Né en Irlande en 1877, William Dean Tanner dit William Desmond Taylor arrive aux USA vers 1890. Il épouse vers 1906 la fille d'un riche courtier et ouvre une boutique
d'antiquités à New York. Deux ans plus tard, il quitte un jour pour aller déjeuner et disparaît sans laisser de traces. On le retrouve en 1912 à Hollywood, figurant puis deuxième vedette dans
des films comme Captain Alvarez chez Vitagraph. En 1913, il est au studio Kay-Bee où, cette fois-là, il est la vedette dans The Iconoclast.
On le dit solitaire, plutôt intellectuel. Ses temps libres, il les passe
à lire et à étudier.
Très tôt, ses connaissances littéraires, historiques et cinématographiques attirent sur lui l'attention des réalisateurs.
En 1914, il dirige son premier film pour la firme Balboa. Il passe ensuite chez American Film, Favorite Players, Pallas, Morosco, Fox, Famous Players-Lasky, Select, Realart
et Paramount avant de disparaître à nouveau pour s'enrôler dans l'armée (canadienne) jusqu'à la fin de la guerre.
En 1919 où il est de retour à Hollywood pour diriger Mary Pickford, Dustin Farnum, Wallace Reid, Constance Talmadge, Mary Miles Minter.
Des dizaines de films plus tard, le 1er février 1922, on le retrouve chez lui, assassiné.
Selon l'enquête menée alors par la police locale, il aurait parlé au téléphone au comédien Antonio Moreno au Los Angeles Athletic Club à 19h00. - À 19h05, Mabel
Normand lui aurait rendu visite puis aurait quitté son domicile vers 19h45. Quelques minutes plus tard, un coup de revolver aurait été entendu.
Ses funérailles furent grandioses.
La liste des suspects qui fut publiée par la suite occupa les journaux hollywoodiens pendant des mois, à commencer par
Mabel Normand (qu'on savait être sa
maîtresse) mais lorsqu'on découvrit parmi ses effets personnels des lettres compromettantes d'une foule de starlettes et même des sous-vêtements appartenant à
Mary Miles Minter
(une cinquantaine de films sans importance entre 1912 et 1924 - elle est
décédée en 1984), le scandale fut
terrible.
Sa mort ne fut jamais élucidée mais des rumeurs veulent qu'une actrice sans conséquence à ce moment-là, Patricia Palmer,
mère par la suite de
Debra Paget, aurait avoué l'avoir tué peu avant de mourir
elle-même en 1964.