Ishmaël Marshall

(1766-1859)

Petit-fils d'Ovide Marshall (1672-1763), le premier des Marshall nés au "Canada", fils d'Arthur Marshall (1703-1760), troisième fils d'Alexandre (1734-1812) et frère d'Uldéric (1763-1861) et d'Ezra (1764-1837), Ishmael Marshall, né à Napierville en 1766, eut une destinée peu commune :

Séminariste, il abandonna ses études en 1786 pour devenir assistant-registraire de navires, revendeur de tissus décoratifs, appareilleur puis professeur en navigation fluviale, à Saint-Hilaire, Montréal, Québec puis Boston.

En 1792, on le retrouve dans la petite ville de Manhatto (Massachusetts) où il enseigne un semblant de ce qui allait devenir plus tard l'océanographie. - Peu satisfait de son sort, il décide de s'embarquer à bord d'un navire pour explorer et voir de ses propres yeux les océans du monde.

 ("Le vent marin coulait dans ses veines" écrirait plus tard Alphétus, son arrière-arrière-petit-neveu.)

S'étant rendu à New Bedford dans le but de s'embarquer sur un bateau en partance vers Southampton, il y fait la rencontre, dans un cabaret de l'endroit, le "Crossed Harpoons and Two Anchors", d'un être étrange, Kérouac ou Kueekeg (?) sorti tout droit d'un récit afghan. - L'histoire n'a pas retenu son nom quoiqu'on sache de sources certaines qu'il chaussait des 26 fillettes. - Ayant raté son départ, il se lie d'amitié avec ce Kueekeg. - Les deux s'engagent à bord d'un baleinier du nom de Kepod, sous la directive d'un capitaine excentrique, ayant pour cap les Mers du Sud.

Des Mers du Sud, le navire fait non facilement le tour du Cap de Bonne Espérance et se retrouve dans la mer indienne puis dans le Pacifique où, peu à peu, Ishmael finit par comprendre que son capitaine est à la recherche d'une baleine dont il n'a toujours vu qu'un seul côté : Moebius Dick.

L'affaire tourne mal, pour diverses raisons : venues à bord d'un capitaine yankee et d'un capitaine anglais qui exhortent le capitaine du Kepod à ne pas poursuivre sa quête, présence à bord d'un serviteur persan aux prophéties peu chaleureuses, maladie soudaine et mystérieuse de Kueekeg (qui demande qu'on lui fabrique un cercueil pour ses mains [chose qui sera reprise dans l'Atalante de Jean Vigo]), incendie à bord, etc., etc. - Bref, une fois la baleine unidimensionnelle en vue, tout l'équipage est détruit sauf Ishmael qui, recueilli en mer par un voilier hollandais, se retrouve à Amsterdam au début de 1797 où, tant bien que mal, il survit en devenant revendeur d'anguilles cru ("vraek") et professeur de langues amérindiennes dont, au demeurant, il ne connaît pas un seul mot.

(Le récit de l'aventure de la baleine à une dimension allait inspirer un jeune auteur américain, H. Melville (1819-1891), qui, après avoir donné des conférences pendant des années, allait terminer sa carrière en occupant un poste important au Bureau des Douanes de New York.)  

D'Amsterdam, à partir de 1798 et à bord de différents navires, Ishmael finit par donner libre cours à son rêve romantique de parcourir le monde : il est en Chine en 1799, puis en Afrique du Sud en 1801-1803, en Océanie de 1805 à 1808. - Là, il est fait prisonnier par des cannibales de l'île de Nuku Hiva mais il est libéré au bout de quatre mois par l'équipage d'un baleinier australien, le "Faith of Madonna". - Interprète, d'Australie, il visite le Pérou, les îles d'Hawaï, les Indes puis une partie du New Jersey où, ayant rendu de menus services à Diedrich Knickerbocker (auteur d'une Histoire de New York), il fait la rencontre de Washington Irving à qui il allait inspirer de nombreux récits fantastiques publiés en 1819 sous le nom d'Esquisses.

En 1815, il est à bord du vaisseau qui amène les Poë en Écosse où il fait une immense impression sur le jeune Edgar Allan alors âgé de six ans (il en a alors quarante-neuf et estime que sa vie ne fait que commencer).

En 1821, il s'installe plus ou moins en permanence dans la ville de Irvine, puis, peu de temps après, à Liverpool et finalement à Londres où il se consacre au commerce des épices et de l'huile de phoque jusqu'à la fin de 1827 tout en se rendant régulièrement sur le continent où il entretien des liens étroits avec ses "cousins" (comme ils les appellent), les onze frères Marshall, fils de Robert Marshall de Toulon (voir à Chronologie, à partir de 1814). - Il a alors 61 ans et décide  qu'il a assez voyagé.

De 1829 à 1848, il consacre sa vie à une petite librairie qu'il a ouverte, rue Duke of York, là où se trouve aujourd'hui un des nombreux établissements Wheeler's à Londres - au sud de Jerymin Street - et qui se spécialise dans les cartes marines, les recettes de cuisine et les récits de voyage. Finalement, nostalgique, il décide de rentrer au pays en 1850 où il mourra neuf ans plus tard dans la maison de son petit-neveu, Maurice-Théophile Marshall, père de Tony, celui qui allait devenir le Grand Marshall et sur lequel il aura eu une influence plus que certaine.

On lui connaît sept fils, tous prénommés Paul, sauf les trois derniers prénommés Alexandre (voir à Alexandre (III)), et une fille, Rachel, connue au début du dix-neuvième siècle sous le nom de "La Bamiran", grande interprète de Rossini et qui fut l'ami de Châteaubriand-le-Boucher (celui à la pièce de boeuf, non l'autre.)

On lui doit également un Pamphlet contre l'utilisation de la musique hawaïenne ailleurs qu'en Océanie et que les amateurs pourront consulter en la Bibliothèque de l'UdeNap.

 

Elizabeth Regina - Sosthène du Cresson - Herméningilde Pérec - 09-05


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