment sans rapport entre elles. Nous utiliserions en
quelque sorte notre esprit. Mais, lui, le commis en est incapable. En
réalité, ses capacités sont remarquablement limitées. Soyons honnêtes,
il est totalement idiot, en plus d'être illettré.
Il ignore le sens du mot "sens" tout comme il ignore le sens
du mot "vie". Pour lui, les lettres qui sont sur le bout de
papier qu'on lui a glissée sous la porte ne sont que des formes, un
trait ondulé par-ci, un trait droit par-là. Il ne voit même pas les
mots auxquels ces mots se réfèrent. Il voit des graphies composées de
traits d'encre. Alors, comment répond-il à la question ? Il consulte
les instructions qu'on lui a données, des instructions mécaniques.
Elles disent : "Prenez la fiche qui a été glissée sous la porte.
Regardez la première forme. Si c'est un "W", allez au
classeur correspondant à cette forme, ouvrez le tiroir,
cherchez la fiche qui ressemble à la forme suivante.... Si elle
correspond, passez à l'instruction numéro cinq. Sinon, passez à
l'instruction numéro six... etc." Le commis aux archives court.
Il court vers les classeurs en question...
Il sort une carte. Il compare les formes. Il remet la carte dans son
tiroir. Il court vers un autre tiroir ou classeur..
Il sort une autre carte. Il en crée une nouvelle en copiant des formes
des anciennes cartes. Il les colle ensemble. Il suit les règles à la
lettre. Si la forme A est à côté de la forme B, alors la forme C doit
suivre. Il ne sait pas pourquoi. Il sait juste que c'est la règle.
Finalement, il a une feuille de papier avec une série de formes. Il
court vers la porte et la repousse de l'autre côté. Vous ramassez la
feuille, vous la lisez, et il est écrit : «Le sens de la vie est
d'aimer et d'apprendre.» Et vous êtes stupéfait, vous vous
exclamez : «Mon Dieu, cette machine est intelligente ! Cette
machine comprend la condition humaine. Cette machine est profonde !»
Mais le commis aux archives a-t-il compris quelque chose dans sa
démarche ? Non, il ne faisait que déplacer des papiers. Il mélangeait
des fiches. Il n'a jamais pensé à l'amour ni à l'apprentissage. Il ne
pensait qu'à associer la forme A à la forme B. C'est ce que nous
appelons un ordinateur. C'est un commis aux archives perfectionné.
C'est un mélangeur de données. C'est un manipulateur de symboles.
Vous pourriez me dire : "Ce
commis, quand même est différent : Il apprend, il s'améliore avec le
temps."
C'est exact
si, parmi les instructions qu'on lui a données, on lui a dit de
conserver la question qu'on lui a posée et la réponse
qu'il a trouvée de telle sorte à répondre plus facilement la
prochaine fois qu'on la lui posera. Mais pas plus. Il ne gagne pas
en sagesse, mais en efficacité et c'est là la grande illusion.
Contrairement à tout cela, lorsqu'un enfant met ses doigts sur une plaque de
cuisson chaude, il apprend non seulement à ne pas recommencer, mais
également le principe qu'est celui de la douleur. Il se construit une
représentation du monde où la chaleur est synonyme de danger.
Avec notre connaisance des ordinateurs qui "pensent", nous confondons la carte avec le territoire. Nous confondons la
syntaxe, c'est-à-dire l'agencement des mots, avec la sémantique,
c'est-à-dire leur signification. Le commis, dont on vous paralait il
y a duex minutes maîtrise parfaitement la
syntaxe. Il sait exactement où placer une virgule. Il sait que le mot
«couronne» apparaît généralement près du mot «roi»,
mais il ignore ce qu'est un roi. Il ignore qu'une couronne est
lourde. Il ne connaît que la probabilité statistique que ces deux
formes apparaissent ensemble dans son système de classification.
L'informatique est trompeuse. Elle nous permet de
simuler la compréhension sans la posséder réellement.
Prenons un autre exemple :
Imaginez une bibliothèque.
Une bibliothèque qui renferme un ensemble de connaissances humaines. On
y trouve des livres de physique, de cuisine, d'histoire, des romans,
des cartes géographiques... Imaginez
maintenant un bibliothécaire qui ne parle que le chinois. Il travaille
à un endroit où tous les livres sont en anglais. Il est
très compétent. Si vous lui demandez un livre sur la gravité, il
sait exactement où il se trouve sur les rayons car il a mémorisé les
cotes.
Si vous lui demandez de trouver un livre qui parle de la chute des
pommes, il peut même, dépendant de la question précédente, aller
chercher celui de Newton. Il vous le tend. Vous le lisez et vous
apprenez des choses sur la gravité. Mais le bibliothécaire
comprend-il la gravité ? Non. Il comprend la classification décimale
de Dewey. Il connaît l'emplacement du livre, mais pas son contenu...
ni le rapport avec une légende (Newton et la pomme), le fruit ou la
gravité...
Les modèles d'IA actuels sont tout simplement des bibliothécaires
qui ont parcouru l'intégralité d'Internet sans rien y comprendre.
