Église congrégationaliste luthérienne non conformiste
à tendance piétiste et au rationalisme déiste, l'Église Baptiste des Saints du
Beau Christ (ou The Baptits Chuch of the Saints of Finer Christ) fut fondée en Angleterre à la fin du XVIIIe siècle en réaction
contre les idées de Locke, Stock et Barrel.
Largement répandues au XIXe siècle (Irlande, Écosse,
Pays de Galle, l'île de Man l'île de Wight et certaines parties de Pimlico),
les idées de l'Église Baptiste des Saints du Beau Christ furent introduites en
Amérique par le Révérend Pasteur Oliver Wendell Douglas (1813-1860) qui en fit
la base d'un mouvement ultra-conservateur largement influencé par les idées
commerciales de son disciple Joe E. Brown.
Fin de l'Église Baptiste des Saints du Beau Christ
d'Angleterre, début de l'Église Baptiste des Saints du Beau Christ des
Amériques.
À la mort d'Oliver Wendell Douglas, Joe E. Brown donna
au mouvement une impulsion qui en fit une des toutes premières puissances
apostoliques américaines, instaurant le système des preachers itinérants dont la mission était de répandre la parole de Dieu dans tous les états et
toutes les villes des États-Unis.
Les grandes croisades des preachers
browniens firent leur apparition peu après la Guerre Civile et, en quelques
années, bien avant l'omniprésence des tentes (voir ci-dessous) de Phineas Taylor Barnum, on
pouvait voir sur tout le territoire des U.S.A. celles de Brown se déplacer de
villages en villages, de villes en villes et d'états en états.
Sur ces tentes, des slogans qui se lisaient :
Une Bible gratuite pour chaque citoyen
!
Le Christ a besoin de vous !
Donnez généreusement !
Le reste suivit : un système central de
comptabilité, un conseil d'administration, un siège social et des filiales à
l'échelle nationale. - L'Église Baptiste des Saints du Beau Christ devint
ainsi, en quelques années, l'Église la plus moderne et la mieux organisée
financièrement en Amérique.
Au début du siècle dernier, ses membres
se comptaient en centaines de milliers et de sa devise qu'on pouvait lire partout était «Jésus Christ est mon banquier».
Seule Église à offrir un nettoyage de tapis gratuit à
ses nouveaux membres, l'Église Baptiste des Saints du Beau Christ eut à subir
dans les années vingt et trente divers procès pour fraudes, ventes pyramidales,
détournements de fonds et autres irrégularités et le nombre de ses adhérents
périclita dangereusement.
Nommé président à vie - et Dieu - en 1950, son
directeur d'alors, le Révérend Mortimer Smith, entreprit, avec la venue de la
télévision, une grande réforme.
Il déménagea son siège social de Newport, Rhode Island
à Omaha dans le Nebraska (pour être, disait-il plus près de ses fidèles),
instaura le système des commissions (pour ses preachers), fonda la Société de
Prêts Mutuels des Saints du Beau Christ, fit construire un centre de baptême
avec hôtels, garderies, restaurants et centre récréatif (deux golfs et un
centre d'équitation) et reprit le slogan de son fondateur : «Remise de 10% sur
tout achat comptant».
En l'espace de quelques années, l'Église Baptiste des
Saints du Beau Christ, moribonde à la fin des années quarante, devint une
puissance financière redoutable.
Aujourd'hui, sous la directive de Nick Kostanza,
l'Église Baptiste des Saints du Beau Christ est, avec son capital de $12
milliards US et ses revenus annuels dépassant les six cents millions US ($634
millions en l'an 2003), une réussite commerciale.
Une chapelle de l'Église Baptiste des Saints du Beau
Christ a été érigée à Saint-Éman, dans les environs de Napierville en
1912. - Abandonnée en 1948 lors du scandale de la taxe volontaire, elle fut
reprise par une société financière de l'Alberta, transformée en magasin général
puis, en 1987, en bowling.