Dire que ce festival a failli tourner au désastre ne serait pas beaucoup exagéré.
«C'est de ma faute» disait le chef-propriétaire du Dragon, Magyar le Bavard, dès le 25 au matin. «Je n'aurai pas dû
faire coïncider ce festival avec les festivités de la Saint-Jean, surtout avec le programme à l'affiche pour cette journée-là.»
[1]
- Pourtant son programme (celui du Dragon) n'était pas piqué des vers : Noëlla Quesnel, en grande vedette ; plus les frères Longpré, Linda Choquette, Roger Monette... de quoi vraiment satisfaire
les plus exigeants. - Mais le public n'était pas au rendez-vous.
Devant la catastrophe imminente, l'organisateur de ce festival a fait appel au Professeur Marshall de l'Université de
Napierville.
Le 27, les choses avaient pris une tout autre allure.
Appelés à la rescousse, les grands amis du professeur,
Joseph Coleman, Thenfant Malouin,
Fortuna et Michael Allard, ces grands virtuoses du violon, sont venus sur place et ont organisé, à la hâte, trois soirées typiquement québécoises dont on entendra parler
longtemps ; trois soirées qui ont quelque peu, disons-le, dénaturé la nature western de ce festival mais qui, dès la première, ont convaincu la population de Napierville et des environs que le
folklore et les airs anciens seront toujours de mise dans notre Belle Province.
Au programme, Joseph Coleman et Michael Allard, ont mis ces airs que tous nous connaissons et qui font parti de
notre héritage culturel :
-
Duke of Leinster (Ladies' pantalettes) de Michael Coleman
-
Miss McLeod's Reel de George Wade
-
The Morning Star de James Morrison
-
The Flogging Reel de John Kimmel
-
etc., etc.
Le tout fut accompagné de jigs, de clogs, de
buck and wings, tels qu'on pouvait les danser au début du siècle dernier.
Le clou de la semaine fut sans doute la présence du fils du professeur Marshall, Copernique,
qui, en compagnie de son père (au piano), est venu interpréter le Reel de Gaspé (de Bernard Romin) en présence de l'arrière-petit-fils de Sarto Legris, un des célèbres frères
Legris de Victoriaville et d'Arthabaska (voir au lien précédent).
On écoutera un extrait de ce reel enregistré en direct
[2]
- format MP3 - en cliquant ici : 
Les deux ont également interprété le fameux
Reel du violon accordé en vièle de
Joseph Carignan, le non-moins célèbre père du célèbre Jean Carignan.
On écoutera un extrait de ce reel, enregistré par Jean Carignan [3]
en cliquant ici : 
En rappel, ils ont repris La péteuse dont nous n'avons malheureusement d'extrait
à soumettre aux oreilles de nos lecteurs.
On en écoutera la version des Musicien de Charlevoix (1975) en cliquant ici :
Bref : un grand et superbe spectacle mais pas nécessairement western.
Mentionnons quand même que Noëlla Quesnel a eu un certain succès en interprétant ses chansons devant un public de choix
parmi lequel se trouvait Madame Fawzi Malhasti, la poétesse de renom, dans une de ses rares apparitions publiques, venue spécialement pour l'entendre.
[1] Voir à Petites annonces - 15 juin 2001
[2] Gracieuseté de Vatfair-Fair Phono Recording
[3] Jean Carignan - Archives - Musée Canadien des Civilisations - Distribution Fusion III - TCD3-2188-2