
Le Bijou, en 1920
Bâti en 1919 sur les lieux d'un ancien abattoir, le cinéma Bijou, incendié en 1931, puis en 1939, fut reconstruit en 1942, démoli en en 1947 et reconstruit en
1952 à partir de plans dessinés en 1948 par l'architecte Théo «Colonnes» Desrosiers de Saint-Michel-des-Saints (Québec) qui comptait déjà à son actif la conception de la salle paroissiale de
Saint-Jérôme-de-Montmorency (1941) et du Théâtre à huis-clos de Saint-Guillaume-De Kamouraska (1943).
Conçu sur le principe que tous les spectateurs devaient, de leurs sièges, être en mesure de voir ce qui se déroulait sur l'écran, il eut un franc succès dès sa
réouverture. On y présenta ce soir-là, en présence de plusieurs invités de marque, la première napiervilloise de
La petite Aurore, l'enfant-martyr, de Jean-Yves
Bigras, mettant en vedette Yvonne Laflamme dans le rôle de la petite Aurore et Lucie Mitchell dans celui de sa belle-mère (Marie-Louise).
Au cours de la décennie qui suivit, avec la venue de la télévision, son espace intérieur fut modifié pour faire place à deux grands écrans qui
présentèrent jusqu'à la fin des années soixante les grands films hollywoodiens de l'époque (et autres) dont : The Robe (1953), La vengeance du diable (1954), The
Creature from the Black Lagoon (1955), Les dix commandements (1956), Invasion of the Body Snatchers (1957), I Married a Monster from Outer Space
(1958), Ben Hur (1959), The Brides of Dracula (1960), Le Cid (1961), Barabbas (1962), Santo contre le fantôme de l'étrangleur
(1963), etc., etc.
En 1970, après un troisième incendie, ses deux salles furent converties en salles de rédaction (pour Le Castor) puis, pendant un temps, furent
laissées à l'abandon jusqu'à ce que l'homme d'affaires Alcide «Slow Drag» Pavageau s'y intéressa à
nouveau et fit retransformer l'intérieur en une entreprise spécialisée dans la revente d'automobiles de seconde et même de tierce main. - Lors du déplacement de son entreprise, Esplanade du
Grand Marshall, Monsieur Pavageau en confia l'administration à une dame de la région qui en fit un centre d'accueil pour jeunes filles en péril avant que le terrain sur lequel il
était érigé
soit racheté par la Vatfair-Fair Land Development Co. qui en fit démolir la façade pour la remplacer par un assemblage de briques, stucco, contreplaqué et ornements en
véritable coppe de brasse. Peu après, sous l'initiative du, alors, Conseil des Arts de l'UdeNap, le Bijou fut restauré à partir des plans de 1939 et utilisé plusieurs fois dans le
cadre des activités de la Société de Reconstitutions Historiques de l'UdeNap (incendie du
Laurier-Place en 1984, incendie du Blue-Bird en 1986, incendie de la salle de réunion de Chibougamau-Chapais en 1988, etc.), puis finalement revendu à l'UdeNap qui en
fit d'abord un music-hall puis une salle de spectacle multidisciplinaire avant de le transformer à nouveau en cinéma, en 1989.
En l'an 2000, le Bijou fut, le 27 novembre, reconnu établissement de marque par la
Société Historique du Quartier Universitaire de Napierville qui en fit son siège social non sans
abandonner complètement sa vocation première. S'y déroulèrent, en effet, cette année-là, la plupart des grandes cérémonies du
Festival du Film de l'UdeNap sous la direction du Révérend Chasuble
et de Madame Fawzi Malhasti, la poétesse de renom.
L'année suivante l'UdeNap y tient ses assises, peu avant l'incendie qui en détruisit son hall d'entrée, son parterre, ses loges, ses balcons, ses coulisses et une
partie de sa toiture.
D'importants travaux de restauration ont par la suite été entrepris pour transformer sa grande salle en trois salles plus petites, mieux adaptées aux goûts des
cinéphiles du XXIe siècle :
La salle du Grand Marshal où l'on
présent en exclusivité les grands succès du cinéma (*)
La salle Alfonso Gagliano spécialisée dans les films d'action, les thrillers et les policiers
(*)
Et la salle Joseph Paul Goebbels qui présentera généralement des films en langues étrangères
(*)
(*) Sauf pour les
événements spéciaux)
C'est sous cette nouvelle formule que le Bijou a
rouvert ses portes en l'an 2004.