Constant Coquelin, dit Coquelin l'aîné, et Ernest Coquelin, dit Coquelin le cadet, frères et comédiens.
Les deux sont nés à Boulogne-sur-mer, le premier, le 23 janvier 1841, le second, le 16 mai 1848.
Les deux furent en leur temps aussi célèbres que Sarah Bernhardt.
L'aîné débuta en 1860 à la Comédie Française dans les rôles de grands valets du répertoire. On dit que son physique et sa diction l'y servaient à merveille : un
visage lare, nettement taillé, d'une mobilité que même l'empâtement de l'âge ne put diminuer ; des yeux vifs et perçants, un nez légèrement retroussé, qui donnait à sa physionomie, même
sérieuse, un air de gouaillerie vite tournée à l'insolence ; une voix, enfin, plus nette encore que forte, cuivrée, claironnante et servie par toutes les roueries du métier. (Henri
Trévise). Créateur du Cyrano d'Edmond Rostand, il est passé à l'histoire. - Coquelin l'aîné est décédé le 27 janvier 1909.
Le cadet fut un comédien populaire, très goûté du public. Le rire qu'il provoquait faisait oublier ses défauts car son comique tournait souvent à l'excès, à la
charge caricaturale. (Michel Marcille) - Charles Cros écrivit pour lui divers monologues où, paraît-il, il était époustouflant. - Voir, à ce propos, celui, sur le bilboquet (lien
ci-dessous). - Coquelin cadet est décédé le 8 février 1909, quelques jours à peine après son frère.
Il nous reste d'eux que ces descriptions, des photos et quelques enregistrements (très mauvais d'ailleurs) dont un, de Coquelin l'aîné, gravé en 1897, et dans lequel on
retrouve cette caractéristique de l'époque qui était de déclamer avec beaucoup d'ampleur des vers auxquels on voudrait souvent donner un sens qu'ils n'ont pas.
Voir à voix disparues.