Snakes 'Ln ladders ou : le terrifiant jeu du serpent et de l'échelle
L'histoire fait remonter au XXe ou XXIe siècle avant
Jésus-Christ ce jeu qui se joue à deux ou à plusieurs joueurs (mais sans
jamais dépasser le nombre de quatre-vingt-dix-neuf, comme on le verra plus
loin).
On raconte en effet que
Marshaluk l'Ancien
en était, du temps d'Abraham, un grand spécialiste.
La vénérable Encyclopédie Marshalienne du Jeu
et de la Gnose (Presse de l'UdeNap, 1934) retrace son origine à une
période plus ancienne, soit vers 4 000 ans avant Jésus-Christ, et mentionne
que le «snakes 'n
ladders» était déjà courant sous le nom de Li Long (Jeu
du dragon) du temps de la dynastie des Xia. - Ses rédacteurs en ont en effet
retrouvé la trace vers 3 500 a.-J.-C. dans les Indes où le jeu est connu sous
le nom de Mosksha-Patamu (ou «Jeu des vertus et des démons»).
Des fouilles récentes à
l'emplacement de l'actuelle Hisarlîk, près des Dardanelles, ont permis la
découverte de planches ayant servi à ce jeu et datant d'environ 3 000 ans
avant Jésus-Christ. - D'autres, moins récentes, ont fait découvrir de telles
planchettes datant des Phéniciens, de l'Empire Romain (de la fondation de Rome
jusqu'aux invasions barbares), etc., etc.
Le jeu, tel qu'on le connaît
aujourd'hui, avec l'emplacement stricte de ces échelles et serpents daterait
du troisième ou quatrième
siècle après Jésus-Christ tout en utilisant une vieille tradition hébraïque
qu'allait fixer Moìse de Léon entre 1270 et 1300 dans son Zohar ou «Livre
de la splendeur» :
Échelles (cases des
vertus) :
|
12 |
La foi |
|
51 |
La
persévérance |
|
57 |
La
charité |
|
76 |
La
connaissance |
|
78 |
L'ascétisme |
Serpents (cases des
défauts moraux) :
| 41 |
La désobéissance |
| 44 |
La vanité |
| 49 |
La vulgarité |
| 52 |
L'envie |
| 58 |
Le mensonge |
| 62 |
L'ébriété |
| 69 |
La prodigalité |
| 73 |
Le vol |
| 84 |
La colère |
| 92 |
L'avarice |
| 95 |
L'orgueil |
| 99 |
La concupiscence |
On devine facilement les qualités morales du jeu :
les vertus amènent le joueur vers le bonheur (case 100 dite case de
Nirvana ou Paradis, un peu
comme au
Parchesi) tandis que le
laisser-aller le ramène vers sa case départ (case 1).
Plusieurs variantes :
Sous Léon, l'Arménien,
la vulgarité et l'avidité furent supprimées.
Sous Charlemagne, la
générosité et l'ascétisme furent remplacées par la valeur et le courage.
Sous Philippe Le Bel,
la vanité devint une vertu.
Etc., etc.
Une version recommandée par
le Vatican (sous Benoît XIV) ajoutait le paiement des dîmes et autres
redevances aux vertus (numéro 48) mais c'est sous le régime victorien (en
1892) que la version moderne fut à peu près fixée. - L'esprit de sacrifice,
le sens de l'économie et le travail allaient amener les joueurs vers la
grâce, l'accomplissement et le succès tandis que la paresse, la facilité et
la désobéissance allaient mener tout droit à la pauvreté, la maladie et la
disgrâce.
Règlements :
Le jeu du «snakes 'n
ladders» se joue sur un tableau comprenant cent casiers ou
carreaux (10 fois 10), numérotés de gauche à droite et de bas en haut et
avec un dé à six faces. - Chaque joueur, à tour de rôle, lance les dés et
avance son pion selon le nombre indiqué. Lorsque ce pion tombe sur une case
qui contient la base d'une échelle (voir la photo ci-dessus), son prochain
déplacement, sans lancement du dé, se fera directement vers la case où se
termine l'échelle. Inversement, lorsque le pion tombe sur la tête d'un
serpent, c'est vers sa queue qu'il glissera vers le bas.
