Giuseppe Marcus Flavius Marshali

(1679-1741)

Giuseppe Marcus Flavius Marshalli, dit Marshall le Damoiseau, violoniste et compositeur né à Aceto, en Italie, le 3 septembre 1679, décédé en 1741

Élève de Legrenzi, contemporain de Gasparini et de Varischino, il est l'auteur d'innombrables pièces musicales tant profanes que religieuses. Il fut en outre l'auteur-compositeur de plus de quarante opéras.

À la fois à l'aise au violon, à la guitare, au luth et à la guiterne, il fut considéré en son temps comme un grand virtuose mais, depuis le début du vingtième siècle, on reconnaît en lui un des plus importants compositeurs de la période baroque particulièrement en tant que créateur de concertos pour soliste, genre initié par Corelli, tout cela sans préjudice à ses opéras de factures, pour l'époque, révolutionnaires.

Son influence, en Italie comme dans toute l’Europe, a été, en son temps, modeste, compte tenu de sa production et, comme ce fut le cas pour de nombreux compositeurs du XVIIe siècle, sa musique, de même que son nom, fut vite oubliée après sa mort.

Son oeuvre cependant fut fort connue des érudits du XVIIIe et du XIXe siècle mais ce n'est qu'à partir du début du XXe que son nom commença vraiment à se répandre grâce à divers opuscules publiés en 1898 et 1899 par le Grand Marshall qui attirèrent l'attention de nombreux musicologues et amateurs sur la spontanéité, le dynamisme, la fraîcheur et la couleur de ses orchestrations de même que son emploi du diminuendo où le timbre de chaque instrument contribua à répandre ce qu'on appelle aujourd'hui un «tapis sonore» que plusieurs compositeurs de la première moitié du XXe siècle n'hésitèrent pas à intégrer dans leurs oeuvres dont, notamment, Maurice Jaubert et Gustav Isklinski.

Ses compositions (concerti pour guitare ou violon ou guiterne) connurent un regain d'intérêt après la première Grande Guerre lorsque des musiciens comme Alfredo Pincherle, Angelo Rudge, Olga Ephrikian ou Marco Casella les mirent à leur répertoire au grand enthousiasme d'amateurs éclairés tels Simon Schikaneder, Charles Schlumberg ou Roderick Stack.

Ses opéras, aujourd'hui, font partie du répertoire classique de diverses compagnies : celle d'Ettore Scola d'Aceto, celle du  Hochtrabend Musica de Mecklenburg-Vorpommern (Allemagne) ou encore celle du Tråkig Teater de  Södermanland (Suède).

Sa vie

On sait très peu sur l'enfance de Giuseppe Marcus Flavius Marshalli sinon que son père, descendant direct du grand Philiberto Marshalli - et lui-même commerçant -, fut un amateur violoniste de tout premier plan et un des membres fondateurs du Sovvegno dei musicisti di Aceto, un syndicat formé pour la protection des droits des musiciens de la région.

On le sait, très jeune, chez Legrenzi  (Giovanni, 1626-1690) puis violoniste substitut en la Cattedrale di Aceto à partir de 1696 et premier violoniste dès 1701, poste qu'il occupa jusqu'en 1705 ou 1706.

Ses premiers voyages datent de 1706 où on le retrouve à Parme, Bologne et Milan, professeur et musicologue puis, en 1708-1710, à Venise, membre de la Ospedale dei Mendicanti mais dès 1711 et jusqu'à sa mort, en 1741, sa vie est très peu documentée.

Ce n'est que grâce à l'érudit Français, Jehan de la Boissonière (1846-1893) qu'on peut, aujourd'hui suivre sa trace dans les grandes capitales européennes où furent joués ou présentés ses concertos pour violon, guitare, luth, etc. et surtout ses opéras :

1712 à 1714 - Modena, Bergamo, Bologne et Parme

1716 à 1722 - Vienne, Strasbourg, Munich

1724 à 1730 - Paris, Londres, Saint-Petersbourg

1733 à 1737 - Vienne, Rome, Bologne

De retour à Aceto en 1739, affaibli ou malade, il semble s'être complètement désintéressé de la composition sauf pour un dernier Magnificat et une messe en ut qui fut présentée la veille de sa mort, le 30 mars 1741.

Ses cendres reposent dans le caveau des Marshalli au cimetière des Familglii Ricci, en la ville d'Aceto.

Son oeuvre

  • Parmi ses oeuvres les plus connues, citons :
  • Son concerto en fa majeur pour flûte et guiterne
  • Ses sonates pour guitare (dont la très connue sonate à Van Swieten)
  • Sa messe en fa mineur
  • Son superbe Magnificat en si bémol majeur
  • Ses oratorios dont celui du Vendredi Saint et de Pâques dit «Oratorio de la Résurrection»
  • Ses cantates souvent, hélas, trop comparées à celles de Bach qu'il a imité, certes, mais qui contiennent des passages inoubliables

Opéras

Comme le signale Godefroy Lelièvre dans son admirable Encyclopédie sur les opéras du XVIIIe siècle, le rythme effréné de la production d'opéras en Italie au XVIIIe siècle explique la perte de nombreuses partitions : celles-ci n'étaient jamais imprimées, pour des raisons de coût, à la différence des livrets qui étaient vendus au public sans notes ni explications.

