Cet imposant édifice, de style art
déco, construit en 1924 puis rénové en 1938, 1956 et puis tout récemment,
en 1997, abrite aujourd'hui, un gymnase ultra-moderne, deux salles de tir
à l'arc, un mini-zoo, une patinoire miniature, des bureaux, un magasin de
friperie spécialisé dans le domaine du cyclo-bowling et le siège social de la F.I.B.A., la Fédération Internationale de Bilboquet Amateur, de
même que cette association de sports amateurs connue dans le monde entier
sous le nom des Loisirs des Saints-Martyrs.
Un comptoir
resto-rapide dit "fast food"
(caviar, sandwiches, faisan sous verre et poutine), une succursale du Dragon Basané® s'y retrouve
également (rez-de-chaussée, entrée rue des Ursulines, au fond, à droite)
de même qu'un teinturier (nettoyage à sec), le réputé Christ-Roi Valet
Service (au fond, lui aussi, mais à gauche).
Sur cet emplacement, jusqu'en 1922, un couvent de
forme octogonale abritait une communauté religieuse basée sur les principes de
la prière en groupe, de la chasteté et de l'exercice physique accompagné de
douches froides et qui portait le nom du Monastère des Moines Trapézistes
de Saint-Isidore-du-Casse, saint patron du Caraguay.
- Cette communauté, fondée en 1830, à peu près à la même époque que l'Église
Pentateutique des Saints de la Septième Venue du Christ,
devait son existence à une concession gouvernementale effectuée en faveur de
son fondateur, le trifluvien[1] Gonzague Cazeault, ethnologue à l'emploi du Ministère des Finances de ce qui
était alors le Bas-Canada (voir la note 1 à Historique de Napierville). - De 1830 à 1867,
date de création de la Confédération Canadienne, cette communauté survécut
allégrement grâce à des dons de dames accompagnatrices exerçant leur métier à
Montréal ou dans ses environs jusqu'à ce que son directeur d'alors, Ronnie "Dumbell" Boyer (Gonzague Cazeault est
décédé en 1847), fit appel au Grand Marshall qui venait de fonder l'Université
de Napierville dans le but de créer pour ses étudiants un centre
d'exercice physique (un concept révolutionnaire à l'époque). - La chose fut
prise en délibérée et en 1871, les premières pelletées de terre furent
soulevées pour l'érection de ce couvent-cum-gymnase (1873-1876) qui continua à
être administré jusqu'en 1914 par les moines précités. - Au départ des
derniers de ces moines qui allèrent fonder à San Ferdinando-de-Brabanchi (Caraguay)
un établissement similaire à celui de Gonzague Cazeault, l'établissement passa
au main d'un comité administrateur sous la direction du fils du Grand
Marshall qui eut l'idée d'agrandir les lieux et d'en faire un
centre d'hébergement, d'exercice et de rencontre pour les étudiants les plus
athlétiques de l'UdeNap.

Gonzague Cazeault vers 1840
En 1930, cet établissement contenait une douzaine
d'appartements, un petit théâtre, une piscine, des bains de vapeur, des salons
de massage et une grande salle de rencontre.
En 1938, on supprima les appartements, le théâtre,
les bains et les salons de massage pour y construire un gymnase accessible aux
étudiants et aux étudiantes de l'UdeNap, ce qui en fit le point de mire de
toute la région et un des premiers établissements de ce genre (mixte) en
Amérique du Nord.
Finalement, en 1956, on abandonna le principe du
l'exercice physique exclusif pour en faire un centre de loisirs, vocation
conservée jusqu'à ce jour.
La découverte le 5 mai 1997 de sépultures datant du XIIIe
et du XIVe siècle, sous les fondations de la chapelle originelle du monastère
de 1867, a eu pour effet la transformation radicale des lieux.
Tel qu'il se présente aujourd'hui, le Centre des
Loisirs des Saints-Martyrs, est essentiellement un nouvel édifice reconstruit
en 1997 presque entièrement en béton sous les soins vigilants des architectes
Dolin, Franem, Fayol et Pragson, autrefois de la Vatfair-Fair Architectural and Wine Society,
les mêmes qui avaient su rénover avec tant de succès l'église
de la paroisse du Saint-Sépulcre et des deux Vierges en 1986.
Conservant en majeure partie son décor de 1924,
Dolin, Franem, Fayol et Pragson, ont rehaussé la façade avant (celle qui donne
sur la Place Marshall) de deux étages, supprimant les minarets et le beffroi
d'origine mais y ajoutant un campanile asymétrique, donnant ainsi l'illusion
d'un immeuble plus grand qu'il ne l'est en réalité. - Deux énormes pilastres
toscans encadrant une porte en cuivre et en bronze (où sont gravées les
armoiries de l'UdeNap et des Marshall de Napierville) complètent cette
illusion.
Le hall d'entrée (marbre et arborite®),
où trône une reproduction de la déesse babylonienne du haut savoir [2], mène à un long
corridor transversal orné de fresques représentant des athlètes caraguayens
jouant au bilboquet et qui donne sur le comptoir à sandwich du Dragon Basané
et le celui du Christ-Roi Valet Service (les deux mentionnés ci-dessus). - Au
fond de ce couloir, les cages d'escaliers et d'ascenseurs dont les portes reproduisemt
en miniature celles du palais assyrien de Sargon II à Korsabad permettent l'accès aux
étages supérieurs où se trouvent les bureaux de la F.I.B.A. :

Entrée des bureaux de la F.I.B.A.
L'entrée rue des Ursulines est
plus modeste avec ses puits de ravitaillement et ses échelles de secours
disposées deux par deux sur toute sa largeur. - On y remarquera au passage une
pierre de l'édifice originel précieusement conservée lors de la démolition de
1924 et les rénovations de 1938 et de 1956 (deuxième pierre, en haut, à gauche
des bouches de gicleurs).

Entrée rue des Ursulines
Finalement, accessible au
public sur demande seulement (voir Georges au Garage Esso, Esplanade du Grand
Marshall), un ingénieux système de couloirs souterrains permet de passer de
cet immeuble directement au Marché du quartier universitaire de Napierville :

Couloir menant au marché
[1]Habitant ou originaire de Trois-Rivières,
Québec, Canada.
[2] Copie de
l'oeuvre du Professeur Marshall
dont l'original se trouve au coeur du campus universitaire.
(À noter que tous les cars desservant le quartier
universitaire de l'UdeNap sont équipés de filtres catalytiques modèle Marshall
C-124 [à double action]).
- H. Pérec avec la collaboration de Tancrède Lacharité, q.t. - 09-04