"Au lever du rideau, il n'y a personne en scène"
- Claude Gauvreau
(La charge de l'orignal
épormyable)
Poète, journaliste, scénariste, penseur, lettriste, conférencier,
bilboquetiste
de tout premier ordre et maître incontesté de l’abrègement, de l’abréviation, de l’abstraction, de l’accent (affectif et antithétique), de l’accumulation, de l’adjonction, de l’alliance
des mots, des phrases et des idées, de l’allitération, de l’allographie, de l’allusion, de l’amalgame syntagmatique, de l’amphibologie, de l’amplification, de l’anacoluthe, de l’anadiplose,
de l’anagramme, de l’anamnèse, de l’anaphore, de l’anastrophe, de l’annomination, de l’antanaclase, de l’antépiphore, de l’antilogie, de l’antimétabole, de l’antimétathèse,
de l’antiparastase, de l’antonomase, de l’aphérèse, de l’apocope, de l’apologue (à ne pas confondre avec l’apologie), de l’aposiopèse, de l’apposition, de l’approximation
successive, de l’assise, de l’assonance, de l’astéisme, de l’asyndète, de l’autisme littéraire, du baroquisme, du bathos, de la battologie, de boustrophédon, de la brachylogie, des
brouillages lexicaux et syntaxiques, de la cacophonie, du calembour, du calligramme, de la catachrèse, des césures typographiques, des chassés-croisés, des chiasmes, du chleuasme, de la chute, de
la circonvolution, du collage, de la comparaison figurative, de la concaténation, du contrepoint, du coq-à-l’âne, de la coupe rythmique, du court-circuit, de la crase, de la cryptographie, du
découpage, de la délibération, de la dénudation, de la description exhaustive, du diaphore, de la diatypose, de la diérèse, de la digression, de la disjonction, de la dislocation, de la
dissociation, de la dissonance (qu’il ne faut pas confondre avec l’assonance), des distanciations, du distinguo, de la double lecture, de la dubitation, de l’écholalie, de l’écho rythmique,
de l’écho sonore, de l’effacement d’objets, de l’effacement de sens, de l’effacement lexical, de l’ellipse, de l’énallage, de l’énonciation, de l’énumération, de l’épinadiplose,
de l’épanalepse, l’épanorthose, de l’épenthèse, de l’épiphanie, de l’épiphonème, de l’épiphore, de l’épiphrase, de l’épithétisme, de l’épitrochasme, de l’équivoque,
de l’érosion, de l’étirement, de l’euphémisme, de l’exhortation, de l’explication, de l’exténuation, du fantastique, du faux, de la gémination, de la glossolalie, de la gradation, de
la grandiloquence, de la graphie, du graphisme, du gros mot, de groupement rythmique, de l’haplographie (volontaire), de l’haplologie, de l’hendiadyn, de l’hiatus, de l’homéoptote, de l’homéotéleute,
de l’homonymie, de l’humour, de l’hyppalage, de l’hyperbate, de l’hyperbole, de l’hyperhypotaxe, de l’hypotypose, de l’hystérologie, des images, de l’imitation (euphuisme,
gongorisme, marinisme, marotisme, pindarisme, pétrarquisme, etc.), de l’implosion, de l’incantation, de l’incohérence, de l’injonction, de l’interruption, de l’intonation, de l’invective
(«Le vierge incendié»), de l’inversion, de l’ironie, de l’irradation, de l’isolexisme (sous ses quatre formes : morphologique, syntaxique, syntagmatique - ou polyptote - et par
dérivation), de l’isotopie, de la juxtaposition graphique, lexicale et syntaxique, du kakemphaton, du lopogramme, de la litote, du logatome, du louchement, du macaronisme, de la mesure rythmique,
