Au rédacteur en chef du Castor
Organe officiel de l'UdeNap
24 septembre 2004
Il m'a été donné tout récemment de lire dans vos lignes une biographie de
Maurice Théophile Marshall. Permettez-moi deux remarques à ce propos :
Vous nous avez présenté en fin d'article un document intéressant : la photographie d'une pétition, datée du 28 mai 1825, réclamant la venue d'un
«maître d'école» dans le village de Napierville accompagnée en bas de page de signatures dont celle de Maurice Théophile Marshall. Il apparaît
malheureusement très clairement que ce document est un faux. Je m'explique. Maurice Théophile Marshall, tout comme Léonard de Vinci (Leonardo Da Vinci) écrivait en effet de droite à gauche ; mais
si Vinci utilisait ce stratagème pour dérouter les éventuels indiscrets qui eussent pu vouloir s'intéresser de trop près aux notices techniques de ses dessins, Maurice Théophile, quant à lui,
pratiqua cette graphie déroutante sans discontinuer à partir de sa méningite cérébro-spinale.
Vous omettez de rappeler, pour finir, que Maurice Théophile Marshall ne portait à son baptême que le prénom de Maurice. Au tout début du XIXème
siècle, en effet, eut lieu la tristement célèbre controverse sur la réalité historique d'Adriel de Méhola (Livre des Rois). Deux clans s'opposèrent alors vivement : l'un mené (pour simplifier) par
un certain Gaston-Théophobe Lelard, l'autre dans les rangs desquels on compta Maurice Marshall (dont vous soulignez peu les talents oratoires), lequel Maurice fit accoler, pour bien marquer son
antipathie aux thèses de Gaston-Théophobe, le beau nom de Théophile à celui que ses parents et la sainte Église lui reconnaissaient jusqu'alors comme seul et unique.
Réponse :
Cher Monsieur,
Vous avez [en rapport avec l'écriture de Maurice Théophile Marshall] évidemment raison mais partiellement. Je m'explique :
S'il est vrai que Maurice Théophile écrivait de droite à gauche, il ne le faisait pas systématiquement. De plus, pendant plusieurs années de sa vie, pour ne pas confondre ses électeurs, il
utilisait souvent un miroir devant lequel il rédigeait ses textes un peu à la manière de l'éminent pianiste Rodolphe Leméac qui, comme vous le savez, était gaucher et qui donnait ses concerts
devant un miroir pour ne pas confondre, lui, ses auditeurs.
Voilà pour la petite histoire.
Je tiens cependant à vous préciser que l'existence du document auquel nous nous sommes référés nous a été communiqué par une personne de haut savoir qui est archiviste de métier (*)
et nous n'avons aucune raison de douter qu'il pourrait s'agir là d'un faux d'autant plus qu'ayant comparé la signature qui s'y trouve avec d'autres écrits de Maurice Théophile, il s'est avéré
qu'elle était parfaitement identique.
Ledit document, en passant, peut être consulté en la bibliothèque du Musée McCord, à Montréal (Canada), musée qui s'est toujours fait un point d'honneur de n'avoir en sa possession que des
documents et des artifacts dont l'authenticité ne peut être remise en doute (quoique récemment le fait que soit en sa possession le tibia de Louis Riel, enfant, ait été contesté par l'Amicale de
ce métis au demeurant fort contesté lui-même).
En ce qui a trait au double prénom de l'ancêtre de notre actuel recteur, il s'agit là d'une remarque fort pertinente d'autant plus qu'elle est appuyée (je vous suis gré de l'avoir vérifié) par nul
autre que l'éminent poète belge, Gaston-Théophobe Lelard qui, quoique né au Caraguay, vécut toute sa vie à Alceto.
Obédieusement vôtre,
Herméningilde Pérec
Secrétaire
Université de Napierville
(*) Mademoiselle Audrey Joly
(Tourlaville, Bretagne)
Retour, si vous êtes venu par là, à :
La Manic
Sinon voir à :
Colette
Ou encore à :
Ben Hur (1925)
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