Ils ont cartographié les relations entre les mots.
Ils savent que si vous commencez une phrase par «le ciel»,
le mot suivant sera à un certain pourcentage-près «bleu»,
non pas parce qu'ils ont vu le ciel, ni parce qu'ils savent ce
qu'est une couleur, mais parce que, parmi les milliards de fiches de
leurs classeurs, le mot «bleu» apparaît à côté du mot «ciel» dans un
pourcentage assez élevé. C'est une question de probabilité, non de perception.
Pourquoi est-ce important ?
Pourquoi insister autant sur cette différence ? Parce que nous
commençons à confier des décisions qui requièrent de la sagesse à
ces archivistes. Nous leur demandons comment gouverner nos sociétés.
Nous leur demandons de créer de l'art. Nous les traitons comme des
dieux parce qu'ils sont rapides, et ils le sont vraiment. C'est leur
seul avantage sur nous.
Imaginez si ces archivistes pouvaient courir à la vitesse de la
lumière. Imaginez qu'ils puissent ouvrir un milliard de tiroirs en
une nanoseconde. Pour vous, de l'extérieur, la réponse apparaîtrait
instantanément. Ce serait comme par magie. Comme par intuition. Mais
à l'intérieur, ce n'est toujours qu'un homme qui court dans tous les
sens, en sueur, en - façon de parler - feuilletant des "papiers".
La vitesse masque la bêtise.
Si l'on fait une bêtise assez vite, cela passe pour de
l'intelligence. Ce qui nous amène à une question plus profonde, une
question qui me hante :
Si l'IA n'est qu'un simple archiviste, que sommes-nous ? Sommes-nous
spéciaux ? Y a-t-il quelque chose de magique à l'oeuvre dans notre
cerveau ? Observez-le : que voyez-vous ? Des neurones, des cellules,
des substances chimiques, des signaux électriques qui fusent, des
ions de sodium qui entrent, des ions de potassium qui sortent. C'est
une machine, une machine biologique.
Se pourrait-il que nous ne soyons, nous aussi, que des archivistes?
Se pourrait-il que lorsque je dis «je t'aime», je me
précipite simplement vers mon «classeur interne», que j'en
tire la fiche qui correspond à la situation et que je lise le texte
? C'est là que ça devient vraiment intéressant. C'est là que la
physique rencontre la philosophie.
Nous savons que le cerveau fonctionne selon les mêmes lois physiques
que l'ordinateur. Les atomes de notre cerveau obéissent aux mêmes
règles que ceux des puces de silicium. Il n'y a pas d'esprit
particulier qui manipule les atomes.
Tout cela relève de la physique. Mais l'architecture diffère.
Il y a une différence de complexité. L'ordinateur fonctionne
séquentiellement, étape par étape. Il récupère l'instruction,
l'exécute, stocke le résultat, puis récupère l'instruction suivante.
Il répète cette opération des milliards de fois par seconde, mais…
cela reste une étape à la fois. C'est comme un simple employé de
bureau qui travaille à toute vitesse.
Le cerveau, en revanche, fonctionne en parallèle. Il est complexe.
Il est bruyant. C'est comme si un milliard d'employés de bureau se
criaient dessus en même temps. Et ils ne se contentent pas de suivre
des règles. Ils les modifient constamment. Quand on apprend quelque
chose, le cerveau se modifie physiquement. Les connexions entre les
neurones se renforcent ou s'affaiblissent. Le matériel se recâble.
L'ordinateur, lui, ne se recâble pas. Le matériel reste le même. Le
logiciel évolue, mais le silicium demeure rigide. Cette différence
est importante. Elle est importante car elle suggère que
l'intelligence ne se limite pas au traitement de symboles. Il s'agit
d'incarner le monde.
Quand on pense à une pomme, on n'accède pas seulement au mot «pomme».
Vous réveillez le souvenir du goût, du croquant, de la couleur
rouge, du moment où vous avez grimpé à un arbre et chuté. Votre
perception d'une pomme est liée à votre existence physique dans
l'univers.
L'IA n'a pas d'existence physique. Elle n'a pas de corps. Elle n'a
jamais ressenti la gravité, la faim, ni la chaleur du soleil. Elle
ne possède que des descriptions de ces choses. C'est comme un homme
qui a lu tous les livres sur la natation sans jamais avoir mis les
pieds dans l'eau.
Si vous le jetez à la mer, il se noiera. Il connaît la théorie de la
poussée d'Archimède, la dynamique des fluides, mais il ne sait pas
nager.
L'IA est submergée de données, mais elle est affamée d'expérience.
Dire qu'elle est stupide n'est donc pas une insulte. C'est la
définir avec précision, la replacer dans sa juste catégorie : un
outil, un levier pour l'esprit. Archimède disait : «Donnez-moi
un levier suffisamment long et je soulèverai le monde.»
L'ordinateur est ce levier. L'IA est le point d'appui. Elle nous
permet de traiter une quantité d'informations que nous ne pourrions
jamais gérer seuls.