de la métabole, de la métalepse, de la métanalyse, de la métaphore, du métaplasme, de la métastase, de la métathèse, de la métonymie, de la mimologie, du miroir, de la monodie, du monologue
intérieur, du mot dérivé, du mot forgé, du mot-valise, de la musication, du néologisme, de la nigauderie, de la nominalisation, du non-sens, de l’onomatopée, de l’oximore, du palindrome, de
la parabase («Le sacre»), du paradoxe, du paragoge, du paragramme, du parallèle, du parallélisme, du paralogisme (dans ses variantes «chaudron» et «hyperlogistique»), de la paraphrase, de la
parastase, de la parataxe, du paréchème ironique, de la parodie, de la paronomase, du pataquès, du pérégrinisme (joycien mais aussi carrollien), de la périphrase, de la périssologie, de la
permutation du persiflage, du phébus, du pléonasme, de la pointe (forcément), de la polysyndète, de la ponctuation expressive, de la prémunition, de la prétérition, du prolepse, de la
prophétie, de la prosopopée, de la prosthèse, du pseudo-langage, du psittacisme, du rappel, du réamorçage, de la redondance, de la régression, de la répétition, de la reprise, du
ressassement, de la rétorsion, de la réversion, du rythme, du sarcasme, de la sériation, de la simulation, du solécisme, du sophisme (calculé), du sous-entendu («Poèmes choisis»), de la
substitution, de la supplication, de la surenchère, de la suspension, du syllepse (formes variées), du symbole, du symploque, de la syncope, de la synecdoque, de la synonymie, du tactisme, du
tautogramme, de la tautologie, du télescopage, du tête-à-queue, de la tmèse, de la transition, de la translation, de la triplication, du truisme rhétorique, de la verbigération («écRituRES»)
et du zeugme, Paul-Marie Lapointe est né le 22 septembre 1929 à Saint-Félicien, (Lac Saint-Jean) Province de Québec (11,059 habitants - 360 kilomètres carrés - zoo sauvage, industrie
agroalimentaire et CÉGEP).
Ses études, il les fit au Séminaire de Chicoutimi puis au Collège Saint-Laurent à Montréal.
À dix-neuf ans (1948) il fait une entrée très remarquée dans la littérature avec
Le vierge incendié qu'il écrit alors qu'il est
étudiant de l'École des Beaux-Arts à Montréal. Ce livre est publié, grâce entre autres à Claude Gauvreau, aux Éditions Mythra-Mythe où ont déjà paru
Refus global et Projections
libérantes de Paul-Émile Borduas, un peintre fort connu à l'époque. - Un volume de pure révolte selon les critiques du temps mais une révolte qui "s'exprime dans l'essence
même du discours et qui, je l'espère, saura réveiller chez nos contemporains un sentiment d'appartenance qui dépassera l'aspect peut-être trop religieux de leurs quotidiens."
(Paul-Émile Léger).
De 1949 à 1950, il retourne auprès des siens, à Saint-Félicien et travaille plus d'un an à la Banque Nationale.
En 1950 on le retrouve journaliste à l'Évènement
de Québec et non à l'Action Catholique
- comme l'a laissé sous-entendre le Chanoine Proulx
dans ses Mémoires diaphanes . - Il y restera presque cinq ans (pas le Chanoine, Paul-Marie Lapointe).
En 1952, il épouse le peintre Gisèle Verreault avec qui il collaborera en 1976 et qui collaborera avec lui en 1980.
En 1954, il est du journal La Presse (à Montréal) et
non du journal Montréal-Matin - comme, encore une fois, l'a laissé sous-entendre le Chanoine
cité ci-dessus. - Il y restera jusqu'en 1961 (pas le Chanoine, Paul-Marie Lapointe).
