(ou les branches portugaises (et espagnoles) des Marshall, descendants d'Éléazar)
On les sait explorateurs, musiciens, inventeurs et
poètes.
Le plus célèbre de leurs fils, Fernando Antonio (avec un accent aigu sur le premier "o" - ce détail sera corrigé dans la
version de ce site destinée au marché américain), premier enfant de Joaquim
Marshall de Araujo y Seabra et de Maria Madalena Xavier Pinheiro, demeure, plus de cinquante ans après sa mort, un des experts les plus souvent cités dans le domaine de
l'assurance maritime et ce, tant en Angleterre, qu'en France et aux États-Unis.
Né à Lisbonne, à 15h15, le 14 juin 1887, [rue] Largo de S.
Carlos, au numéro 3 (3e étage), ce petit-fils du général Joaquim Antonio
Marshall de Araujo et de Dionisa Estrella de Saebra fut baptisé à
la basilique de Noassa Senhora dos Martires, église du quartier chic du Chiado.
Son père étant mort de tuberculose en 1892 (le 14
novembre), sa mère se remaria en 1894 (le 30 décembre), par procuration, avec
le commandant Joao Miguel Rosa alors consul, par intérim, à Fécamp.
Le jeune Fernando et sa mère allèrent le rejoindre début de 1895 et c'est là
qu'il fit ses études, d'abord communales puis ensuite collégiales avant
d'entrer au service de la Compagnie d'Assurance de Fécamp et de Balbec en
1907, à titre d'actuaire-assistant.
Sa connaissance du portugais, du français et de
l'anglais en fit un employé indispensable mais c'est surtout sa prodigieuse faculté d'effectuer rapidement des calculs de probabilité qui attira l'attention non seulement de ses employeurs mais de la communauté internationale des assureurs maritimes de France et d'Angleterre (1).
En 1914, il fut appelé aux armes mais démobilisé en
1916 en même temps que son ami Wilhelm Apollinaris de Kostrowitzky (des
fameuses sources), tous les deux blessés à la tête (le deuxième allait mourir
en 1918 des suites de sa blessure.), il revint à la vie privée en 1918 mais à titre d'associé dans un cabinet spécialisé dans l'évaluation de risques, The Lime Street Actuarian Society of London, où il demeura toute sa vie un des plus sûrs conseillers de l'endroit.
Homme effacé et discret, il contribua néanmoins à diverses
revues spécialisées dont le "Scottish Weekly Fortnightly Insurance Journal"
(qui paraissait à ce moment-là, une fois par mois) et la "Vatfair-Fair
Insurance Review".
Ses commentaires sur les assurances non-concordantes
et, en particulier, ses commentaires sur les règles Page, Cromie et
Kinne (2) ont fait école.
***
Une récente biographie (au moment où cette page est rédigée) (3) fait état, en trois volumes, des nombreuses conférences auxquelles il a participé, de 1923 à 1939 (premier tome) et de 1945 à 1950 (deuxième tome) à Londres, Paris et Zurich, le troisième tome étant consacré à de larges extraits de deux de ses plus connus séries d'articles parus dans le "The Fenchert Insurance and Risk Management Review" (en 1946 et 1947) dont "The Performance and Conservatism Aspects of Marine Insurance Risk Evaluation Models" qui demeure, aujourd'hui un classique en son genre.
(1) Il fut le seul à attirer l'attention de ses pairs sur la vulnérabilité du Titanic et de ses compartiments non étanches, ce qui lui valut plusieurs reproches vite oubliés.
(2) Règlement des sinistres en assurances des
biens, principes directeurs - Bureau d'Assurance du Canada (1984), pages
iii à vii. - Un ajout (règle 23), de la main de Fernando Antonio Marshall
de Araujo y Seabra (dans sa version datant de 1948) a été retrouvé dans
ses papiers au début des années soixante :
"Les règles de la présente convention sont
nulles et sans effets lorsque les commettants d'un bureau d'expertise ayant
à les appliquer ; a) ne savent pas comment les interpréter, b) décident que
ce ne sont pas là des règles auxquelles, s'ils avaient été conscients au
moment de leurs signatures, ils auraient souscrit ou c) veulent tout
simplement les ignorer."
(3) The Life and Time of an Insurance Gentelmen's Gentleman - E. V. Harden Imavy - Threadneedle Press, London, 2006.
Elizabeth Regina - Casimir Obernai - Herméningilde Pérec - 09-05