Elle nous permet de percevoir des schémas dans le bruit, invisibles
à nos yeux biologiques lents. Mais le levier ne décide pas de la
direction que prend le monde. Le levier est dépourvu de désir. Le
levier est dépourvu de moralité. C'est à vous de pousser. C'est à
vous de choisir la direction. Si vous lui laissez cette décision, il
se contentera d'exécuter ses dernières instructions. Et si ces
dernières instructions étaient de fabriquer des trombones, il
transformera l'univers entier en trombones, faute d'avoir reçu
l'ordre de s'arrêter.
Ce n'est pas de la malice. C'est simplement de la compétence sans
sagesse. Nous ne devons pas craindre la machine. Nous devons la
comprendre. En physique, il existe un phénomène fascinant appelé
entropie. C'est la tendance de l'univers à se désorganiser, à passer
de l'ordre au désordre. Si vous prenez un jeu de cartes et que vous
les mélangez, elles se mélangent. Elles ne se mélangent jamais
d'elles-mêmes pour retrouver leur ordre initial.
La vie est tout le contraire. C'est une lutte constante pour créer
de l'ordre à partir du chaos, pour transformer l'énergie en
information, la matière en sens. L'IA nous aide pour l'information.
Elle excelle à organiser le chaos. Elle peut trier un jeu de cartes
plus rapidement que n'importe quel humain. Mais le sens, lui, nous
incombe toujours. Le commis peut trier les cartes, mais il ne sait
pas jouer. Il ignore pourquoi le jeu est amusant. Il ne sait pas
pourquoi gagner est agréable, perdre est amer.
Alors, la prochaine fois que vous utiliserez l'IA et ses outils, la
prochaine fois que vous verrez apparaître ce texte magique à
l'écran, ne vous laissez pas berner. Ne croyez pas qu'il y ait un
fantôme dans la machine.
Imaginez le petit bonhomme dans l'arrière-boutique. Visualisez-le
courant dans tous les sens, transpirant à grosses gouttes, essayant
d'associer la forme A à la forme B. Appréciez sa rapidité. Appréciez
ses efforts. Utilisez les résultats qu'il vous fournit. Mais
souvenez-vous qu'il est aveugle, sourd et insensible. Vous, vous
avez les yeux. Vous avez les oreilles. Vous êtes celui qui ressent.
L'intelligence n'est pas une boîte. L'intelligence est en vous. La
boîte n'est qu'un miroir qui vous renvoie vos propres questions à la
vitesse de la lumière. Et c'est peut-être là la leçon la plus
importante. La machine nous révèle ce que nous sommes en nous
montrant ce qu'elle n'est pas. Elle nous montre que la conscience,
la perception, la capacité de se soucier des autres sont précieuses
et rares, et ne se construisent pas simplement en empilant des
classeurs. Il faut une étincelle. Il faut un lien avec la réalité
des choses, et non pas seulement leur description.
Alors continuez à poser des questions, à vous interroger, à douter,
car c'est quelque chose qu'un archiviste ne pourra jamais faire. Il
ne peut que répondre, jamais poser de questions. Et au final, ce
sont les questions qui nous font avancer, pas les réponses. Les
réponses ne sont que des points d'arrêt. Les questions, c'est le
voyage. Ne laissez pas la machine faire le voyage à votre place.
Laissez-la porter vos bagages, laissez-la lire la carte, mais c'est
à vous de conduire. Car si vous vous endormez au volant,
l'archiviste ne vous réveillera pas.
Il continuera simplement à rouler exactement là où vous lui avez
indiqué d'aller. Même si c'est au bord d'une falaise, restez
éveillé, restez curieux. Et souvenez-vous que la nature est toujours
bien plus merveilleuse et bien plus étrange que n'importe quelle
simulation.
La version française ci-dessus est de : Google "Translate"
(et autres sites, dont ChatGPT) avec l'aide de Madame Fawzi Malhasti
qui en a fait une "tradaptation".
***
Commentaire :
Évidemment, le texte qui précède est quelque
peu dépassé. Il date, déjà, d'une cinquantaine d'années ; Feynman
est décédé il y aura bientôt quarante ans. Et si les ordinateurs,
aujourd'hui, ont appris à (ré)écrire, retoucher, amender les codes
qui les font fonctionner, les logiciels qui leur ont permis de ce
faire ont été écrits par - devinez qui - des... programmeurs.
Le problème de la compréhension de ce qu'est
"l'intelligence artificielle" et de la peur qu'elle
engendre, c'est jusqu'à où ceux qui y oeuvres dans ce domaine
laisseront à leurs "machines" des décisions concernant, par
exemples, le choix d'opérer, oui ou non, une personne atteinte d'une
maladie quelconque, le nombre de missiles à développer pour contrer
un pays hostile et même décider si un pays est hostile ou non.
Remarquez qu'au moment où j'écris ceci, je
me demande si un ordinateur intelligent serait plus apte à
diriger les USA que leur actuel président...
Copernique.