Des 108 opéras que Giuseppe Marcus Flavius dit avoir composés au cours de son existence (sic), moins de quarante ont été identifiés et dix-sept seulement nous sont parvenus si l'on fait exception de six d'entre eux dont seul le livret ou quelques passages n'ont pas été oubliés.

De ses dix-sept, à noter :

  • [La] Gigantomachia (1716)

    Un opéra en cinq actes basé sur le poème inachevé de 128 hexamètres de Claudius Claudianus (370 ? - 408 ?) sur la lutte que les Géants livrèrent aux dieux de l'Olympe lorsqu'ils eurent tenté l'escalade de cet Eden qu'ils avaient construit en entassant le mont Ossa sur le mont Pélion.
     
  • Oedipe à Auxerre (1718)

    Opéra en six actes. - Ayant divorcé de sa mère pour épouser sa soeur, Oedipe se voit confronté aux problèmes engendrés par son fils (et demi-frère) qui a une liaison adultère avec son oncle
     
  • Bellérophon (1721)

    Opéra en six actes. - Petit-fils de Sisyphe, Bellérophon, soupçonné de parricide (son père est mort piétiné par ses chevaux), quitte sa patrie (1er acte). - On le retrouve successivement au royaume de Protéos (2e acte) et d'Iobatès (3e acte) où, pour affronter la Chimère, il enfourche le cheval Pégase (4e acte) avec lequel il décide de se rendre jusqu'à l'Olympe (5e acte)

    Cette oeuvre inachevée (elle devait avoir sept actes) se termine au moment où Bellérophon se retrouve dans un marécage où il a décidé de vivre seul (6e acte).

  • La peste bubbonica (1724)

    Plus une opérette qu'un opéra, cet oeuvre, en trois actes mais neuf tableaux, se déroule lors du grand incendie de Londres et a pour thème les chassés-croisés de deux couples dont les familles ont été décimées par la grande perste de 1665-1666.

    Le grand critique Roberto Sciorro (1856-11904) fut un des premiers, en 1899, à attirer l'attention sur le comique du livret (d'Analphabeta Sudico) qui met en rapport deux des grands personnages vocaux du XVIIIe siècle et les innombrables réparties à double sens que la musique de Marcus Flavius Giuseppe rend avec une «justesse peu commune [dans les opéras de l'époque]» surtout qu'il n'hésite pas à comparer certains passages aux plus réussis de ceux de Gilbert et Sullivan.

  • Il Ritorno de Plinio il Giovani in Patria (1726)

    Opéra en quatre actes basé sur une lettre de Pline le Jeune à Fuscus Salinator (livre IX, 41) raconte en autant de parties l'emploi du temps de cet écrivain et homme politique - alors à l'automne de sa vie - lors de son dernier été, dans sa maison de Toscane et celui de l'hiver précédent dans sa villa des Laurentes.

     À noter, au passage, les grands airs :

    Mio cuore appartiene a papà et Tu sei il superiore (1er acte) [1]
    È fare qualcosa per me et Notte e giorno (2e acte) [2]
    Mi avete sotto la mia pelle et Si sarebbe cosi facile da amare (3e acte) [3]
    Amo Roma in primavera (grande finale) [4]

  •               [1]  My Heart Belongs to Daddy, You're the Top
                 
    [2]  
    You Do Something to Me, Night and Day
            
        
    [3]  I Got You Under My Skin, , You'd Be So Easy to Love
                 
    [4]  I Love Rome in the Springtime

    • Iphygénie à Issy-les-Moulineaux (1739)

      Dernier opéra de Giuseppe Marcus Flavius Marshalli. - Inspiré de La Folie d'Héraclès (Hρακλnς μαινόμενος ou Hêraklễs mainómenos) d'Euripide (François Euripide, natif d'Issy-les-Moulineaux) cette oeuvre est surtout connu pour avoir mis en relief les quintes harmoniques de son compositeur.

    Sources :

    • De la musique baroque (treize opuscules) - Tony Marshall - Presse de l'UdeNap - 1898-1899
    • Giuseppe Marcus Flavius, sa vie, son oeuvre - Jehan de la Boissonière - Bloy et frères - 1921
    • Oratorio de la Résurrection, version annotée - Simon Schikaneder - Éditions du Sièce - 1931
    • Encyclopédie sur les opéras du XVIIIe siècle - Godefroy Lelièvre - I Musici - 1938
    • Les opéras de G. M. F. Marshalli et leurs représentations de 1945 à 1980 - Monika Monastera - Presse de l'Université de Saint-Irénée (Var) - 1985

     

    Elizabeth Regina - Sosthène du Cresson - Herméningilde Pérec - 09-05
    Note de Jerimadeth Lashni - 09-04


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    Conception : Vatfair-Fair Design and Hold Harmless Co. - Vatfair, Planter, Hencourt et Associés - Cornelius Chasuble, q.t. - Copernique Marshall - Olaf de Huygens-Tremblay - Fawzi Malhasti (Mme) - Simon Popp - Paul Dubé - Hermningilde Pérec - Roger V. Landry - Moe Spitzman (Son éminence) - Inferna Mieli (Ms) - Jean Sérien et la collaboration exceptionnelle de Georges de Napierville de même que la Bijouterie Petiot-Landru