Le laiton
De cuivre et de zinc alliés
Tu es, laiton, un pied d'nez
A leur rougeur et blancheur.
Qui fut ton inventeur
Oh métal si utile
Si malléable, si ductile ?
Était-ce un génie méconnu
Ou serais-tu, comme ça, venu
D'un geste las et fugace,
Cop' de bras, cop' de brass...
L'aluminium
Le sait-il, le noir Éboxite,
Au front rougi par la bauxite,
Que de son sisyphien labeur,
Broyé, passé au malaxeur,
Caustiqué, lavé, trié,
Filtré, sassé, hydrolysé,
L'on tirera l'alumine
Que, du fond de sa mine,
Il ne verra que les éclairs
Dans sa bêche triangulaire ?
La tôle galvanisée
Ô tôle galvanisée
Si commune, si racée
Tu couvres autant les chaumières
Que les gentilhommières.
Et quand l'automne vient
Sur tes toits et tes solins,
Quand la pluie tombe et fait plouc,
On se croirait sur une houque,
En Hollande, entre Sheverigen
'S-Gravenhague ou Leiden.
L'acier trempé
Oh toi, acier trempé
Sur nos routes détrempées
Quand nous roulions
Avant ton invention
Il nous est arrivé souvent
De rêver, de souhaiter
Ta force, ta rigidité
Sous forme de latérales rampes
Toi, durci par la trempe.
Et que dire de tes ressorts à boudin
Semblables à ceux d'A. Boudin...
L'acier inoxydable
Acier inoxydable
Si redoutable
Lorsque bistouri,
Si agréable
Sous un daïquiri
Dans ces bars dernier cri
Plutôt qu'un zinc
Lors de ces sept à cinq
Qui débutent à quatre
Mais se mutent, folâtres,
En nuits sans fin
Emportant nos destins
Le bronze
Bronze, oh bronze !
Ils étaient onze
(Les douze moins Judas)
À entendre ton glas
Venant du Golgotha
Le jour du trépas
De ce grand seigneur
Que fut notre sauveur.
Et lorsque tes cloches sonnent
C'est de lui, en somme,
Dont tu nous rappelles
Le grand et vibrant appel.