
Le voyageur peu
pressé qui s'aventure près de la voie romaine en banlieue de Joué les Tours (chef-lieu
de canton : Indre-et-Loire), tel un Buffon explorant la
nature (Georges Louis Leclerc, comte de Buffon - Montbard 1707 - Paris 1788),
aura l'heureuse surprise de découvrir dans ce charmant coin du pays de la
France une pierre tombale quelque peu vétuste sur laquelle il pourra lire sous
la mousse et entre les fils d'araignées (arthropode à quatre paires de pattes
et à abdomen non segmenté relié à la région antérieure par un étroit
pédicelle) l'inscription suivante :
Théophraste Marshall dit Lorignal dit Maréchal
Né aux Trois Rivières, le 4 septembre 1890
Décédé à Joué les Tours, le 14 juillet 1990
Puis, en plus petit, en
dessous :
«Mais
quelle était la troisième, bon sang de bonsoir?»
Près de là, un
arbre peu connu dans la région que l'apothicaire local lui dira être un érable
(acerabulus arbrus) transplanté là, il semblerait,
d'une lointaine Amérique (hémisphère nord).
Se renseignant
auprès de la population locale («natives», en anglais), il se fera indiquer le
chemin qui mène à une humble chaumière (les chaumières ne sont
généralement pas ostentatoires mais celle-là en particulier nous a paru plus
humble qu'une chaumière ordinaire) où il aura le plaisir et
l'honneur de serrer la main rugueuse mais sympathique de l'arrière-petit-fils
de ce Théophraste, un homme qui dit se nommer Hyacinthe
Marshall dit Maréchal
et qui, nous l'avons découvert par la suite, se trouve à être le petit-fils
trisaïeul de Palmyr Marshall,
lui-même fils de
Jean-Cyprien I Marshall , le second fils d'Uldéric
Marshall, le propre grand-père du
Grand Marshall qu'il est inutile de présenter
à nos lecteurs.
Nous avons écouté ce brave homme,
recueilli son récit au cours de longs entretiens et ce récit, nous le
livrerons petit à petit, ici, pour l'édification non seulement des masses
laborieuses mais pour celle aussi de la jeunesse montante, ses qualités
éducatives ayant été trouvées exceptionnelles.
On nous pardonnera certains
anachronismes, certaines expressions qui n'ont plus cours aujourd'hui mais,
par souci d'authenticité, nous n'avons pas voulu ajouter ni soustraire ou
ajouter un seul iota à ce qui deviendra sans doute un classique dans les
annales marshalliennes de l'Université de Napierville.
En toute obédience,
Sosthène du Cresson, i.d., Ph. e.
et .Litt. a.