À moins de deux heures de Napierville, se trouve cette
charmante municipalité, fondée en 1748, et qui est, après Québec et
Ville-Mont-Royal[1],
la troisième en importance en Amérique du Nord complètement ceinte de remparts.
Surnommé «le plus parfait des villages» par l'Association
Touristique du Centre du Québec et de l'Abitibi-Témiscamingue, Saint-Paul
d'Acton doit sa renommée à son site exceptionnel, sa Grande Place et son
festival annuel qui attire depuis 1959 des visiteurs du monde entier.
Nommé en l'honneur de l'apôtre des gentils,
Saint-Paul-d'Acton doit également son nom au Chevalier Jehan le Bayard d'Acton
(1708-1760), sieur de Neuzeit et époux de Marie de Lotbinière, qui est venu s'y
installer en 1746.
Bâti (à l'origine) sur les plans d'une place forte,
Saint-Paul-d'Acton doit sa conservation à l'immense oubli dans lequel il est
tombé, de la Conquête (1760-1763) à l'Union du Bas et du Haut-Canada en 1840.
Bien installés au fond d'une forêt domaniale, son
château, son donjon et ses remparts ont en effet été ignorés pendant presque
cent ans un peu à la manière de ces petits villages de Gascogne, de l'Alsace ou
de l'arrière-pays niçois qui, malgré les guerres, les envahissements et l'âge
sont demeurés presque intacts comme si la vie, chez eux, s'était arrêtée à une
certaine époque.
Fait exceptionnel dans le cas de Saint-Paul-d'Acton,
c'est que la vie semble s'y être arrêtée non pas en 1760 mais presque cinq
cents ans plus tôt, son fondateur, le Chevalier Jehan le Bayard, grand
connaisseur du Moyen-Âge ayant en effet construit son village comme s'il
s'agissait d'une place fortifiée du XIe ou XIIe siècle.
Le visiteur qui arrive à Saint-Paul-d'Acton pour la
première fois se trouve de ce fait étonné de retrouver des remparts munis de
créneaux, des mâchicoulis, des tours de garde et même un pont-levis qui
semblent surgir directement de l'époque des troubadours et des princesses
attendant le retour de leurs maîtres partis combattre au loin pour la gloire et
la défense de leur pays.
L'incendie de 1872 et celui de 1943 ont détruit une
bonne partie de ces installations. Elles n'ont été reconstruites (en
contre-plaqué) qu'à partir de 1952 grâce aux généreux dons et au dévouement d'un
descendant de Jehan le Bayard, Raynald Ouellette, richissime propriétaire de
dépôts de bauxite en Australie.
À partir de 1952, en effet, et se basant sur des plans
datant d'avant la Conquête, Raynald Ouellette a fait reconstruire ce qui
devait, à l'origine, être le château de Saint-Paul-d'Acton jusque dans ses
moindres détails n'y ajoutant que des kiosques et des immeubles pour y
accueillir les visiteurs plus un terrain de camping à proximité.
Le site ouvrit ses portes en 1959 et depuis, à chaque
année, durant tous les mois de juillet et d'août, s'y déroule le célèbre
Festival Médiéval de Saint-Paul-d'Acton qui accueille des visiteurs de plus
en plus nombreux. - Le reste de l'année, le village «à Ouellette» (comme
on l'appelle localement) sert de centre d'interprétation de la nature et de la
vie, telle qu'on la menait à l'époque de Geneviève de Brabant.

Vue aérienne du site de
Saint-Paul-d'Acton avant l'incendie de 1943.
(Don de Monsieur Jean Valiquette
de l'Institut de Castellologie de Drummondville et
fondateur de la Société des Amis du Château Médiéval
d'Acton [SACMA])
(Cliquez pour agrandir)
Saint-Paul-d'Acton tente, depuis
plusieurs années, d'être jumelé avec la ville de Villandrault (Langdon,
Gironde) où se trouve un important château construit par l'archevêque de
Bordeaux, Bertrand de Got, qui fut de 1305 à 1314, sous le nom de Clément V, le
premier
pape d'Avignon.
Quant à Saint-Paul-d'Acton lui-même, on
lui doit une importante somme dogmatique anti-apophatique sur laquelle les
exégètes se penchent depuis des années.