Petit-fils unique de Georges-Marie-André Marchal et seul héritier d'une vaste fortune, Henri Marchal-de-Toutbois, catholique par
son père et huguenot (calviniste) par sa mère, s'intéressa très jeune aux
choses anciennes.
A dix ans, en 1885, il possédait déjà une
forte collection de photos de pierres tombales et, pour son quinzième
anniversaire, il se fit offrir l'assortiment complet du parfait archéologue,
pelle, sas et balais compris.
Diplômé à vingt ans du Archeological
College of Greater Birmingham, il entreprit en 1896 des pourparlers avec les
conseillers de Norodom Ier, roi du Cambodge (alors sous protectorat français)
puis avec les autorités du Siam (Chulalongkorn) pour effectuer des fouilles
près d'Angkor dans le but de restaurer, si possible certains
monuments alors enfouis sous une végétation dont on n'avait pas idée à
l'époque.
Permission exceptionnelle lui fut
accordée (on est à cinq ans des accords qui seront signés suite à l'apparition
des canonnières françaises à l'embouchure du Ménam en 1893) de se rendre à
Siemréap en 1902 et, sans jamais être ressorti du Cambodge, c'est là qu'il
mourut des années plus tard non sans avoir dressé un plan systématique des
cimetières et autres lieux de sépulture de la rive gauche du Mékong.
Alphétus Marshall (sauf, peut-être André Malraux) aurait
été le dernier francophone à lui rendre visite en 1924.
D'aucuns disent que le personnage du
Colonel Walter E. Kurtz du film Apocalypse Now de Francis Ford Coppola (roman
de Joseph Conrad) aurait été inspiré par son comportement sur des lieux de
fouilles (à partir surtout des années soixante), du moins dans la version
donnée par Marlon Brando.
Mort en 1970, à l'âge de
quatre-vingt-quinze ans, on ne lui connaît aucun descendant quoique, depuis
1996, un réfugié politique du nom de Phnom Phnem (Marchal), vivant maintenant à
Paris, se dit en être le petit-fils.
Ses travaux dont la majeure partie reste
à déchiffrer ont fait l'objet, depuis quelques années, de thèses diverses, tout
aussi obscures les unes que les autres, de la part d'Américains et de
Vietnamiens bien intentionnés.
NOTE :
Ne pas confondre cet Henry Marchal-de-Toutbois avec l'architecte Henry Marchal (1876-1970) qui fut, à l'âge de 29 ans, nommé inspecteur des bâtiments civils au Cambodge et qui, en 1908, se rendit à Angkor où il rencontra Jean Comaille, conservateur en chef de la section cambodgienne de l'École Française d'Extrême-Orient avec qui il se lia d'amitié jusqu'au décès de ce dernier, assassiné par des pilleurs en 1916. - Cet Henry Marchal est l'auteur de plusieurs ouvrages sur l'art et l'architecture du Cambodge :
"Le temple de Prah Palilay" (1922) (PDF)
"Les portes monumentales du groupe d'Angkor" (1924-1926)
"Notes sur le Palais Royal d'Angkor Thom" (idem)
"Pavillons d'entrée du Palais Royal d'Angkor Thom" (in Études asiatiques, 1925)
etc., etc. (*)
Pour plus de renseignements, voir l'article qui lui est consacré dans WIKIPEDIA.
(*) Sa fille Sappho Marchal a publié, en 1927, un livre fort connu sus le titre de Costumes et parures khmers d'après les déevatas de Dangkor-Vat.
Elizabeth Regina - Sosthène du Cresson - Herméningilde Pérec - 09-05