Samuel-Jean Pozzi

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Chirurgien français né à Bergerac, en Dordogne, en 1846, mort à Paris, le 12 juin 1918, assassiné dans son cabinet par un de ses ex-patients atteint du délire de persécution.

Sa carrière fut rapide et brillante : externe des hôpitaux de Paris en 1866, il fut nommé interne en 1868, docteur en 1873, agrégé en 1875 et chirurgien des hôpitaux en 1877.

(Médaille d'or en 1872 - thèse couronnée par la Faculté en 1873)

Il ne devint le chirurgien réputé en gynécologie que l'on sait qu'après avoir exercé la chirurgie générale pendant plusieurs années.

Dès 1876, il s'initia auprès de Lister (à Édimbourg) aux pansements antiseptiques, aboutissement des théories de Pasteur, qu'il introduisit et répandit en France en même temps que Lucas-Champonnière, Terrier, Bouilly et Nicaise. Plus tard, il fit connaître les travaux d'Alexis Carrel sur la transplantation des tissus d'organes et, au cours de la guerre 14-18, fut un des premiers à utiliser les procédés de désinfection des plaies imaginés par ce dernier.

En chirurgie, il fut un novateur audacieux : il aborda l'un des premiers la chirurgie de l'abdomen en pratiquant, entre autres, la gastro-entérotomie qui passait pour une opération téméraire mais aussi la suture de la vessie après taille sus-pubienne, la cholédocotomie, la suture du tissu hépatique après extraction d'un kyste hydatique, etc., etc.

Son nom restera cependant attaché à son oeuvre gynécologique.

Cet oeuvre s'est fait tout entier dans son service de l'hôpital Broca (Hôpital de Lourcine-Pascal) qu'il non seulement tint à aménager suivant toutes les règles de la chirurgie de son temps mais qu'il voulu attrayant pour ses malades (peintures murales d'artistes aussi connus que Clairin et Bellery-Desfontaines). Il y enseigna longtemps comme agrégé, jusqu'au jour où, grâce à ses efforts, on créa en 1911, une chaire de clinique gynécologique à la Faculté de médecine, chaire entretenue par la Ville de Paris et dont il fut le premier titulaire.

Pas un chapitre de la gynécologie qui ne doive à Pozzi quelque perfectionnement ou quelque nouveauté mais il fut surtout un apôtre convaincu de la gynécologie conservatrice réagissant contre l'ablation systématique de l'utérus et des ovaires et contre l'aveugle hystérectomie s'occupant tout spécialement des opérations réparatrices des mutilations congénitales ou acquises.

Au début de la grande guerre, Pozzi, qui avait été engagé volontaire en 1870, reprit du service malgré son âge (68 ans) et, en qualité de médecin principal, assuma le soin de diverses salles de blessés à l'hôpital de la rue Lhomond et à celui de l'hôtel Astoria. C'est dans ce dernier que fut tentée par son élève le Docteur Martel, la suture des perforations intestinales que lui avaient causées les balles de son assassin.

Ses obsèques eurent lui le surlendemain, mardi 18 juin 1918 à l'église réformée de la Grande-Armée, à Paris. Ayant demandé à être inhumé dans son uniforme militaire, c'est ainsi qu'il fut enterré dans sa ville natale, à Bergerac dont le centre hospitalier, aujourd'hui, porte son nom.

Son nom est également associé au syndrome dit de Pozzi


Les travaux de Pozzi sont très nombreux. Au début de sa carrière, il écrivit, guidé par son maître Broca, des mémoires d'anthropologie (Sur le poids des cerveaux suivant les races et les individus, 1878 ; Sur le cerveau de l'homme et des primates, 1880), puis des études de chirurgie générale et, enfin, il s'adonna uniquement à la gynécologie. Ses études sur cette partie de la chirurgie sont extrêmement nombreuses : Étude sur les fistules de l’espace pelvi-rectal supérieur (1871), De la valeur de l’hystérotomie dans le traitement des tumeurs fibreuses de l’utérus (1875). Elles se condensent toutes dans son Traité de gynécologie clinique et opératoire, livre qui a connu plusieurs éditions depuis 1890 et qui a été traduit en espagnol, en allemand, en anglais, en italien, en russe et en arabe. Il contribua en outre à l'expansion des idées françaises par de nombreux voyages à l'étranger et par la part prise à la création du Congrès de chirurgie tout en publiant régulièrement dans le Bulletin de l'académie nationale de médecine (Inversion du sens génital chez un pseudo-hermaphrodite féminin et sarcome de l'ovaire gauche opéré avec succès, 1911).


Membre de l'Académie de médecine à partir de 1896, président désigné pour 1919, grand officier de la Légion d'honneur, sénateur de la Dordogne de 1897 à 1902, titulaire de nombreux ordres étrangers, et membre de plusieurs académies hors de France, consultant couru, opérateur réputé, Pozzi fut une figure parisienne des plus connues et des plus sympathiques. De nature très artiste, il habitait un appartement dont plusieurs pièces donnaient l'idée d'un musée et où il avait notamment réuni une collection réputée de terres cuites de Tanagra.


Pour plus de renseignements :

Voir à : Pozzi et Cottard (personnage de Proust) ou encore à Catherine Pozzi (sa fille)


Retour, si vous êtes venu par là à Robert Proust

Sinon, voir à : gastéropodes ou encore à Edmundo Ross


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