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Ci-dessus : le Général Lew Wallace, auteur
de Ben Hur
Un peu d'histoire :
Monocacy, 9 juillet 1864
:
La petite ville de Monocacy, cinq kilomètres au sud de Frederick, ne figure
que sur quelques plans routiers de l'état du Maryland. Un parc national (National Battlefield)
pourtant s'y trouve mais, pour obtenir de plus amples renseignements sur la bataille qui s'y est déroulée le 9
juillet 1864, on doit, si on ne peut s'y rendre, consulter un livre - et un livre
sérieux - sur la Guerre Civile Américaine.
Monacacy n'a pas le prestige des grandes batailles : Gettysburg, Antietam, Manassas (Bull Run I et II), Fredericksburg, Chancerlorsville, Chickamauga, Chattanooga ou
même Shiloh. Comparativement aux forces en présence à Gettysburg (170 000), Antietam (130 000), Chancerlorsville (190 000) et Fredericksburg (200 000), la bataille de Monocacy,
avec ses moins de 20 000 combattants (14 000[*] du côté des Sudistes, 5 800 du côté des forces de l'Union),
aurait pu passer pour une escarmouche mais voilà : les historiens s'accordent à dire que le Général Lew Wallace qui dirigeait cette journée-là les forces nordistes - et qui selon tous les
critères a perdu cette bataille - a su empêcher les forces du sud de se rendre jusqu'à Washington, le temps que des renforts puisse y être envoyés.
[*] Les estimations varient. - 12, 000 selon certains, 18,000 selon d'autres.
Ce général, à cause de ce fait d'armes, se crut destiné à jouer un plus grand rôle dans les combats qui allaient suivre mais l'armée en décida autrement. Cantonné a
Washington jusqu'à la fin de la guerre, il eut pour seul honneur celui d'être un juge à un des nombreux procès pour trahison qui suivirent l'assassinat de Lincoln.
En 1865, il tenta de rejoindre les forces de Juarez (Benito Juárez García - San Pablo Guelatao 1806 - Mexico 1872) au Mexique (contre l'empereur Maximillien, le
frère cadet de l'empereur François-Joseph, choisi comme empereur du Mexique par Napoléon III en 1864) mais ne put lever ni assez de fonds, ni un nombre suffisant de soldats pour ce faire.
De 1865 à 1878, il se mêla quelque peu de politique mais se tourna surtout vers l'écriture. -
De 1875 à 1878, il fut ambassadeur au
Caraguay,
de 1878 à 1881, il fut gouverneur du Nouveau Mexique puis de 1881 à 1885, ambassadeur en Turquie (empire Ottoman) auprès du Sultan Abdul Hamid II.(on écrit aussi Abdülhamid).
En 1905, il s'éteignit paisiblement, à 78 ans, non sans avoir écrit une foule de livres dont :
- The Fair God en 1873 (date du publication)
- Ben Hur, A Tale of the Christ en 1880
- The Life of Ben Harrison en 1888
- The Boyhood of Christ en 1888
- The Prince of India en 1893
- The Wooing of Malkatoon en 1897
et des mémoires qui furent publiés après sa mort en 1906.
Sa personnalité n'a jamais fait l'objet d'éloges ni de commentaires
et quoique son livre, Ben Hur, a Tale of Christ, connut un immense succès,
il demeura un auteur plus ou moins connu.
Ben Hur, le livre
Ben Hur, A Tale of The Christ fut
le best-seller du XIXe siècle, toutes langues confondues. Jusqu'en 1930, les ventes de ce livre aux États-Unis ne furent
dépassées que par celles de la Bible. Dès 1885, des traductions parurent dans le monde entier et
Ben Hur continue d'être imprimé et vendu encore de nos jours.
Adapté pour le théâtre par William Young en 1899, Ben Hur fut joué, à Broadway, puis en tournée, en Amérique du Nord, en Europe et en Australie, presque sans
interruption jusqu'en 1921.
La course de chars était, naturellement, le clou de ce spectacle. Pour ce faire, on utilisait huit chevaux attelés à deux chariots (celui de
Ben Hur et celui de Messala),
chacun sur une trépigneuse (treadmill) pendant qu'en arrière-scène on déroulait une toile mesurant dix mètres de hauteur qu'on faisait tourner en sens inverse. - Quand une roue du char de
Messala tombait, le spectacle était terminé. - On estime que près de 20 000 000 de spectateurs auraient assister à l'une ou l'autre de ses représentations au cours des 22 ans qu'elle a
été donnée.
Ben Hur, le film
Les cinéphiles contemporains se souviendront du
Ben Hur de William Wyler (1959).
Certains d'entre eux auront peut-être vu
la version de 1925 qu'on attribue généralement à J. J. Cohn mais
à laquelle ont participés pas moins de trois autres réalisateurs mais les deux ont été précédées en 1907 par un film qui a fait histoire :
Le premier Ben Hur fut un deux-bobines (15 minutes) tourné par un certain
Sydney Olcott avec, dans le rôle titre, un plus incertain Hermann Rottger. -
Les autres acteurs demeurent inconnus et nous n'avons pu obtenir la confirmation que des copies de ce film existeraient encore.
Du réalisateur, Sudney Olcott, on sait qu'il est né à Toronto en 1873, qu'il était déjà réalisateur en 1907 (Way Down East, un film dans lequel un
scénariste, Gene Gauthier avait la vedette), qu'il a réalisé une cinquantaine de films jusqu'en 1927 (dont
Monsieur Beaucaire avec Rudolph Valentino en 1924) et qu'il est
décédé en 1949 mais rien d'autre.
D'Hermann Rottger, on ne sait encore moins sauf qu'il n'a tourné qu'un rôle au cinéma et c'était celui-là.
Selon les descriptions de l'époque, Ben Hur n'était pas condamné aux galères mais la course de chars devait décider de sa vie ou non. - Cette course était, à
toutes fins utiles, une version à peu près identique à celle qu'on pouvait voir au théâtre sauf que les chars couraient en rond dans un cirque dont les décors - et les spectateurs - étaient
dessinés sur une toile en demi-cercle. - La caméra, elle, était au beau fixe et il fallait revenir pour les
close-up.
Ce film n'eut aucun succès du fait que la succession de Lew Wallace en empêcha la distribution entamant un célèbre procès qui allait décider si les films étaient
assujettis à la loi des copyrights ou aux droits d'auteur. La cour décida que oui.
Pour la suite :
Ben Hur 1925
Ben Hur 1959
Retour, si vous êtes venu par là, à :
Bix
Beiderbecke
Sinon, voir à :
Blind Willie lessard
Ou encore au :
Festival du
cinéma de Napierville
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