Note : Les textes qui suivent de même que la
plupart des pages qui y sont reliées sont extraits d'une étude en douze
volumes qui traitent de certains aspects de la poésie féminine napiervilloise
au XIXe siècle et qui a été publiée sous le titre de «Certains aspects de
la poésie féminine napiervilloise au XIXe siècle» (d'après une série de
conférences données sur les ondes de la CNAP et de la CCAP intitulées «Certains
aspects de la poésie féminine napiervilloise au XIXe siècle»). - Les
auteurs en sont : Madame Fawzi
Malhasti, la poétesse de renom, le regretté Victor-Emmanuel Débris, Olaf de Huygens-Tremblay et Euclide
Marshall. - L'ensemble a été publié aux
Presses de l'Université de Napierville grâce à de généreux dons du Mouvement Littéraire d'Alexandrie et de la Vatfair-Fair & Co. de
1983 à 1985.
Madame Malhasti :
L'année mil sept cent quatre vingt onze, date de la
découverte du tungstène par le Suédois Torbem Olof Bergman, est généralement
acceptée aujourd'hui comme étant celle du passage de la poésie
napiervilloise de source religieuse à la poésie napiervilloise de source
laïque et/ou celle du début de la poésie dite commerciale-primaire telle
qu'elle fut chantée de 1806 à 1914. - Y fut, en effet, publié cette année-là
le Pamphlet contre la fixation des prix du poète Octave Résidu
qui, imitant les Bucoliques de Virgile, s'en prenait violemment au
trafic du blé occasionné par les mauvaises récoltes de 1789 mais également
aux nouvelles techniques de bouture utilisées depuis peu dans le
domaine des rosiers.
Il fallu cependant attendre jusqu'en 1815 pour
qu'une véritable poésie axée uniquement sur le commerce [au détail] fit sa
première apparition avec la publication cette année-là des Odes aux
échanges de la poétesse Lydia Séjourné,
née Lydia Monette (rue Buade à Québec), épouse de Fabien Séjourné,
commissaire-priseur à Napierville.
Ce volume allait déboucher sur une série d'articles
parus dans la Gazette poétique de Napierville à partir de 1816 et où il fut
question pendant près d'un siècle - jusqu'à la Première Grande Guerre en
fait - presque continuellement de poésies commerciales et industrielles avec
la venue de Maria Labroche (1794-1845), de Sarah Spitman (1803-1878),
d'Élizabeth Hausmann (1806-1893), d'Emma Lenterrée (1806-1863), de Lucrétia
Toxine (1808-1826), de Corine Laccablante (1811-1850), etc., etc.
Lydia Séjourné (1791-1865)

Première en ligne des poétesses
napiervilloises de renom, Lydia Séjourné fut et demeure sans aucun
doute la poète la plus connue des écrivains de Napierville de la
première moitié du XIXe siècle. - Son goût pour la littérature
commerciale lui serait venu par l'intermédiaire de la famille pour
laquelle son père, Augustin Monette, un homme à tout faire, était un
contre-maître, et en particulier par l'intermédiaire d'Howard
Wathsworth, le fils aîné de James Wathsworth, propriétaire d'une
brasserie unioniste à Québec. - Ce fut, en effet, par son
intermédiaire que furent publiés en 1815 ses Odes aux échanges traitant en particulier de traites, de dations et de cessions dans le
domaine foncier.
Elle fut élevée chez les Ursulines et
enseigna quelque peu à Ste-Pétronille (Île d'Orléans) avant d'épouser, en
1819, Augustin Séjourné, commissaire-priseur et employé à temps partiel
d'Edmé
Henry (1760-1841) (voir à Napierville - historique),
un veuf ayant trois enfants et demeurant à un endroit qui se trouve
aujourd'hui au numéro 8 de l'impasse Landru dans le quartier universitaire de Napierville. - Le mariage ne fut pas très heureux. - Lydia eut
elle-même deux enfants mais le plus jeune, qu'elle adorait, mourut de
tuberculose en bas âge.
Personne énergétique, avide lectrice,
et une écrivaine formidable. Elle publia en effet, de son vivant, 46 volumes
distincts et plus de 2,000 articles dans des journaux divers.
Son poème le plus connu est un pantoum
sur l'évolution du ringgit dans l'économie malaise
Maria Labroche (1794-1845)

