«...Parmi les films en compétition cette année, nos cinéphiles seront peut-être surpris de voir l'appellation de "drame d'espionnage" accolée au
dernier western de Stanley Weissmuller, Tarzan et les montagnes russes de l'Afghanistan car il n'y a, dans ce film, ni drame, ni espions (au
sens large) mais cette étiquette nous a semblé moins saugrenue que celle de western car ce film, entièrement tourné en studio (à Monaco) ne se déroulait ni dans l'ouest
américain, ni entre la Guerre de Sécession et la fin du XIXe siècle, n'avait ni héros solitaire, ni d'héroïne, ni cheval, ni fusil, ni shérif, ni vol à main armée, ni duel, ni poussière,
ni indien Navajo, ni course, ni troupeau de bêtes à corne, etc., etc.
«Certains, parmi les membres du jury, ont argué que, par rapport à l'ouest américain, on avait bien tourné des westerns dont l'action se déroulait en Virginie, au
Mexique, voire même au Canada ; d'autres ont mentionné le fait qu'on avait filmé des western qui avaient pour cadre la Guerre de Sécession, justement, et que certains westerns se rapportaient à
la Guerre 14-18 ; d'aucuns ont mentionné qu'il n'y avait pas de héros solitaire dans la Conquête de l'ouest, qu'il n'y avait pas d'héroïne dans la plupart des films de Tom
Mix ; finalement d'autres ont avancé l'hypothèse qu'un western ne devait pas nécessairement comporter des scènes de duel ou de courses, qu'on avait souventes
fois tourné des western en studio et même en Espagne ou en Italie, que les duels, vols à main armée, courses, etc. n'étaient pas absolument nécessaires dans les scénarios westerniens, etc.,
etc.
«... Ne voulant ni blesser l'amour propre des uns, ni questionner la logique implacable des autres, nous nous en sommes remis à la définition classique proposée, dès
1909, par le Grand Marshall lui-même qui avait déjà pressenti que ce genre cinématographique allait
devenir très confus au fil des ans.
«... Quant à savoir pourquoi le dernier western de Stanley Weissmuller,
Tarzan et les montagnes
russes de l'Afghanistan a été classé, dans le cadre de notre festival, sous la rubrique de "drame d'espionnage", nos astucieux spectateurs auront tôt fait de noter, en
arrière-plan, lors de la scène où l'on renverse du café sur la table de conférence, la présence d'un comédien qui ressemble étrangement à Sean Connery.»
Le Comité de sélection du Festival International du Cinéma de l'Université de Napierville