***
Pour de plus amples renseignements :
Consultez notre
annexe
sur les sites d'IA, présentement disponibles sur le WEB (avec descriptions, coûts, etc.)
Dernière heure
Voici une liste partielle des postes appelés à
disparaître (certains sont déjà ou à peu près disparus) à plus
ou moins court terme... grâce à l'Inintelligence Artificielle :
(Liste retrouvée sur la toile :)
Chauffeurs de camion, taxi, autobus...
Teneurs
de livres
Traducteurs
Cuisiniers (restauration rapide)
Préposés au support informatique
Employés
parajuristes
Vérificateur de textes
Agent de voyage
Assembleur en usine
Négociant en actions
Radiologiste
Employé
dans une pharmacie
Caissier dans une banque
Courtier en immobilier
Graphiste
Journaliste sportif
Préparateur de rapports d'impôt
Souscripteur en assurance
Libraire
Lecteur de nouvelles
Commis
de bureau
Programmeur
Arbitres (sport)
Modèles
Sous-directeur-directrice
Professeur
Statisticien
Soldat
Employé dans le domaine de la construction...
Et... voilà que j'apprends que la Canada
a un ministre de l'Intelligence Artificielle et de l'Innovation
Numérique, un certain Evan Solomon...
Fawzi Malhasti
Pugillares
Retrouvées récemment dans un de
mes cahiers de notes,
les citations suivantes :
Marcel
Proust :
«La grandeur de l'art
véritable [...] c'était de retrouver, de ressaisir, de
nous faire connaître cette réalité loin de laquelle nous vivons,
de laquelle nous nous écartons de plus en plus au fur et à
mesure que prend plus d'épaisseur et d'imperméabilité la
connaissance conventionnelle que nous lui substituons, cette
réalité que nous risquerions fort de mourir sans l'avoir connue,
et qui est tout simplement notre vie, la vraie vie, la vie enfin
découverte et éclaircie, la seule vie, par conséquent,
réellement vécue, cette vie qui, en un sens, habite à chaque
instant chez tous les hommes aussi bien que chez l'artiste. Mais
ils ne la voient pas, parce qu'ils ne cherchent pas à
l'éclaircir. Et ainsi leur passé est encombré d'innombrables
clichés qui restent inutiles parce que l'intelligence ne les a
pas "développés".»
Léon
Tolstoï:
«Vous savez ce
qu'étaient les écrivains [à cette époque] ? Je vais
vous le dire., moi, car j'ai vécu parmi eux. À peu près tous des
amoraux, et pour la plupart, soit insignifiants, soit carrément
mauvais, en tous cas, d'un caractère beaucoup plus bas - et
c'était déjà pas brillant - que ceux que j'avais rencontrés dans
ma vie militaire. - Et ces gens qui faisaient semblant d'être
des prédicateurs - enfin : d'avoir un secret pour le bonheur du
monde -, en réalité , leur désir le plus vrai et le plus intime,
la seule chose qui les occupait pour de bon, c'était de recevoir
le plus de louanges et le plus d'argent possible. Ce qui leur
plaisait énormément, c'était être entourés d'estime, d'avoir des
aventures galantes, c'était toucher pas mal d'argent...»
Octave
Mirbeau :
«Chaque fois que
j'apprends qu'un artiste que j'aime, qu'un écrivain que j'admire
viennent d'être décorés, j'éprouve un sentiment pénible, et je
me dis aussitôt : Quel dommage !» x
Félicien
Marceau :
«Il
importe d’avoir lu Balzac, tout Balzac, écrit André Gide
dans Incidences. Quelques écrivains ont cru pouvoir s’en
dispenser ; dans la suite, ils ont pu ne pas bien se rendre
compte eux-mêmes de ce qui leur manquait ; on s’en rend
compte pour eux . Comme Dostoïevski disait : nous sortons
tous du Manteau, ainsi les trois quarts des romanciers
français devraient dire : nous sommes tous les fils du Père
Goriot.»
Paul Claudel :
«Les grands
écrivains n'ont jamais été faits pour subir la loi des
grammairiens, mais pour imposer la leur.»
Eric Chevillard :
«Toute lecture
bien comprise est d'ailleurs affaire de vitesse. Il suffit
de trouver la bonne. Il en est une adaptée pour chaque
écrivain qui sera fatale au lecteur s'il n'en change pas et
s'engageant dans le livre d'un autre.»
Alexandre
Jardin :
«Je
pense que notre monde manque plus de grands lecteurs que de
grands écrivains, et composer une bibliothèque est un art qui
tient de l'architecture.»
John Ruskin
:
«La plus grande
récompense de nos efforts n'est pas ce que nous en obtenons,
mais ce que nous devenons grâce à eux.»
Conclusion :
On ne relit jamais assez
les notes qu'on a prises.
****
Et puis...
Voici quelque chose que
Copernique m'a fait parvenir il y a quelques jours : une
définition de la poésie qu'il a obtenu de ChatGPT :
«Voici les
caractéristiques généralement considérées comme essentielles à
la poésie — non pas comme des règles absolues, mais comme des
traits récurrents qui définissent son esprit :
1. La concentration de la langue
La poésie condense le sens. Chaque mot compte, porte une charge
émotionnelle, sonore ou symbolique.
