Rappelons d'abord que le mot zouave vient de l'arabo-berbère Zwâwa, du nom d'une tribu kabyle installée au début du XIXe siècle dans l'est algérien ; que
de cette tribu, les Turcs, par l'intermédiaire d'un représentant à Alger, ont commencé à recruter des soldats pour leur armée vers 1820, leur donnant le nom de Zwawés. (Que les Turcs aient eu
divers rapports avec les Algérois à partir de 1518 avec le protectorat de Khayr al-Din, dit Barberousse - mort à Istanbul en 1546 - n'est pas sans être connu de nos lecteurs)
Lorsque la France prit Alger, en 1830, ce représentant - dont l'histoire n'a pas retenu le nom - a tout de suite offert ses services à ses nouveaux maîtres.
Louis de Ghaisnes, comte de Bourmont (né et mort à Freigné, Maine-et-Loire, 1773 - 1846) qui était à ce moment-là Ministre de la Guerre et commandant de
l'armée d'occupation, qui lui avait été du côté des Vendéens puis de Napoléon, puis de Louis XVIII (avant de refuser d'obéir à Louis-Philippe, offrit ses services aux Portugais)
comprit vite le parti qu'il pourrait tirer de cet individu.
En quelques mois, il leva une armée de 2 000 zouaves qui allaient former le premier embryon des troupes indigènes de l'armée française.
Encadré par des Français, ces premiers zouaves s'étant comportés courageusement sur la ligne de feu, on en fit deux bataillons d'où allaient sortir, plus tard, les
tirailleurs algériens, deux escadrons à cheval, ancêtres des chasseurs d'Afrique, des spahis, etc. et puis finalement un régiment où étaient mêlés côte à côte des Français et des
autochtones.
Après la formation des tirailleurs indigènes (1837-1841), les zouaves devinrent un corps exclusivement français.
Jusqu'à leur dissolution en 1962, les régiments des zouaves français s'illustrèrent pendant toutes les campagnes du second Empire (en particulier en Crimée [zouaves de
l'Alma]) puis au cours des deux guerres mondiales, en Indochine, en Algérie, etc.
Ce qui les a rendu célèbres, cependant, n'est pas leurs faits d'armes (malgré qu'ils aient été nombreux et souvent exceptionnels, les zouaves étant connus pour leur
ténacité et leur bravoure), mais leur costume dessiné à partir de celui des Zwâwas mais aux couleurs de la France : bleu, blanc et rouge.
C'est au cours de la guerre de Crimée qu'un jeune capitaine du nom de McClellan - qui allait devenir le général McClellan - vit, pour la première fois des zouaves en
action. - Il en fut si impressionné qu'il ramena en Amérique un de leurs costumes.
Ce costume et la réputation des zouaves français allaient donner naissance à des régiments qui voulurent les imiter. C'est ainsi qu'on assistera dans les années
suivantes aux régiments des zouaves de Louisiane (1861), de Pennsylvanie (1862) et de New York (1863) qui allèrent s'illustrer à leur tour à Fredericksburg, Chancellorsville, Gettysburg et
Petersburg.
Le corps des zouaves pontificaux fut constitué en 1860 par des volontaires à la demande de Pie IX pour la défense des États du Vatican.
Pour de plus amples renseignements sur ce corps d'élite, s'adresser à :
L'Association des descendants des zouaves pontificaux
91 rue Escudier - 92100 Boulogne-Billancourt - France
Le but de cette association étant de :
"faire connaître, conformément aux demandes du Sacré-Coeur, les vertus de Foi et d'Honneur, de Fidélite et de Courage, de Sacrifice et de Dévouement, illustrées
héroïquement par leurs aïeux, zouaves pontificaux et volontaires de l'ouest, au service du Saint-Siège et de la France"
L'association mène à cette fin et en vue de remédier à la crise de la civilisation des temps modernes, des actions d'ordre spirituel, historique, culturel et
artistique.
(L'ordre du Québec des Zouaves Pontificaux a été créé par Monseigneur Bourget en 1860. - Le costume de cet ordre a été enregistré en 1910).
Pour des photos de zouaves pontificaux, cliquer ici.