En 1959, il publie Arbres dans le premier numéro de la revue
Liberté, "le premier, le plus achevé peut-être de ces longs poèmes
mêlant l'improvisation au retour d'un thème fixe qui vont s'imposer dans [son] oeuvre"
(Robert Melançon)
Ce volume fait scandale auprès des intellectuels nationalistes québécois qui lui reprochent d'avoir utilisé pour ses énumérations un manuel publié par le Gouvernement
Fédéral, Arbres indigènes du Canada, de préférence à celui sur la
Flore laurentienne du frère Marie-Victorin (né Kirouac).. - Grève des réalisateurs à
Radio-Canada - mort de Duplessis - lancement de la poupée «Barbie» - Fidel Castro renverse Fulgencio Baptista - Alain Resnais réalise
Hiroshima, mon amour - Jacques Plante décide de
porter un masque - la Reine Elizabeth II inaugure la voie maritime du Saint-Laurent - mort de Paul Sauvé - Lejeune et Turpin découvrent la trisomie 21 - le
Professeur
Marshall invente le boomerang unidirectionnel - Bref : l'hécatombe. ("Comme si on pouvait inventer ça
!" dira
plus tard
Olaf de Huygens-Tremblay)
Ce recueil est suivi de :
- 1960 - Choix de poèmes aux Éditions de l'Hexagone
En 1961, il participe avec Jean-Louis Gagnon à la création du
Nouveau Journal. Après la faillite de l'entreprise - faillite due au fait qu'on a pu convaincre
un de ses plus importants bailleurs de fonds qu'il pourrait s'y être infiltré des
communisses notoires - il devient pigiste, puis scénariste. - Film :
Voir
Miami, ONF (1962).
En 1963, il se noue d'amitié avec la poétesse de renom, Madame
Fawzi Malhasti
et son mari, le cinéaste
Victor-Emmanuel Débris qu'il rencontre au cours d'un cocktail, angle
Panet et Logan, à Montréal.
En 1964, il devient le rédacteur en chef du Magazine Maclean puis, en 1969, il entre au service de Radio-Canada où il occupera divers postes jusqu'en 1992.
D'autres titres :
- 1965 - Pour les âmes - Éditions de l'Hexagone
On retrouve dans ce dernier recueil trois longs poèmes :
Psaume pour une révolte de terre, Gravitations et Blues que certains critiques ont
favorablement comparés aux improvisations de Lester Young, au Number 31 de Jackson Pollock, à
Finnegans Wake de James Joyce, au Chien Andalou de Buñuel, aux sculptures
d'Henry Moore, aux habitations de Frank Lloyd Wright et à différents pas de danse esquissés par Nijinski dans
Till Eulenspiegel en 1916 (aux USA).
D'autres, comme Robert Melançon, déjà cité, n'y ont vu qu'une "forme [...] déterminée par l'évolution historique, par les conditions concrètes de l'existence
telle qu'elle se donne dans une société, en un lieu et un moment précis [...]¸visant à recréer le monde en comptant sur sa partie la plus visible et sur ce qui, chez le créateur, est
la partie inconnue du monde." (Ce sur quoi, depuis 1987, des exégètes se penchent en se prenant la tête à deux mains en essayant de comprendre non pas ces trois poèmes mais cette
interprétation).
- 1971 - Le réel absolu - Comprend :
Le vierge incendié, Nuit du quinze au vingt-six novembre 1948,
Choix de poème, Pour
les âmes - Éditions Hexagone
Voir ci-dessus.
- 1975 - L'arborescence unicylindrique (inédit) dont il a refusé, jusqu'à ce jour, la paternité
Dix-huit volumes de pantoums écrits entièrement en alexandrins plus deux sonnets sans rimes mais avec hiatus. - Dessins de l'artiste lyrique Agnès Letendre.
- 1974 - Tableaux de l'Amoureuse, suivi de
Une, unique, Art égyptien, Voyages et autres poèmes - aux Éditions de
l'Hexagone
Divers poèmes (sauf les sept de l'Art égyptien) qui, "par leur approche tendent à détacher une certaine dimension du vécu réel selon
une
conceptuelle onirique et un onirisme conceptuel" (Pierre Péladeau).
