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Tragédie en cinq actes de Louis
Marshall, dit Le Bègue
Cette tragédie a été présentée pour la première fois
le 3 mars 1665 au Petit Théâtre de Versailles.
Entreparleurs :
Titonius
Andronicus, général romain, vainqueur des Goths
Lucius,
son confident
Lavinia,
sa fille
Inoublius,
son gendre
Fabius et
Flavius, ses fils
Tamora,
la Goth, d'abord esclave puis femme de l'empereur Crecellus
Curius,
son fils ainé
Picpus
et Glavius, ses autres fils
Benladus,
son confident
Quelques
servantes, des gardes et un hallebardier.
La scène est à
Rome.
Argument :
Titonius
Andronicus triomphant, retourne à Rome après son éclatante victoire sur les
Goths. Parmi ses captifs, la reine Tamora et son cruel confident, Benladus.
Le sang coule
dès le premier acte quand Titonius ordonne la mort de Curius, le fils aîné
de Tamora, dont le corps, découpé en morceaux, sert à alimenter le bûcher de
deux de ses propres fils, morts au champ d'honneur.
Dans les jours
qui suivent, Tamora, ayant séduit l'empereur Crecellus, fait tuer Inoublius,
le gendre de Titonius, puis ses fils, Fabius et Flavius et deux de ses
serviteurs. Elle fait également violer sa fille Lavinia par ses fils,
Picpus et Glavius, qui lui font couper les deux mains. - Fin du premier
acte.
Au deuxième
acte, ballet, danse et bacchanale lors du mariage de Tamora et de Crecellus
auquel, ignorant les noms des agresseurs de sa fille, Titonius assiste,
impuissant.
Instruit (au
troisième acte) de la perfidie de Tamora, Titonius fait assassiner les deux
fils de sa rivale en présence de Lavinia. Il recueille leur sang qui,
mélangé à du poison, sert à tuer Crecellus, sa mère, ses deux fils, sa
fille, son gendre, une cousine et trois de ses serviteurs dont un
hallebardier.
Au quatrième
acte, Tamora et son confident, Benladus, assistent poliment à l'enterrement
de Lavinia qu'ils ont fait tuer lors des obsèques de Crecellus et de sa
famille.
Au cinquième
acte - le moins réussi selon le regretté Voltaire - Tamora meurt de
langueurs tandis que Benladus, aux prises avec des dettes de jeu, se jette
dans le Tibre. - Titonius se suicide. - Reste Lucius, qu'on aura vu
brièvement au premier acte, pour pleurer tous et chacun.
Note :
Une version
moins sanglante de cette pièce (malgré que Lavinia, en plus d'y avoir les
mains coupées, se fait arracher la langue), et connue sous le nom de Titus
Andronicus, fait partie du répertoire généralement attribué à
William Shakespeare.
Vers :
Parmi les vers
les plus célèbres de Titonius Andronicus, citons :
Que
sachiez-vous, Lucius, des horribles desseins
Que le sort,
de son sein, cachait en son sein ?
...
Que
faisais-tu, Lucius ? De quel feu pétais-tu
Quand de mon
glaive j'occisais ces malotrus ?
...
Nous vous
attendions, le coeur meurtri, père chéri
Au soupir du
matin, à la respiration de la nuit.
...
Que
n'eussiez-vous été là, cher Andronicus
Quand, de
l'empire romain, tous étaient convaincus ?
...
De ces pièces,
de ces effigies, je suis l'esclave
Dans ce Tibre,
il est urgent que je me lave.
...
Je meurs, je
suis occis, quelle mort, Andronicus !
Je vis, je
suis vivant, ah ! quelle vie, Titonius !
...
Inoublius,
cher Benladus, sera cendre et pous-
Sière avant
que Fabius et Flavius ne poussent
Ce que je dis,
par la racine : je le prédis ;
Je te le jure
; je te le promets ; mot fait, mot dit.
Voir
également à
Crasibule et Pharice
ou
voir à :
Louis Marshall dit «le
bègue»
Rogent-le-Retrou (pour Jean de Rotrou)
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