La légende veut que ce «reel» ait été composé à l'origine par un condamné à mort qui, selon
diverses sources, aurait appris à jouer du violon seul dans sa
cellule, ou encore l'aurait improvisé sur l'échafaud, peu avant de mourir. Une variante veut qu'au lieu d'être pendu, il aurait été libéré tout de suite après l'avoir interprété.
Une version acadienne de cette légende veut que le condamné aurait improvisé ce reel pour prouver son innocence.
Dans l'un ou l'autre ou le troisième cas, le violon était désaccordé, involontairement par le prisonnier ou volontairement par ses gardiens qui voulaient se payer sa
tête.
Quoiqu'il en soit, la tradition veut qu'on le joue sur un violon dont les cordes sont accordées en : do dièse, la, mi et la au lieu de : sol, ré, la et mi [1].
Ce reel aurait, selon plusieurs sources, été composé il y a plus de deux cents ans.
La version la plus ancienne connue est celle enregistré par Joseph Allard en 1928 et, depuis cette date, c'est cette version (avec quelques variantes - voir ci-dessous : Jean Carignan) qui est la plus jouée. À la même époque, cependant, Isidore Soucy enregistrait, sous ce nom, un reel fort différent mais basé sur les mêmes accords (voir également ci-dessous).
Tommy Duchesne, l'accordéoniste, le joueur d'harmonica et le «calleur de sets» par excellence en a fait une
version pour accordéon.
En voici cinq versions : les quatre mentionnées ci-dessus, y compris la version virtuose de Carignan, plus une version relativement récente des Musiciens de Charlevoix :
Cliquez sur la note (format MP3) :
Joseph Allard - Le reel du pendu - 1928 :
(02:50 min.)
Isidore Soucy - Le reel du pendu - 1929 :
(02:56 min.)
[1] Le violon est également accordé «à l'inverse» : la, mi, la et do dièse ou encore en la, mi, la mi, une technique
qu'utilisait souvent Louis «Pitou» Boudreault de Chicoutimi.
[2] François-Xavier Tremblay,
violon et direction, Paul-Henri Lavoie, accordéon, Philippe
Bélanger, guitare et Jean-Paul Bélanger, claquettes.