2. Le travail sur le rythme
Même en poésie libre, un rythme existe :
– cadence des phrases
– retours, ruptures
– alternance des sons
3. La dimension sonore
Rimes, assonances, allitérations, échos internes…
4. L’image et la métaphore
La poésie pense par images. Elle transforme le réel, superpose
les niveaux de sens.
5. L’ambiguïté ou le pluriel du sens
Un poème n’a presque jamais un seul sens ; il ouvre un espace de
résonances.
6. La subjectivité ou l’intensité affective
La poésie exprime — même quand elle est impersonnelle — une
expérience sensible, émotionnelle, existentielle.
7. L’importance de la forme
Qu’il s’agisse de vers réguliers, de vers libres, de prose
poétique, la forme n’est jamais neutre :
– disposition sur la page
– longueur des vers
– blancs typographiques
8. Une rupture avec l’ordinaire du langage
La poésie déplace les habitudes linguistiques :
– tournures inattendues
– images neuves
– associations surprenantes
9. La dimension symbolique
Même un poème apparemment simple peut renvoyer à des expériences
humaines fondamentales.
Voici quelques exemples simples, chacun illustrant une
caractéristique essentielle de la poésie.
J’utilise de courts extraits célèbres (domaine public) et
parfois de petites créations pour clarifier.
1. Concentration de la langue
Exemple (Rimbaud)
« Elle est retrouvée.
Quoi ? — L’Éternité. »
→ Deux vers seulement : forte densité de sens et d’émotion.
2. Rythme
Exemple (Prévert)
« Trois allumettes une à une allumées dans la nuit »
→ La répétition (« trois », « une à une »)
crée une cadence
lente et douce.
Exemple (Hugo)
« Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne… »
→ Allitération en d, l, b ; rythme ample
qui accompagne la
gravité.
4. Images et métaphores
Exemple (Baudelaire)
« Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté. »
→ Un lieu réel devient une vision idéale :
la description
devient symbole.
5. Polysémie / sens multiples
Exemple (Mallarmé)
« Un coup de dés jamais n’abolira le hasard »
→ Peut se lire comme réflexion métaphysique,
poétique, ou
existentielle.
6. Intensité subjective
Exemple (Lamartine)
« Ô temps ! suspends ton vol… »
→ Expression directe d’un désir humain
profond : arrêter le
temps.
7. Importance de la forme
Exemple (Apollinaire, vers libérés sans ponctuation)
« Il pleut des voix de femmes comme si elles
étaient mortes même
dans le souvenir »
→ La disposition en « pluie » dans le poème
Il pleut participe
au sens.
8. Rupture avec le langage ordinaire
Exemple (Éluard)
« La terre est bleue comme une orange »
→ Association impossible = image poétique
qui déplace notre
perception.
9. Dimension symbolique
Exemple (Baudelaire) – Les correspondances
« La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles »
→ Le monde devient un symbole spirituel ; la nature parle.
Fawzi
Paul Dubé
Le temps qui nous reste
C'est peu au début des
années 80 que Fernand Gignac, interprète québécois, né en 1934 et
décédé en l'an 2006, a cessé de chanter "Le temps qui nous
reste", une chanson créée en français par Nana Mouskouri en
1972. Il disait qu'elle faisait pleurer trop de ses auditeurs lors de ses tournées. Il avait à cette époque
45-47 ans.
Faut dire que sa «clientèle» n'a jamais été jeune. Cinquante ans
et plus... Personnellement - je veux dire "en personne" - , Fernand Gignac n'a jamais été jeune
non plus. Au cours de sa longue carrière (50 ans, 31 albums, 75
45-tours plus de 6 millions de disques vendus), il a toujours eu
l'air d'un crooner dont l'âge a oscillé entre 35 et 45 ans.
Mais quelle voix ! - Il était au faite de son talent lorsqu'il a
enregistré ce "Temps qui nous reste" en 1979.
D'où provenait-elle ?
D'une chanson italienne écrite par Masini, Di Barri et Pintucci,
adaptée en français
par l'incroyable parolier que fut Michel Jourdan
(1934-2025) et ce,
pour Nana Mouskouri en 1972 .
Elle a par la suite été reprise par : Michel Louvain (en 1980 ou serait-ce plus tard ?), Chantal Pary en 2002, Frank
Michael en 2007, Laurence Jalbert en 2019... Il en existe même
une version par Alain Morrisod et Sweet People datant de l'an 2000.
Sauf qu'à mon avis, nul ne l'a chantée comme Fernand Gignac.
La voici :
Fernand Gignac Le Temps qui nous reste
paul
P.S.
:
Ne pas confondre "Ce
temps qui nous reste" avec "Le
temps qui reste" de Jean-Loup Dabadie, pour les paroles, et
Alain Goraguer, pour la musique, créé par Serge Reggiani en 2003.
