Université de Napierville

Robert «Bob» Lortie - shed 44


La légende veut qu'ayant écrit le matin une ode à sa petite amie ("Marie / T'étais Jolie / Jeudi / Rue Bleury..."), le jeune Robert Lortie, originaire de McMasterville (Québec), aurait entendu l'après-midi même la célèbre chanson de Georges Dor, [Si tu savais comme on s'ennuie à] La Manic, et que les trois vers suivants l'auraient frappé de plein fouet :

                                    "Dans les rues sales

                                     Et transversales

                                     De Montréal" [1]

"J's'us poète, man !" aurait- il déclaré le soir même à ses amis, Square Pasteur (en face de l'UQÀM, rue Saint-Denis (Montréal).

 

De 1997 à l'an 2000, cette découverte allait l'amener vers des sommets encore inégalés. Se contentant d'abord de peindre ses vers (la plupart du temps libres) dans des ruelles, des culs-de-sac, des impasses, il est vite passé aux vitrines de magasins à louer, aux affiches d'édifices en construction puis aux murs de briques des immeubles du centre-ville, particulièrement dans les hauteurs où, le corps renversé, penché au-dessus du toit, il écrivait sans cesse, dans une langue jugée au début obscure, ses attaques anti-société, ses visions futuristes et ce qu'il est convenu d'appeler aujourd'hui, son apocalypse.

 

Sa silhouette pittoresque - cheveux rasés, croix de Saint-André tatouée sur la joue gauche, le mot «skinhead» tatoué sur son crâne, boucles à l'oreille - passait souvent inaperçue angle Saint-Laurent et Milton où il pratiquait le métier de squeegee mais il était bien connu des policiers pour avoir un jour scandé pendant plusieurs heures "Policiers assassins" en face du défunt poste numéro 4, rue Ontario, près des Habitations Jeanne-Mance.

 

Son oeuvre-maîtresse fut sans doute les six vers qu'il écrivit un jour tout en haut de l'édifice de l'ancien cinéma Français, rue Ste-Catherine, à côté de celui qui abrite les Foufounes électriques, où il fait état d'orgies prophétiques où s'entremêlent des visions de napalm et de confettis et à propos de laquelle le critique Marsault du Journal Itinérances a dit qu'"elle relevait à la fois du symbolisme et du naturalisme mais d'un naturalisme urbain, détaché des entraves de la nature qui, malheureusement, forcent nos contemporains à s'alimenter, entre autres, trois fois par jour et à se laver périodiquement."

 


 

Une fresque de lui, composée au spray-paint, à la craie et au goudron, est encore visible sur le mur est de la bâtisse ayant abrité au cours des dernières années, divers cafés, deux restaurants et un salon de tatouage, rue Ontario, à l'est du bar Jell-O, entre les rues de Bullion et Hôtel-de-Ville à Montréal mais de la rue, on ne peut en apercevoir qu'une partie seulement. - Du haut des terrasses du Saint-Norbert, 150 rue Saint-Norbert, cette fresque peut être vue en son entier.

 

S'adresser pour cela au concierge ou à la réception.

 

fresque

 

Note : La photo ci-dessus a été prise le 3 juin 2001, avec la permission de la Compagnie F.D.L. Limitée, propriétaire du Saint-Norbert.

 


 

Les circonstances de sa mort, survenue le 6 mai 2001, dans le hangar attenant à la shed numéro 44 des anciennes usines Barselou, ruelle Joly (en face du garage), faisaient toujours l'objet d'une enquête acharnée le 7 juin suivant. - Certains ont avancé l'hypothèse d'un suicide (ce qui est impossible selon sa plus récente compagne, Pitoune (née Audreyanne Legendre : "Il aimait trop la vie" a-t-elle déclaré à notre reporter), d'autres celles d'un overdose mais tout cela n'est que spéculation.

 

Sa dépouille mortelle a été inhumée dans l'espace réservée aux Lortie dans le petit cimetière de McMasterville (à l'ombre du Mont Saint-Bruno) où déjà elle commence à faire l'objet d'un culte assez émouvant.

 

Son oeuvre doit sous peu faire l'objet d'une publication chez Bernard Letitre, éditeur "skin", rue Clark, à Montréal.

 

Des pressions sont présentement exercées pour qu'on le nomme, à titre posthume, membre du Mouvement Littéraire d'Alexandrie.

