Le blogue (*) de Simon Popp

 

 

Le dimanche 12 juin 2005

Chez nous, le dimanche, c'était jour de repos. Pas question de faire trois cents kilomètres pour aller voir une tante éloignée, ou de marcher dans les bois, escalader des montagnes, faire de la voile, jouer à quoi que ce soit. On pouvait lire, dormir (toute la journée si on le désirait) et manger, quoique pas trop. - C'est peut-être ce qui explique la quantité de nonagénaires dans ma famille.


Le samedi 11 juin 2005

Quand je pense à tous ces pauvres humains qui nous ont procédé, qui n'ont jamais connu la crème solaire et qui sont morts de quelque chose ayant un certain rapport à ce manquement capital dans leurs vie.


Le vendredi 10 juin 2005

Je veux bien qu'on emprisonne les pédérastes, les violeurs, les hommes qui battent leur femme (et vice versa), les tueurs, les voleurs de banque (quoique pour eux...) mais ce faisant, on oublie, je crois, parmi ceux qu'il faudrait mettre derrière des barreaux, ceux qui stationnent en double aux heures de pointe pour aller chercher un pain ou des cigarettes et, pis encore, ceux qui dépassent les autres sur les autoroutes et puis qui, après, ralentissent.


Le jeudi 9 juin 2005

Dire que la majorité des gens qui demeurent dans ces endroits ont une peur bleue d'aller en enfer. (Photo du Camping Fiesta, Florida Keys, Floride)


Le mercredi 8 juin 2005

Quand on me demande ce que je fais dans la vie, je réponds invariablement que je vends des aspirateurs et que je suis membre de la première Église du Christ Scientiste. Et si on insiste, je me mets à citer tous les articles que j'ai lus dans la version en espéranto du Reader's Digest.- L'autre truc, car vous aurez compris que je parle d'avoir la paix dans les endroits publics, consiste à lire un missel, dans les bars ou les cafés. - On peut lui substituer un livre de la Pléiade, avec les rubans bien en évidence, mais seulement dans les pays non-francophones. Dans les autres, ça attire la plaie des plaies : les intellectuels.


Le mardi 7 juin 2005

Je me suis toujours dit qu'à quelque part, au fil des ans, il y a eu un bonhomme qui est venu au monde avec l'intelligence de Rabelais, la gueule de Le Clézio, la richesse de Crésus, qui, de surcroît, n'a pas eu des parents trop imbéciles, a su manier l'épée, ou la fronde, ou la Winchester modèle 608 (ou quelque chose dans le genre), a compris, du premier coup ce que pouvait être la métempsychose, n'est pas tombé dans le piège du judaïsme, du catholicisme, de l'islamisme ; un bonhomme qui a toujours été, mis à part un rhume ou deux, en bonne santé, et qui, par rapport aux femmes s'est toujours senti à l'aise ;  qui, dans son appartement, n'a jamais été aux prises avec des voisins qui faisaient trop de bruit, qui n'a jamais eu froid, ni trop chaud, qui n'a jamais eu à coucher sous les ponts ni dans un aéroport parce que les vols avaient été annulés et qui s'est toujours fait appeler «Bob» dans les bars.


Le lundi 6 juin 2005

Un blogue, pour moi tout seul ? Pourquoi pas : le fait que le monde est peuplé de crétins et d'imbéciles fera qu'il passera inaperçu.


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(*) Blogue n. m. - Site Web ayant la forme d'un journal personnel, daté, au contenu antéchronologique et régulièrement mis à jour, où l'internaute auteur peut communiquer ses idées et ses impressions sur une multitude de sujets, en y publiant, à sa guise, des textes, informatifs ou intimistes, généralement courts, parfois enrichis d'hyperliens, qui appellent les commentaires du lecteur. (Office Québécois de la Langue Française)


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