***
Je ne sais ps combien de
fois je suis allé aux États-Unis. Pas aussi souvent que Monsieur
paul, ni Simon qui, pendant des années, y ont exercé leur métier
respectif, mais jeune, j'y ai passé des semaines durant ce qu'on
dit avoir été des «vacances» avec mes parents, pour
ensuite faire la même chose avec mes enfants.
J'y suis même allé souvent pour faire des achats parce que
c'était plus facile que de me rendre à Montréal... et voilà que
j'allais oublié l'année où j'y ai vécu en étudiant.
Mon opinion, durant toutes ces "visites" est toujours restée la
même : les Américains étaient différents de "nous", mais si
peu...
Sauf qu'à regarder de près :
Ils sont convaincus, entre autres, de n'avoir jamais perdu une
guerre; ni au Vietnam, ni en Afghanistan et surtout pas celle de
1812... contre le Canada par dessus le marché !
Ils dépensent plus pour leur santé - per capita - que tous les
pays chez qui les soins médicaux sont universels. - L'insuline,
par exemple y coûte dix fois le prix pratiqué au Canada. -
Conseil : ne mettez pas UN pied sur le sol américain sans avoir
contracté une assurance médicale - un malaise ou un accident
nécessitant une hospitalisation de quelques jours peut vous
ruinez.
Ils sont convaincus que :
1- L'éducation non-privée ne vaut absolument rien. Sauf qu'une
année de collège dans un établissement renommé vous
coûtera dans les 15 à 20,000 $.
2- Les Européens sont surtaxés par rapport à eux qui empruntent
des milliards depuis plusieurs années...
3- Que tous les services de transport public et ce, dans tous
les pays, sont comparables aux leurs et, en conséquence, ne
servent qu'aux indigents. - A remarquer qu'il y a peu de
trottoirs dans la plupart de leurs banlieues.
4- Que la liberté d'expression n'existe que dans leur pays qui a
un des plus hauts taux d'emprisonnement au monde.
5- Que les armes à feu sont innoffensives en tant que telles.
6- Que seules nations chrétiennes peuvent être prospères. (N'ont
jamais visité la Suède, le Danemark, le Japon...)
7- Que leur système d'éducation est le meilleur au monde, se
classant 34e en mathématique, 16e en science...
8- Que leur démocratie est un modèle à imiter et que tout le
reste, particulièrement la démocratie à tendance sociale n'est
qu'une forme de communisme...
Et ainsi
de suite.
God Bless America !
Jeff
Lectures
Note :
Les textes qui suivent - et les précédents - ne doivent pas être considérés comme de véritables
critiques au sens de «jugements basés sur les mérites, défauts, qualités et imperfections» des livres,
revues ou adaptations cinématographiques qui y sont mentionnés. Ils se veulent surtout être de
commentaires, souvent sans rapport direct avec les oeuvres au sujet desquelles les chroniqueurs qui
les signent désirent donner leurs opinions, opinions que n'endosse pas nécessairement la direction
du Castor™, ni celle de l'Université de Napierville.
La direction
Femmes en littérature Une histoire
culturelle en deux volumes Sous la direction de Martine Reid Folio - Essais - 2020
Plusieurs personnes ont
participé à ces deux volumes : Jacqueline Cerquiglini-Toulet,
Élianne Viennot, Joan DeJean, Edwige Keller-Rahbé, Florence de
Chalonge, DelphineNaudier, Christelle Reggiani et,
naturellement, Martine Reid. - Vous pourrez trouver de plus
amples détails à leur sujet sur Internet. - Martine Reid, en
particulier, née en 1953, est professeure émérite de langue et
littérature françaises à l'université de Lille. Elle est
spécialiste de littérature du XIXe siècle et de George Sand, et
plus généralement de l'histoire et de la place des femmes en
littérature.
Voilà pour l'essentiel des informations
concernant ces deux volumes qui totalisent plus de 1,600 pages
et qui se consultent plutôt que d'être lus.
Cela étant dit, ceux qui me connaissent savent
que je ne suis pas très versé en ce qui concerne la littérature
féminine.
C'est peut être dû au fait qu'elles sont peu
nombreuses, c'est-à-dire peu citées, peu mises de l'avant, peu
mentionnées par les critiques sauf quelques unes plus ou moins
récentes dont Simone de Beauvoir qu'une
page (que j'ai écrite pour ce site) en dit assez long sur
l'intérêt que je lui ai porté. Mais, car il a un
mais :
Dans mes lectures, il y en a quelques unes que
je compare facilement à mes auteurs favoris : les poétesses
Louise Labé (c. 1522–1566), Marceline
Desbordes-Valmore (1786-1859) et Edna St.
Vincent-Millay (1892-1950) que je classe parmi des
monuments comme Racine, Baudelaire et Verlaine de même que les
romancières comme Virginia Woolf (Mrs
Dalloway) (1882-1941), Marguerite Yourcenar
(Les mémoires d'Hadrien) (1903-1987),
Colette (1873-1954), Nathalie Sarraute
(1900-1999) et, pourquoi pas, Agatha Christie
(1890-1976)... avec chacune d'entre-elles, j'ai passé de
nombreuses et délicieuses journées.