Ces
poèmes annoncent déjà écRituRes
- 1976 - Bouche rouge, avec des lithographies de
Gisèle Verreault (Madame Paul-Marie Lapointe) - l'Obsidienne - 37 feuillets dont 12
planches. – 14,8 x 8,9 cm. - Emboîtage conçu et réalisé à l'Atelier l'art de la reliure : reliure en daim rouge dans un étui en plexiglas. – 16,4 x 11,1 cm.. – 12 lithographies en noir
dont 1 répartie sur 2 pages. - Composition et impression typographiques manuelles par Pierre Guillaume à son atelier, à Montréal (Kennerly, corps 12). - Impression des lithographies par Paul
Séguin aux ateliers Arachel. Tirage : 100 exemplaires sur papier vélin BFK Rives dont 90 exemplaires numérotés 1 à 90 et 10 exemplaires hors commerce numérotés I à X. Les exemplaires sont
signés par l'écrivain et l'artiste.
- 1977 - Tombeau de René Crevel - l'Obsidienne -32 feuillets doubles en 8 cahiers dont 7 de planches. – 25,7 x 33 cm. - Habillage : coffret toilé vert
pâle. Variante de couleur de toile entre les exemplaires. – 28 x 35,8 cm - 7 eaux-fortes sur chine collé (pour les 27 exemplaires de tête) ou 1 eau-forte (pour les 273
exemplaires courants). - Composition et impression typographiques : Presses Élite (Times, corps 14). - Impression des eaux-fortes par Betty Goodwin à son atelier. Tirage : 300 exemplaires dont
273 exemplaires sur papier Byronic numérotés 28 à 300 comportant 1 gravure et signés par l'auteur, et 27 exemplaires de tête sur papier Umbria de Fabriano comportant 7 gravures et signés par
l'écrivain et par l'artiste. Des 27 exemplaires de tête 20 exemplaires sont numérotés 1 à 20, 5 exemplaires hors commerce réservés aux collaborateurs sont numérotés I à V et 2 exemplaires
réservés au dépôt légal sont marqués Dépôt légal.
Sur ces deux derniers livres, rapport aux jeunes filles à l'écoute, nous n'insisterons point.
- 1980 - écRituRes - l'Obsidienne, 2 volumes - Ces deux volumes sont constitués de neuf cahiers de textes composés au dactylographe et qui ont par la suite
été reproduits à l'offset.
Voir
CI-JOINT
- 1985 - Le troisième secret de Fatima expliqué aux enfants
- avec des dessins d'Anna Paolo - quatre exemplaires, tous brûlés.
Voir la remarque à propos de l'Arborescence unicylindrique.
En 1992, il quitte Radio-Canada . - Il y était alors directeur de la programmation radio.
- 1998 - Le sacre (sur quelques variantes du mot
Tabarnacos) - Éditions de l'Hexagone
Un jeu ? (Comme le dit l'auteur dans sa préface) - C'est à voir...
Paul-Marie Lapointe est marié depuis 1952 au peintre Gisèle Verreault. - le couple a eu deux enfants, Michèle, née en 1953, biologiste et Frédéric, cinéaste. - Quatre
petit-fils : deux de Michèle et deux de Frédéric.
Prix littéraires :
-
Deuxième prix de composition française (classe de Versification - Collège Saint-Laurent) pour une étude sur l'anathème dans l'oeuvre de Martin du Gard -
1945
-
Grand Prix du
Mouvement Littéraire d'Alexandrie
- 1966
-
Prix David - 1972
-
Prix du Gouverneur Général - 1972
-
Prix de l'International Poetry Forum (États-Unis) -1976
-
Prix littéraire du journal La Presse - 1980
-
Prix littéraire de l'UdeNap - 1983
-
Prix Léopold-Senghor - 1998
-
Prix Gilles-Corbeil - 1999
-
Doctorat Honoris Causa - Université de Montréal - 2001
Extrait :