Quoique n'ayant fait publier que
deux livres de poésie, Maria Labroche, née Pervenche, a
influencé tout le mouvement de la poésie didactique industrielle du
début du XIXe siècle. Remarquée par les commerçants à la fois
américains et britanniques, elle fut cependant ignorée par leurs
homologues français jusqu'à ce que le critique marseillais Louis
«Tocsin» Roblochon en lut des extraits dans l'enceinte de l'Académie
des Métaux Usinés en 1842 lors d'une séance restée célèbre.
Née dans une famille de
cultivateurs de Laprairie mais orpheline à l'âge de quinze ans, elle
pu néanmoins poursuivre ses études grâce au mécénat de Lucien Labroche,
de trente-quatre ans son aîné, propriétaire d'une petite
quincaillerie à l'emplacement, aujourd'hui, du garage Esso, esplanade
du Grand Marshall, à Napierville, et qui insista, en 1810, pour
qu'elle l'épousât.
Le mariage fut une tragédie, Maria
étant tombée en amour avec un jeune soldat d'Iberville qui se suicida par
amour pour elle. (Cette épisode de sa vie allait servir de toile de fond à
la nouvelle «The Dead» de James Joyce - «The Dubliners» -
1914) - Ce n'est qu'en 1823, après la mort de son mari, qu'elle pu enfin
donner libre court à son imagination et écrire ce que l'on reconnaît
aujourd'hui être l'oeuvre définitive (en son genre) et dont la plus célèbre
pièce est son sonnet sur la déformation des bandes métalliques par temps
humide.
Sarah Spitman (1803-1878)
De race noire (son grand-père et sa
grand-mère ayant été esclaves sous le régime français), Sarah Spitman (de
son vrai nom : Sara Spitzman) fut et demeure la plus humble de toutes
les poétesses napiervilloises du XIXe siècle.
Son oeuvre ne fut découvert qu'après
sa mort, dans la maison de ses employeurs, les Loranger de la Quincaillerie
Loranger et Fils de Napierville où elle fut, selon les registres de
l'époque, une servante dévouée et pieuse.
Sa langue est exceptionnellement
claire et «sa rythmique n'est pas sans rappeler les bruits que font les
métaux en fusion» (Oscar du Terrail).
Élizabeth Hausmann (1805-1893)

Élizabeth Hausmann est un cas
unique dans la poésie napiervilloise du XIXe siècle en ce sens qu'elle
nous a laissé un récit détaillé de son existence et de ses
frustrations. - Mariée à l'âge de quinze ans à un humoriste, elle eut
cinq fils qui furent tous, de près ou de loin, mêlés dans le commerce
de la dentelle. - «Je suis contente de ne pas avoir eu de fille,
écrivait-elle dans son journal en 1854, car aurait-elle pu souffrir
comme je l'ai fait ?»
Ses souffrances, elle les
exprima dans une trilogie qui compte, aujourd'hui, pour être à la base
de la poésie industrielle moderne.
Emma Lenterrée (1805-1863)

Emma Lenterrée qui resta
célibataire toute sa vie vint au monde dans une riche famille de
Montréal (les Lenterrée de Côte-Saint-Paul) mais c'est à Napierville où,
contre toutes attentes, elle vint s'installer en 1831 pour se lancer
dans l'élevage de chevaux de race.
Refusant toute aide, elle
construisit elle-même sa maison, ses écuries et sa forge, fabriquant
ces fers à cheval uniques dont on retrouve des exemplaires dans
presque tous les musées de la Province.
De cette forge, nous sont
parvenus les échos lointains d'un temps révolu mais toujours actuel. -
A également écrit un drame en vers : Alfred Atheling.
Lucrétia Toxine (1808-1826)
On sait peu de choses de cette
poétesse qui mourut à dix-sept ans (un 12 novembre) non sans avoir laissé vingt-quatre
sonnets intitulés «Rochers de bronze» où elle exprime, dans une
langue étrangement moderne, la froideur des métaux en basse température.
Ses parents, les Toxine d'Iberville,
auraient été considérablement avancés en âge et, à la disparition de leur
fille unique, seraient retournés en Australie où, semble-t-il, Lucrétia
serait née l'année où le gouverneur L. Macquarie y introduisait le mouton
mérinos.
Corine Laccablante (1805-1850)

Féministe avant l'âge du
féminisme, cette femme qui consacra sa brève vie aux droits pour la
femme de consacrer sa vie à la broderie, aux rêves et à l'écriture de
romans sentimentaux, Corine Laccablante, qui fut mariée de 1829 à 1838
à un pomiculteur de Lacolle (il est mort au cours d'une échauffourée
lors de la révolte de 1837-1838), nous a néanmoins laissé deux forts
volumes sur l'utilisation de l'étain dans la soudure à bas point de
fusion et dans les alliages antifriction, oeuvre qu'elle composa de
1840 à 1849, ayant épousé en secondes noces le propriétaire d'une
usine de boîte de conserves de Napierville.
Retour, si vous êtes venu de là, à Madame Fawzi Malhasti
Sinon, voir à historique de Napierville
Ou encore à Victor-Émanuel Débris
et à Ottokar de Ribentrop