On ne saurait visiter la
ville d'Aceto sans passer ne serait-ce qu'un moment dans sa rue de Bottega
dello Specchialo où toute une série de boutiquiers exposent leurs palloni di
neve pour lesquelles la région est si connue.
On ne sait quand exactement ses
palloni
firent leur apparition. Michel-Ange en possédait, l'on sait, une importante
collection qu'on peut admirer aujourd'hui au Vatican et Dante ne manque pas
d'en faire référence dans son De vulgari eloquentia. - Elles sont
célèbres dans le monde entier.
Une légende veut que ce soit Saint
François d'Assise qui en aurait ramené l'idée d'Égypte peu après 1221 mais
quelque temps avant d'avoir reçu les stigmates de la Passion (1224) - Voir à
Franciscains.
Les premiers palloni di neve (on n'en a
conservé aucun) étaient, d'après les peintures et les bas-reliefs de l'époque,
de simples bocaux de terre cuite, largement évasés dans lesquels on versait une
eau plus ou moins pure où on laissait tremper divers objets qu'il suffisait
d'activer au moyen d'une tige (gambo) pour simuler une violente tempête
ou un état rapprochant l'idée de ce qu'on se faisait alors d'un naufrage. - On
utilisa par la suite des contenants en verre (ou en cristal) qu'on referma,
supprimant ainsi l'utilité de la gambo puisqu'il suffisait de brasser
énergiquement ces contenants pour que la même illusion se produise.
Vers la fin du XIIIe siècle, un certain
Marcello D'Alba, originaire du Piémont, eut l'idée de déposer au fond
d'un de ces contenants un bateau miniature et de remplacer les divers objets
utilisés jusqu'alors par un composé de bicarbonate de quelque chose qui donnait
non plus l'illusion d'une tempête ou d'un naufrage ordinaires mais d'une
véritable avalanche. - Le bateau fut remplacé par des paysages, des maisons,
des chevaux (tous miniatures) mais les palloni di neve connurent un véritable
essor au XVIIe siècle lorsque, sous le pontificat de Grégoire XV (1621-23),
Giacomo Bellini-Marshalli eut l'idée d'y insérer des scènes bibliques à
commencer par la destruction de Sodome et Gomorrhe, le déluge, la
transfiguration du Christ sur le Mont Tabor, etc. Certains lui reprochèrent de
ne pas «faire authentique» (fare autentico)
car on mit en doute le fait qu'il puisse neiger lors de l'ascension du Christ
mais ces nouveaux objets trouvèrent preneurs dans toute l'Europe où des
ateliers de fabrication, pilotés par des Acétins furent créés un peu partout.
Depuis 1946
(18 août), les
fabricants de palloni di neve se sont réunis en syndicat membre de la cellule
1458 du Snowdome Makers du puissant International Order of the Italian Teamsters.
On estime à plus
de 400 000 la quantité de palloni di neve produits annuellement à Aceto.