Cet arrière-petit-fils de Charles
Le Sage (1338-1380) et qui était le petit-fils de Charles le Fou (1368-1422)
et le fils de Charles le Victorieux (1403-1461) est souvent confondu à
Martial d'Auvergne, né après 1430 et mort en 1508 qui fut juriste,
procureur au parlement pendant cinquante ans et notaire au Châtelet.
Ce Martial d'Auvergne est
surtout connu pour avoir mis en vers les chroniques de Jean Chartier,
les publiant sous le titre de Vigiles de Charles VII en leur
donnant un schéma liturgique.
(Que le lecteur nous excuse de ne
pas mentionner, ici, que ce Jean Chartier fut l'historiographe officiel
de Charles VII de 1437 à 1464 et qu'il ne faut pas confondre ce Jean
aux frères Alain (1385-1433) et Guillaume Chartier (1392-1472,
le premier nous ayant donné le Traité de l'espérance (1428), le
deuxième ayant été un des juges au procès de réhabilitation de Jeanne-d'Arc. -
Il s'agit là de faits trop connus.)
Les deux (Louis Marshall ou Martial
et Martial d'Auvergne) étant du domaine juridique, on pourrait penser
que c'est de là que vient la confusion sauf qu'elle est surtout attribuable
aux faits que les deux se ressemblaient étrangement, habitaient la même maison
et insistaient toujours pour sortir séparément.
Nous avons dit ce que le véritable
Martial d'Auvergne nous a laissé à titre d'auteur.
On doit au «faux» Martial
d'Auvergne (ou véritable Louis Marshall ou Martial) divers jugements ayant
inspiré Rabelais, le plus célèbre étant celui qu'il a prononcé en 1443
lors d'un procès impliquant deux seigneurs de la région de Paris et impliquant
un marteau et une faucille dont nous donnons ci-après une version raccourcie
et moderne :
Jugement de Louis Marshall
dans l'affaire du marteau et de la faucille (1443) :
«Vu, entendu, et bien
considéré le différent qui oppose les seigneurs ici présents, la cour, après
avoir longtemps délibéré et s'être penchée sur des textes de lois qui
pourraient être considérés comme des précédents s'ils n'avaient pas eu lieu
ultérieurement, considérant d'une part que le différent est de nature
susceptible de causer un grand tort aux parties présentes s'il n'est pas
réglé d'ici douze ans, onze mois et six jours, et, d'autres parts que la
présence continue des témoins pourrait, à plus ou moins long terme, gêner le
bon fonctionnement de certains villages, considérant finalement que les
avocats des deux parties ont eu le temps, depuis le début de cette affaire,
de se trouver d'autres causes tout aussi profitables, la cour déclare ce qui
suit :
«L'emprunt d'un marteau et d'une faucille à un ouvrier, employé du Roi, et
qui de ce fait pourrait avoir à s'en servir à l'occasion étant
contractuellement une condition sine qua non à son retour éventuel et
l'utilisation de ce marteau et cette faucille à des fins autres que celles
auxquels ils sont à l'origine destinés, notamment en tant qu'emblème,
porte-lance et signet, et ce, dans des conditions jugées par le
témoin-expert Baisefront comme pouvant porter à une mauvaise interprétation
dans la langue traditionnelle des experts et le retour ayant été effectué
après le coucher du soleil en une saison où il se couche particulièrement
tard, malgré la présence de feux aux abords de la résidence du plaignant,
sont des conditions qui, sous certaines latitudes pourraient donner raison à
ce dernier n'eut été de son insistance à vouloir répandre de l'huile sur les
marches intérieures de sa tour d'observation.
Les extraits du livre des minutes du défendeur indiquent cependant que
l'usage qu'il a fait du marteau - et non de la faucille, précisons-le -
n'est pas de nature à engendrer des rixes dans la population de l'endroit,
le contenant du panier ayant servi à cette opération n'étant pas de grandeur
suffisante pour y déposer un couteau qui pourrait avoir la forme d'une
faucille, aussi petite soit-elle, et l'usure relative des deux objets ayant
fait l'objet d'une étude minutieuse de la part du témoin Baisemain, il a été
trouvé que les deux n'étaient pas en condition d'être endommagés sinon par
grande chaleur. Finalement, il y a eu éclipse de soleil durant cette
période.
«En conséquence, la cour condamne le défendeur à rembourser au plaignant
l'équivalent d'un cheval et d'une poule que, ne les ayant pas en sa
possession, le plaignant se remboursera lui-même à partir de ses propres
biens. Quant aux frais, dépenses et intérêts, les avocats du plaignant et du
défendeur se les rembourseront mutuellement considérant que ces frais,
dépenses et intérêts sont égaux de part et d'autre.»
Louis Marshall, qui entretint une
longue correspondance avec Jean de Ligne (voir à
Beloeil)
eut un fils :
Charles (1470-1498).