Selon les sources consultées, Renée Adorée serait née Jeanne de la Fonte, à Lille, en France, le 30 septembre 1898 mais peut-être aussi Émilie Louise
Victorine à Reeves, dans le district d'Altona, à Hamburg le même jour mais un an plus tôt.- Les détails sur ses origines, son enfance ou même sa jeunesse ont toujours été et demeurent
encore aujourd'hui d'une très grande imprécision. - Sa courte carrière, les circonstances de sa mort, les films dans lesquels elle a tourné, les comédiens avec qui elle a joué, y sont
peut-être pour quelque chose : elle était et demeure cette femme mystérieuse, fragile, quelque peu évanescente, venue de nulle part et qui allait disparaître
avant d'avoir donné sa pleine mesure.On sait qu'elle est d'origine française et ses plus fiables biographes, se copiant entre eux, persistent à dire qu'elle fut découverte «en Europe» par des
producteurs de New York et qu'à cause de cela, elle se serait retrouvée comédienne à Broadway en 1920. D'autres, moins fiables racontent qu'elle se trouvait en Russie, en tournée théâtrale (à
seize ans ?), au tout début de la Grande Guerre et que de là elle serait passée - Dieu sait comment - en Angleterre puis finalement aux États-Unis au début des années vingt mais, fait curieux
dans une carrière cinématographique somme toute relativement courte, on la sait vedette dans un film de Claude Fleming, un acteur-réalisateur aujourd'hui oublié, intitulé 500 Pounds
Rewards et qui lui date de 1918 et qui, de plus, fut tourné en Australie...
Quoiqu'il en soit, son premier film hollywoodien, c'est sous la direction de Raoul Walsh (1887-1980), réalisateur de 131 films entre 1911 et 1964 - dont un célèbre Gentlemen
Jim en 1942- qu'elle le tourne. Le film s'intitule The Strongest et l'année est 1921.
En 1922, après quelques rôles mineurs, elle tourne pour la première fois avec John Gilbert dans Monte Cristo d'Emmett J. Flynn mais toujours en
arrière-plan. - La même année, elle joue le rôle de l'amante dans Day Dreams, un deux-bobines de Buster Keaton.
- En 1923, elle tourne dans d'autres productions, parfois dans un rôle secondaire, parfois dans un rôle principal puis en 1924, on lui fait tourner son premier grand rôle avec le même Gilbert : A
Man's Mate (Edmund Mortimer). - Le film n'a pas beaucoup de succès mais on est à la veille de la grande période de Gilbert ; l'année suivante, à ses côtés, en Mélisande dans The
Big Parade, le public découvre en eux le couple idéal. - Ce film, on s'en souviendra, raconte
l'histoire d'un soldat américain (John Gilbert) qui, au cours de la Grande Guerre, tombe amoureux d'une jeune française (Renée Adorée).
En 1925, elle est Fifi dans The Blackbird au côté de Lon Chaney (Tod Browning). En 1926, Musette dans La Bohème de King Vidor (John Gilbert -
encore une fois - en Rodolphe - mais avec Lillian Gish en Mimi), une danseuse exotique dans Exquisite Sinner de Josef von Sternberg (voir photo ci-dessous), Peggy Nolan dans Blarney de Marcel De Sano, Jeanne-Marie dans The Flaming Forest de Reginald Barker, Carita dans Tin Gods de Allan Dwan, etc., etc.
En 1927, 1928 et 1929, elle continue de tourner mais on la sent de plus en plus mal dans sa peau. Seules ses prestations dans A Certain Young Man (Hobart Henley)
et Forbidden Hours (Harry Beaumont), tous les deux datant de 1928, s'élèvent au-dessus d'une série de films sans intérêt.
Sa santé est chancelante.
En 1930, elle tourne son dernier film au côté de Gilbert encore une fois : Redemption de Fred Niblo. Ce film marque le début de la fin pour son partenaire
qui est devenu trop exigeant, demande trop d'argent et qu'on va bientôt remplacer par Clark Gable. Puis, une toute dernière fois, elle tourne encore, mais dans un rôle secondaire, au côté d'un
autre acteur sur son déclin, Ramon Novarro, dans une comédie musicale (sic) intitulée Call of the
Flesh de Charles Brabin.
Atteinte de tuberculose, elle meurt peu après son trente-cinquième anniversaire, le 5 octobre 1933 à Tujunga, en Californie.

Renée Adorée dans Exquisite Sinner (1925)