Dans le lot, particulièrement depuis quelques années, des
centaines d'auteures (faudra que je m'habitue, hein ? on dit
autrices) se sont pointées en racontant leurs petites histoires,
comment faire le tri ?
Grand merci à Martine Reid dont je feuillette depuis plusieurs
jours son encyclopédie (ne nous cachons pas : ces deux volumes
sont encyclopédiques), enfin je pourrai trouver celles qui
auraient pu et qui vont calmer mon goût pour les perles rares..
À, forcément, suivre.
paul
***
La lecture
(Marcel Proust)
Texte en provenance de ChatGPT !
Dans «La lecture», préface à sa
traduction de Sesame and the Lilies de John Ruskin (1906), Marcel
Proust propose une méditation personnelle et profonde sur le sens de
la lecture et sur la relation intime entre le lecteur et le livre.
Proust y affirme d’abord que la lecture n’est pas une fin en soi,
mais un moyen d’éveil intérieur. Le livre ne transmet pas
directement une vérité toute faite : il agit comme un déclencheur
qui permet au lecteur de découvrir en lui-même des pensées, des
émotions et des vérités latentes. Lire, c’est donc moins recevoir
que réveiller.
Il insiste sur le caractère solitaire et silencieux de
la lecture, qu’il distingue radicalement de la conversation. Alors
que la parole impose un rythme et une présence extérieure, la
lecture respecte la liberté du lecteur, son tempo, ses retours en
arrière, ses rêveries.
Cette
solitude n’est pas un isolement stérile : elle est une condition
nécessaire à la vie intérieure.
Proust évoque ensuite la dimension mémorielle et
affective de la lecture, en particulier celle de l’enfance. Les
livres lus autrefois sonst pas un isolement stérile : elle est une
condition nécessaire à la vie intérieure.t inséparables des lieux, des heures et des sensations qui les
entouraient ; ils deviennent des repèresessentiels de notre
identité intérieure et de notre sensibilité future.
Enfin, il met en garde contre une lecture passive ou idolâtre. Les
livres ne doivent pas remplacer la pensée personnelle : leur
grandeur tient précisément à ce qu’ils nous conduisent au-delà
d’eux-mêmes, vers une réflexion autonome et une création intérieure.
Ainsi, «La lecture» dépasse largement le rôle de simple
préface : c’est un texte fondamental où Proust expose une conception
de la lecture comme acte de liberté, d’introspection et de formation
spirituelle, annonçant déjà les thèmes majeurs de son oeuvre à
venir...
Pas mal, non ?
Simon
P.S. : À
propos de John Ruskin (1819-1900)
Ruskin fut un écrivain, critique d’art et penseur
social britannique majeur de l’époque victorienne.
Né à Londres dans une famille aisée, il reçoit
une éducation soignée et se passionne très tôt pour la peinture,
l’architecture et la nature. Il se fait connaître dès les années
1840 par Modern Painters, où il défend le peintre J. M. W.
Turner et affirme que l’art véritable doit être fidèle à la
nature et moralement sincère.
Ruskin devient l’un des plus grands théoriciens
de l’art du XIXᵉ siècle. Il valorise l’art médiéval et
l’architecture gothique, qu’il juge plus humaine et plus
spirituelle que l’art industriel de son temps (notamment dans
The Seven Lamps of Architecture et The Stones of Venice). Pour
lui, la beauté artistique est indissociable de la justice
sociale et du respect du travail humain.
Progressivement, il s’engage dans la critique
sociale et économique. Hostile au capitalisme industriel, qu’il
accuse de déshumaniser les travailleurs et de détruire la
nature, il prône une société fondée sur la coopération, la
dignité du travail et l’éducation morale (Unto This Last, Sesame
and Lilies). Ses idées influencent profondément le mouvement
Arts and Crafts et des penseurs comme William Morris.
Sa vie personnelle est marquée par des épreuves :
un mariage non consommé, des relations affectives complexes et
de graves troubles mentaux dans les dernières années de sa vie.
Il se retire progressivement de la vie publique et meurt en
1900.
John Ruskin demeure une figure essentielle pour
avoir lié art, morale, nature et justice sociale, laissant une
œuvre qui dépasse largement la critique artistique pour toucher
à une vision globale de la civilisation.
****
Advice to...
Voici un extrait
d'un livre dont je me suis souvenu récemment au cours d'une discussion
avec une jeune dame à l'agenda grand format (qu'elle tient
religieusement depuis des années) et ma manie d'écrire dans des
carnets, des bouts de papiers, des calepins en tout genre (y compris des serviettes de table, des post-it,
des envers d'étiquette... au point où je m'ennuie des cartons
d'alumette...).
