Saint Albert le Grand ne doit pas être
confondu avec saint Albert, un abbé de Pontède de l'ordre de Cluny, mort à
Bergame en 1095, saint Albert, un évêque de Montecoverdi, mort en 1127,
saint Albert, évêque de Lodi, mort vers 1176, saint Albert, évêque de
Liège, mort en 1192, saint Albert de Verceil, évêque de Bobbio et de
Verceil, mort en 1204, etc. etc. - Saint Albert le Grand est en effet né à
Lauingen, sur le Danube, dans la
partie Souabe du diocèse d'Augsbourg, vers 1193.
Entré dans l'Ordre des Frères Prêcheurs
(Dominicains) peu après sa fondation, il enseigna dans différentes
facultés, notamment à Strasbourg, à
Ratisbonne, à Cologne (où il eut pour élève Thomas d'Aquin, le futur
thomiste, et Pierre de Tarentaise, le futur Innocent V) et puis aussi à
Paris où il séjourna trois ans, de 1245 à 1248, donnant des cours en
plein air en une place aujourd'hui nommée Maubert (contraction de Magister
Albertus [1]).
Élu provincial de son ordre en 1254, il
mourut à l'âge de quatre-vingt-dix-sept ans non sans avoir dépouillé les
travaux des Arabes (Avicenne et
Averroës) et des rabbins, qui avaient apporté en Occident la traduction des
oeuvres d'Aristote (dont il reconstitua l'ensemble de la philosophie) et
poursuivi d'innombrables recherches notamment dans le domaine de la chimie
qui lui doit d'importantes découvertes (dont l'affinage de l'or et l'action
de l'acide nitrique sur les métaux) et écrit plusieurs volumes dont une
partie furent consacrés à la gloire de la Vierge Marie.
La légende veut qu'il ait également
construit un automate humain, capable de marcher et même de parler.
Pie XI, par la lettre décrétale In
thesauris sapientiæ (16 décembre 1931) le proclama saint puis Pie XII,
dans une lettre apostolique, le proclama patron céleste de tous ceux qui
cultivent les sciences naturelles, à la demande des académiciens
catholiques réunis à Trèves (16 décembre 1941).
Note :
La paroisse de Saint-Albert le Grand, à
Paris, est située dans le 13e, 122 rue de la Glacière, sur les lieux où se
trouvait la chapelle de la Sainte Agonie [2]
détruite lors de la rénovation du quartier dans les années 60.
[1] Une
deuxième étymologie est attribuée à cette place : celle de Jean Aubert,
abbé de Sainte-Geneviève en 1160. - La place Maubert, pour ceux qui
n'habite point Paris, est située à l'intersection du boulevard
Saint-Germain et de la rue Monge (dans le cinquième, métro
Maubert-Mutualité). - Aristide Bruant lui a consacré une chanson (À la
place Maubert) qu'il a enregistrée vers1912 et dont, grâce à notre ami
et collaborateur, Paul Dubé, nous avons pu obtenir une copie en format MP3
(extrait seulement). On pourra écouter cet extrait en cliquant sur la note
qui suit :
Aristide Bruant - À la
place Maubert - Circa 1912 :

[2]
Inutile de préciser qu'il ne s'agit pas d'une sainte
qui aurait eu pour nom Agonie mais bien de l'agonie de Jésus-Christ, notre
Sauveur.