Dans l'antiquité - on le
sait à cause de différentes batailles survenues vers mille ans avant
Jésus-Christ dans les environs de Gizeh -, il semblerait que les pions de
deux joueurs ne pouvaient occuper la même case et que le pion du joueur qui
s'y trouvait devait reculer d'une case à l'arrivée du pion du second (d'où
cette limite de 99 joueurs citée ci-dessus). - Cette règle aurait été
abandonnée au printemps de l'an 18 avant Jésus-Christ.
Variantes :
Il en existe plusieurs, la
plupart régionales :
Sur l'île
Pitcairn, on nous rapporte, par exemple, que, plutôt que
d'attendre le tour suivant, le déplacement du bas d'une échelle ou de la
tête d'un serpent s'effectue immédiatement.
Chez les Bédouins, cette
règle peut être convenue à l'avance, au gré des joueurs, tandis que dans les
Monts Oural, la chose est décidée au sort.
Chez les habitants de la
Saskatchewan (Canada), le chiffre cinq donne droit à un nouveau lancer sauf
si le premier a amené le pion du joueur à une tête de serpent. - Cette
version semble avoir dépassé les frontières canado-américaines puisqu'on
retrouve sensiblement ce même règlement dans le Montana et certaines parties
du Dakota du nord mais curieusement pas dans la région immédiate du lac
Sakakawea. (Dans son Traité sur les
Zouaves
de la Guerre de Sécession, John Grey, fait état d'un règlement semblable
dans les états confédérés.)
Finalement, dans le
quatrième tome de leur monumental étude sur «Le rôle de l'Empire
ottoman dans la politique extérieure du Piémont au cours de la Guerre du
Crimée (première moitié de 1855)», le
Grand Marshall et ses collaborateurs font
état de règlements encore plus curieux du côté des combattants russes chez
qui, par exemple, il était interdit de se faire couper les cheveux ou
d'essayer un costume au cours d'une partie.
Statistiques
Les
frères
Cody, connus pour leur célèbre formule mozartienne, précédés en
cela par le mathématicien
Nicolas Bourbaki, ont estimé à 29 virgule 734985 le nombre de
coups de dé qu'un joueur peut, en moyenne, avoir à lancer pour se rendre à
la case 100 s'il a, en face de lui, un seul autre joueur mais ce nombre
augmente géométriquement si les règlements de Gizeh sont adoptés. - C'est
ainsi que vers 331 avant Jésus-Christ, Alexandre le Grand a dû patienter
pendant huit jours et lancer le dé plus de mille fois avant d'atteindre
l'ultime case.
Valeur éducative
On ne saurait trop insister
sur la valeur éducative de ce jeu qui, enseigné en bas âge, inculque chez
les enfants le sens des valeurs morales surtout lorsqu'un adulte -
préférablement du domaine ecclésiastique - assiste à leurs parties
commentant chacun de leurs mouvements.
Fait curieux
Une loi datant de 1887 et
toujours en vigueur aux Trois-Rivières (Québec) interdit que l'on joue au «snakes
'n ladders» (appelé dans cette municipalité «le jeu avec des échelles
et des serpents») sur les voies ferrés. - L'association des joueurs
locaux cherchent présentement à la faire abolir.
Théoriciens du «snakes
'n ladders»
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Joseph-Arthur DeBrouin
(1816-1882) |
Le Grand Marshall
(1831-1910) |
Uldéric Dutronc-Legrand
(1860-1912) |
(Notaire, explorateur, médecin
puis aviateur, Monsieur Dutronc-Legrand est l'inventeur de la scie
circulaire pneumatique qui servit longtemps à découper de la ficelle dans
les usines d'emballage.)