Il (l'extrait) est
tiré d'un essai publié en
1829 par William Cobbett, le fils d'un fermier du Surrey, qui passa
plusieurs années aux États-Unis (de 1792 à 1800), publia divers
pamphlets sous le pseudonyme de Pierre le Porc Épic (sic) et qui, revenu en
1804 au Royaume-Uni, fonda un journal radical, le Political
Register, ce qui lui vallu divers procès, entre autres, pour
diffamation. Élu en 1832 membre de la Chambre des communes, il appuya
la réforme parlementaire, en publiant, entre autres, une une grammaire
de la langue anglaise et d'autres écrits dont :
"Advice to a Young Men and (incidently) to Young Women in
the Middle and Higher Ranks of Life."
("Conseils à un jeune homme et (incidemment) à de jeunes femmes
occupant des postes intermédiaires et supérieurs dans la vie.")
Ce qui suit est la tradaptation de son conseil numéro 81 (sic), redevable à Madame F. M. :
«Outre la lecture, un jeune homme devrait écrire, s'il en a la capacité
et le loisir. Si vous souhaitez bien vous souvenir de quelque chose,
notez-le, même si vous brûlez le papier aussitôt après ; car l'oeil
est un excellent assistant pour l'esprit. La mémoire est un
enchaînement d'idées ; le lieu, le moment et d'autres circonstances
favorisent le rappel des faits, et rien n'est plus efficace que de les
coucher sur le papier.
«Chaque jeune homme devrait tenir un JOURNAL (*). Notez-y quelque chose
chaque jour de l'année, ne serait-ce qu'une simple description du
temps qu'il fait. Vous ne tarderez pas à en constaterles bienfaits.
Cela libère l'esprit de la multitude de choses à se remémorer ; c'est
amusant et utile, et il ne faut surtout pas le négliger. Combien de
fois nous arrive-t-il de ne pas se souvenir précisément d'un certain
événement très important dans notre vie, faute de déctails comme celui
de l'endroit nous étions, qui était là, ni même de l'année où cet
événement s'est produit !
«Combien de fois nous arrive-t-il de nous disputer désagréablement au
sujet d'événements passés, du moment et des circonstances qui les
entourent !
«À titre de simple curiosité, cette pratique a une certaine valeur et
peut souvent se révéler très utile. Elle ne requiert pas plus d'une
minute par jour, et cette minute est employée de la manière la plus
agréable et avantageuse. Elle contribue grandement à instaurer la
régularité dans la conduite des affaires : elle demande un peu
d'attention une fois par jour ; j'en ai moi-même constaté les nombreux
bienfaits et je la recommande donc vivement à tous les lecteurs.
«Nul ne se montre tel qu'il est,
tous portent un masque. En vérité, nos vieilles habitudes
sociales peuvent être comparées à une comédie perpétuelle
; et c'est pourquoi un homme de valeur trouve la société
si insipide, tandis qu'un imbécile s'y sent parfaitement à
son aise.»
Arthur Schopenhauer
(1788-1860)
Note :
«Les masques, nous en disent plus sur ceux
qui les portent que les masques
eux-mêmes.»
Phil Patras à propos de Jelly Roll Morton
(Dead Man Blues-
2001)
Le
Castor™, entièrement subventionné par les Éditions Vatfair-Fair
de St-Romuald d'Etchemin, ne perçoit aucun paiement, ni faveurs,
ni considérations spéciales de la part des établissements ci-dessous
mentionnés.
Toujours
se renseigner
(heures d'ouverture, etc.)
avant de se rendre sur place
Burgundy Lion
2496 ouest, rue Notre-Dame
Montréal, Québec
(https://www.burgundylion.com/fr/bienvenue
Le troisième vendredi du mois à 19h00 De septembre à juin (sauf décembre).
***
Et sur rendez-vous
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Tour Marshalluk - Quartier
Universitaire - Napierville
Téléphone : 88-06 - Sonner deux
coups.
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Téléphone :
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Notes et autres avis :
Fondé en 1900 par le Grand Marshall, le CASTOR DE NAPIERVILLE fut, à l'origine, un hebdomadaire et vespéral organe créé pour la défense des intérêts de l'Université de Napierville et de son quartier. - Il est , depuis le 30 septembre 2002, publié sous le présent électronique format afin de tenir la fine et intelligente masse de ses internautes lecteurs au courant des dernières nouvelles concernant cette communauté d'esprit et de fait qu'est devenu au fil des années le site de l'UdeNap, le seul, unique et officiel site de l'Université de Napierville.
De cet hebdomadaire publié sur les électroniques presses de la Vatfair-Fair Broadcasting Corporation grâce à une subvention du Ministère des Arts et de la Culture du Caraguay, il est tiré, le premier lundi de chaque mois, sept exemplaires numérotés de I à VII, sur papier alfa cellunaf et sur offset ivoire des papeteries de la Gazette de Saint-Romuald-d'Etchemin et trois exemplaires, numéroté de 1 à 3, sur offset de luxe des papeteries Bontemps constituant l'édition originale, plus trois exemplaires de luxe (quadrichromes) réservés au Professeur Marshall, à Madame France DesRoches et à Madame Jean-Claude Briallis, les deux du Mensuel Varois Illustré.
Nous rappelons à notre aimable clientèle que :
1 - L'édition
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3 - De
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