Nous en avons confié la réponse au plus éminent de nos
collaborateurs occasionnels :
"Cher Monsieur,
"Permettez que je dépose un
instant mon grog (car je me sens un peu grippé en ce moment) afin de répondre
à votre douloureux message du X courant. - Je dis bien "douloureux" car
c'est précisément de la douleur qu'il a causé dans l'âme de notre rédacteur.
"Vous dites tout d'abord ne
pas croire en ce président de la Démocratie populaire africaine du Rhutanga qui
porte le joli nom d'Orée
Dubois et osez même mettre en doute l'existence de ce valeureux
pays à qui sa Sainteté Léon XIII a bien voulu, lui-même, donner sa bénédiction
sur la foi de récits rapportés par deux commis-voyageurs et une nonne. Nous en
sommes fort gré car moins il y aura de gens qui croiront en son existence,
plus il y aura d'amateurs qui continueront à s'y rendre pour y pratiquer, en
toute quiétude, la pêche à la ligne tout en sirotant ces délicieux
cocktails dont seuls les indigènes de l'endroit ont le secret.
"Vous dites que vous ne croyez
pas non plus en l'existence d'un ambassadeur qui porterait le nom d'Espès
de Salmacro que vos précisez même être un nom que nous aurions plagié. -
Suite à diverses consultations, nous devons, à ces deux propos, vous donner
partiellement raison. Il n'était pas question, naturellement de donner le
véritable nom de cet ambassadeur pour des raisons trop longues à expliquer
ici. Aussi, avons-nous utilisé ce pseudonyme (malgré la répugnance que nous
avons, ici, au Castor™, de se servir de ce bas stratagème pour cacher
l'identité de certaines personnes). Quant au plagiat dons vous nous accusez,
nous les appelons ici des clins-d'oeil et de ces
clins-d'oeil, vous en trouverez de multiples exemples dans notre hebdomadaire
de même que dans tout le site de l'UdeNap : à François Caradec, à Georges
Perec, à Courteline, à Raymond Devos, à Pierre Dac, à Ludmilda Zivkov
(poétesse bulgare du XVIIe siècle) et à ces nombreux ecclésiastiques qui nous
rendent visite en catimini depuis plusieurs années.
"En dernier lieu, vous
commentez - abusivement à mon avis - sur le fait qu'en publiant des faussetés (c'est vous qui le dites), nous ne contribuons nullement à
l'édification de la jeunesse, but premier de l'existence de l'Université de
Napierville. - Songez, cher Monsieur, que pendant que cette jeunesse, sur
laquelle vous appuyez votre raisonnement, pendant que cette jeunesse, donc,
lit nos pages, elle ne court pas les rues ni n'ingurgite un ou des de ces
breuvages fermentés et distillés destinés à l'usage exclusif de personnes dont
le développement physique a déjà atteint une certaine maturité.
"Cela étant dit, je retourne à
mon grog qui, refroidi à l'heure qu'il est, méritera d'être doublé.
"Nous vous prions quand même
d'accepter nos plus aimables salutations."
Alphonse Allais.