Le blogue (*) de Simon Popp
Semaine du 25 juillet 2005
Deux enterrements cette semaine.
Je déteste les enterrements tout comme je déteste les fêtes de famille où l'on se sent obligé d'être familier avec des gens avec qui on n'a rien en commun mais dont les parents ou ancêtres ont couché avec un des vôtres.
Deux femmes. - Qui a dit que les femmes vivaient plus longtemps que les hommes ?
Une lectrice assidue du Castor, Johanne, et une autre, Claudia, plus préoccupée à soigner sa maladie qu'à autre chose.
Cinquante-trois ans chacune.
Quand on regarde leurs photos, on a peine à croire qu'il y a quelques mois, encore, elles avaient ces sourires qui se retrouvent, aujourd'hui pour ainsi dire figés. Figés pour l'éternité ou pour le temps que ceux qui se souviendront d'elles seront encore du monde des vivants.
Les premiers souvenirs qui disparaîtront seront ceux relatifs à leur voix puis viendra le temps où il faudra faire des efforts pour se rappeler si elles prenaient leur café avec un ou deux sucres. - Le reste suivra et ne resteront qu'un froissement de crinolines et qu'une vague odeur.
***
J'ai commencé à détester les enterrements et les funérailles lorsque j'ai connu une femme (une autre) qui se fichaient éperdument de la douleur des autres mais qui tenait beaucoup à ce que les autres sachent comment leurs douleurs l'affectaient, elle. Une bien terrible femme.
Life, at times, is a bitch.
Mais je m'en voudrais de ne pas citer Proust :
«Nous disons bien que l'heure de la mort est incertaine, mais quand nous disons cela, nous nous représentons cette heure comme située dans un espace vague et lointain, nous ne pensons pas qu'elle ait un rapport quelconque avec la journée déjà commencée et puisse signifier que la mort - ou sa première prise de possession partielle de nous, après laquelle elle ne nous lâchera plus - pourra se produire dans cet après-midi même, si peu incertain, cet après-midi où l'emploi de toutes les heures est réglé d'avance. On tient à sa promenade pour avoir dans un mois le total de bon air nécessaire, on a hésité sur le choix d'un manteau à emporter, du cocher à appeler, on est en fiacre, la journée est tout entière devant vous, courte, parce qu'on veut être rentré à temps pour recevoir une amie ; on voudrait qu'il fît aussi beau le lendemain ; et on ne se doute pas que la mort, qui cheminait en vous dans un autre plan, au milieu d'une impénétrable obscurité, a choisi précisément ce jour-là pour entrer en scène, dans quelques minutes, à peu près à l'instant où la voiture atteindra les Champs-Élysées...»
***
Et qui a dit que Simon était toujours en beau maudit ?
Le blogue de Simon - page précédente
(*) Blogue n. m. - Site Web ayant la forme d'un journal personnel, daté, au contenu antéchronologique et régulièrement mis à jour, où l'internaute auteur peut communiquer ses idées et ses impressions sur une multitude de sujets, en y publiant, à sa guise, des textes, informatifs ou intimistes, généralement courts, parfois enrichis d'hyperliens, qui appellent les commentaires du lecteur. (Office Québécois de la Langue Française)
Voir, si vous êtes venu par là, Ailleurs
Sinon voir au : Bar du Dragon Basané (j'y suis régulièrement)
Ou encore à : l'UdeNap