Madame Lise Chrissonnette (deux «S», deux «N», deux «T»), directrice de la
Bibliothèque de l'Université de Napierville, tient à préciser auprès de son aimable clientèle que le parasite, dans l'Antique Grèce, était un citoyen honorable, nourri aux frais de l'État,
chargé de conserver les provisions des dieux dans le parasiteion (de para, à côté, et de sitos, aliment) et, dans l'Antique Rome, un personnage considérable, admis à la
table d'un personnage riche en échange de sa clientèle ou de ses mots d'esprit.
Elle voit, dans son rôle de directrice de la Bibliothèque de l'Université de Napierville, celui de la personne chargée de conserver les provisions intellectuelles de ses
habitués.
Le parasite, selon le Grand Dictionnaire Marshall, ne doit pas être confondu avec un symbiote dont la présence est plutôt favorable, voire même indispensable, à son
hôte, ni avec un prédateur qui tue rapidement sa victime pour s'en nourrir, ni encore avec les commensaux qui prélèvent une partie de la nourriture des autres.
Un parasite, selon la même source, peut vivre du cadavre de son hôte mort ; on le nomme nécrophage, s'il est un animal ou saprophyte, s'il est une plante (d'où une
référence à peine voilée à la culture mentionnée ci-dessus.)
Il existe des parasites monoxènes (qui ne se nourrissent qu'à une seule source) et des parasites polyxènes (qui passent d'un hôte à un autre selon les circonstances ou
leurs intérêts). - Là encore, un parallèle qui n'a pas sa place.
À noter qu'on nomme également parasites les crépitements, les sifflements et les roulements qui sont des perturbations d'origine souvent atmosphérique et qui empêchent
la réception claire de certains communiqués.
Les arrivistes (sorte de prédateurs au comportement imprévisible) sont souvent des parasites. - Ils ont, pour la plupart, polyxènes mais peuvent longtemps vivre d'un seul
hôte.
(Note de l'éditeur)