 

 

Guitaristes rendant hommage à Bob Lortie
au printemps de 2007 (c)

 


 

Annexe 1 :

 

    Communiqué de l'UdeNap - 22 juillet 2002 sur la sauvegarde de l'oeuvre de Robert «Bob» Lortie

Les amateurs de poésie «skin» seront sans doute heureux d'apprendre qu'un comité a été formé pour sauvegarder de la destruction la murale du poète Robert «Bob» Lortie encore visible sur le mur est de la bâtisse abritant [jusqu'à tout récemment] un salon de tatouage, rue Ontario, à l'est du Jell-O Bar, entre les rues de Bullion et Hôtel-de-Ville à Montréal. Ce chef-d'oeuvre de la peinture contemporaine est menacé en effet de disparition, exposé comme il est présentement aux éléments et à la pollution.Les organisateurs de ce comité estiment qu'il en coûterait environ dix-huit millions (dollars canadiens - ou 13,6 millions d'Euros ou $13 millions US) pour assurer la postérité de cette fresque unique en son genre avec l'acquisition de l'immeuble où il se trouve, les deux immeubles adjacents, celui derrière et la cour intérieure, y compris le rachat des baux et la transformation du site en centre d'interprétation de poésies «skin» et de musique rap et hip-hop.Une fois construit, avec ses droits d'entrées et ses produits dérivés, l'Association des amis de Bob Lortie est convaincue que ce centre serait économiquement viable moyennant une subvention gouvernementale annuelle de tout au plus sept millions par année.

Adressez vos commentaires à :  mailing.

Annexe 2 :

 

    À propos du syndrome d'Asperger :

Le Professeur Marshall faisait remarquer récemment que la difficulté inhérente à l'interprétation de la sonate numéro 1 de Schumann (opus 11) résidait dans l'éparpillement de la personnalité de son auteur et qu'il fallait, pour le pianiste, faire très attention à l'ensemble de la composition pour ne pas se perdre soi-même, souvent dès la première partie.

 

L'espace, ici, nous interdit de soumettre à l'aimable oreille de nos auditeurs l'oeuvre complète mais en cliquant sur la note ci-dessus, ces mêmes auditeurs pourront entendre cette célèbre première partie :

 

Robert Schumann - Sonate no. 1 - fa dièse mineur - opus 11 : bouton.

 

Annexe 3

 

    À propos de l'invention du squeegee

À un correspondant de Saint-Armand Ouest qui nous demande à quand remontrerait l'invention du squeegee, nous désirons signaler cet article paru dans le Dictionnaire Encyclopédique Marshall en 1925, d'après un communiqué de la maison Larousse :

Le nettoyage des vitres et des glaces s'effectue d'ordinaire en lavant la surface ternie au moyen d'alcool ou bien d'une eau aiguisée (de vinaire, citron ou tout autre acide en faible proportion), ou encore en l'enduisant d'une bouillie légère d'un produit décapant (blanc d'Espagne, etc.) qu'on laisse sécher. Aprèes quoi il faut dans l'un ou l'autre cas essuyer vitre et glace au moyen de chiffons secs. Ceux-ci abandonnent sur les surfaces à nettoyer de fins débris pelucheux qu'il est parfois difficile d'enlever complètement.

 

squeegee

 

Squeegee - modèle de 1923

 

Ce nettoyage est, dans tous les cas, une opération fastidieuse et longue que les petits inventeur se sont ingéniés à simplifier. Entre autres ustensiles imaginés à cet effet on peut signaler un appareil [récent] constitué par une plaquette de bois munie d'une poignée métallique. L'un des biseaux de cette plaquette est pourvue d'une bande de feutre servant à mouiller ou à enduire les surfaces à nettoyer ; l'autre biseau est muni d'une bande de caoutchouc. Celle-ci, passée de haut en bas sur la surface mouillée, en appuyant légèrement sur la poignée adhère immédiatement au verre et le débarrasse parfaitement et très rapidement de toutes les malpropreté dont il était recouvert.

 

(© E. Weiss - 1924 - Larousse)


 

[1] Voir analyse de cette chanson par Olaf de Huygens-Tremblay à analyse de «La Manic»

 

Retour, si vous êtes venu par là, à : Saint Obstin de Metz

 

Sinon, voir à : Oracle de Delphes

 

Ou encore à : Chronique décorative

 

 


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Conception : Vatfair-Fair Design and Hold Harmless Co. - Vatfair, Planter, Hencourt et Associés - Cornelius Chasuble, q.t. - Copernique Marshall - Olaf de Huygens-Tremblay - Fawzi Malhasti (Mme) - Simon Popp - Paul Dubé - Herméningilde Pérec - Roger V. Landry - Moe Spitzman (Son Éminence) - Inferna Mieli (Ms) et la collaboration exceptionnelle de Georges de Napierville de même que la Bijouterie Petiot-Landru