Étienne Jodelle, sieur de Lymodin, né
et mort à Paris (1532-1573), membre de la Pléiade, s'occupa surtout de
poésie dramatique. - Sa tragédie Cléopâtre captive,
représentée pour la première fois dans la cour de l'hôtel de Reims (vers la
fin de 1552 ou au début de 1553), marque le point de départ d'une forme
dramatique nouvelle, d'où sortira la tragédie classique.
Il fut le premier à introduire l'alexandrin au
théâtre et mettre en pratique l'imitation des anciens.
On lui doit également : Sonnet, odes et
charontides, Recueil des inscriptions, figures, devises et masquarades
(sic) ordonnées en l'hôtel de ville à Paris, le jeudi 17 février 1558 (un
cuisant échec), La rencontre, Didon se sacrifiant, Eugène (une comédie) et Hyméné du roi Charles IX plus
d'autres écrits fragmentaires, non achevés, réchappés à l'intérieur de volumes
écrits par d'autres, tels, par exemple, une dissertation morale et politique
intitulée Discours de Jules César avant le passage du Rubicon (où, à la fin des 2 266 vers qui nous restent, César n'a pas encore parlé).
Il mourut à quarante et un an, couvert de dettes,
harcelé par des créanciers, sans laisser de quoi se faire enterrer non sans
avoir écrit :
«Pourquoy, pourquoy, fortune
O fortune, aux yeux clos !
Es-tu tant importune ?»
Il fallut presque quatre cents ans avant qu'on
s'intéresse à nouveau à lui.
Une rue, dans le 18e arrondissement, près du cimetière
de Montmartre, porte son nom à Paris.