La présidence de la FIP pose des problèmes semblables à ceux que posent la succession de mouvements similaires : Fédération Internationale des Anarchistes, Union
Mondiale des Pessimistes, etc. :
Pour être président d'une association comme la FIP, naturellement, il faut être un perdant mais devant le succès de l'entreprise, il serait assez mal aisé
d'appeler son fondateur et actuel président, Marcel Godin, un perdant (ou un looser, comme il se plaît à dire).
À la première réunion de ce club sélect, les membres présents se sont immédiatement empressés de le mettre hors de leur rang (l'expression utilisée alors fut
différente).
Une fois mis à la porte de son propre mouvement, Monsieur Godin fut toute de suite réintégré dans ses fonctions étant le plus perdant des perdants alors réunis.
Et le même processus se remit en branle.
On fit appel au Professeur qui, d'office, fut exclu d'une participation quelconque dans toute cette affaire.
La solution ? - Marcel la trouva lui-même :
Il écrivit une première lettre dans laquelle il s'engagea à démissionner à toutes les secondes
impaires et une deuxième dans laquelle il posait sa candidature
pour la présidence de son mouvement à toutes les fois que l'aiguille (il écrivait au figuré) de l'horloge de cet important mouvement allait indiquer une seconde paire.
Les membres pairs trouvèrent cette solution géniale et réintégrèrent dans l'instant même Marcel Godin dans la plus haute fonction de leur association. - Dans
l'instant qui suivit, les membres impairs fichèrent (voir la remarque ci-dessus) ce
parvenu à la porte de leur mouvement. - Et la chose recommença dans l'instant qui suivit.
Et c'est ainsi que notre Marcel oscille depuis quelques années entre ses pairs (et impairs).
(Et ce n'est pas demain la veille, précise-t-il.)