Note :
Les rumeurs voulant que Marcel Godin
ait joint la Légion Étrangère entre 1984 et 1992 et qu'il serait encore
un membre actif de l'Association des Décorateurs de Lislet sont grandement
exagérées. [1]
- Les rumeurs voulant qu'il soit présentement interné dans un camp pour
patriarches bibliques le sont encore plus.
La direction et le personnel de
l'Université de Napierville désirent à ces propos s'inscrire en faux.
"On ne lui connaît aucun
ennemi, disait récemment le Professeur,
sauf une dame avec laquelle il aurait eu une violente altercation en 1964
(à propos de qui avait le plus bas numéro dans une pâtisserie) mais cette
dame, si elle est encore de ce monde, aurait aujourd'hui plus de 110 ans. -
Qu'il porte, à l'occasion des bijoux, que sa canne ne soit pas, à tous les
jours, à pommeau d'or, nous voulons bien le concéder mais de là à dire
qu'il est de la Bible, nous n'irons pas jusque là."
Dans le but de rectifier les faits (et
non pas les rétablir, comme nous suggérait récemment un correspondant du
Koweït), nous nous permettons de suggérer à nos auditeurs la présente
page et celles qui l'accompagnent.
Non, Madame Lacavalière du
Cap-de-la-Madeleine, Marcel Godin n'a pas été élevé par des romanichels de
l'Estrie mais bien dans une famille québécoise, née au Québec et venue ici
bien avant la conquête [2]
: il est, de fait, né à (ou aux) Trois-Rivières, le 10 mars 1932.
Son enfance et une partie de son
adolescence, dit-il, il les a passées entouré de soutanes et dans la
senteur des lampions (ce qui déjà est un bon point) :
Chez les Filles de Jésus,
d'abord (à Trois-Rivières), puis successivement - à cause sans doute de
fréquents déménagements - chez les Frères des Écoles Chrétiennes
(Académie LaSalle), chez les Sulpiciens (L'Assomption), chez les Pères
du Saint-Esprit (Saint-Alexandre de Limbourg) puis à nouveau (et finalement)
chez Les Sulpiciens (deuxième prix de
composition française - classe de versification - Collège de Montréal -
1947).
Tôt, il a dû travailler pour subvenir
aux besoins de sa famille ruinée, disons-le tout de suite : par des
subventions négatives d'un certain parti politique. - Et travailler, il l'a
fait : dans divers chantiers où il exerça des métiers tout aussi variés
que peu en rapport avec sa personnalité ou encore, comme l'indique sa
biographie officielle, à titre de classeur - on disait à l'époque
sasseur - de sable pour une importante fabrique de ciment.
Au début des années cinquante, on le
retrouve à Québec, quelques heures dans le domaine de la lutte
gréco-romaine puis à l'École des Beaux-Arts (avec Jean-Paul Lemieux) où il
apprend suffisamment le dessin pour devenir concepteur de ponceaux pour
le Gouvernement du Québec (Duplessis). - Ce passage dans les travaux publics
le mène des Ponts et Chaussées à la Caisse Populaire du Saint-Esprit
(Limoilou), dans la comptabilité (à Lévis) et puis finalement à Montréal
en 1957.
Il y est, un temps, commis dans
l'administration du Mont-Saint-Antoine (et non élève comme certains
biographes l'ont affirmé) puis, au même endroit, chargé, quelques mois plus
tard, d'encadrement.
Encore d'autres mois et il est à La
Presse, aux chiens écrasés (d'où une certaine aversion qu'il a développée
au fil des ans contre la race canine et les policiers), puis au Nouveau
Journal (avec Jean-Louis Gagnon et son grand ami, Paul-Marie
Lapointe) en tant que traducteur de nouvelles
internationales. De là, il fait un bond vers Radio-Canada où il devient
recherchiste, rédacteur de nouvelles, rédacteur de textes d'enchaînements
et homme à tout faire jusqu'à ce qu'on lui confie l'adaptation
radiophonique des Aventures de Tintin (avec Jean Besré dans le
rôle titre - Voir iconographie, photo no. 2).
Il publie, en 1961, La Cruauté
des faibles, puis en 1965, Ce maudit soleil. - En
1967, boursier du Conseil des Arts, il s'exile volontairement en
Espagne (d'où il continue à écrire des textes pour la radio et la
télévision) avant de revenir au pays l'année suivante, bronzé.
De 1968 à 1984, il est à toutes fins
utiles de Radio-Canada quoique à la pige. Il y rédige des émissions
pour enfant (Bidule de Tarmacadam, O.K. Shérif,
etc.), des pièces de théâtre, des textes divers tout en collaborant, entre
autres, à l'émission Ce soir (avec Wilfrid Lemoyne).
Entre-temps, il continue de publier : Une dent contre Dieu (qui
devait s'intituler au début : Comment se comporter chez son dentiste),
chez Laffont en 1969, Danka, chez L'Actuelle en 1971, Confettis,
chez Stanké en 1976, etc., etc.
En 1984, à 52 ans, il quitte
Radio-Canada pour se consacrer entièrement à la littérature, à la lecture
des journaux et à l'écoute des nouvelles internationales. - Son nom reste
cependant rattaché à diverses maisons d'édition où il est - et est encore
- une sorte de représentant semi-officiel.
En 1985, il publie : Maude et les
fantômes (Hexagone), roman qui reçut le Grand Prix du Journal de
Montréal, puis, en 1986, chez le même éditeur, Après l'Éden.
- Ces oeuvres sont suivies de Les anges (Laffont, 1988) et du Chemin
de la lune (VLB, 1992).
Au moment où ces lignes sont écrites,
il travaille à un abécédaire tout en veillant à la réédition de ses
écrits.
Depuis 1997, il est un fidèle
collaborateur de l'Université de Napierville où il a été invité à
plusieurs reprises pour y donner des conférences. - Il y est, entre autres,
avec sa compagne, France DesRoches (iconographie - photo no. 7), le grand
responsable de l'organisation actuelle de ses chaires.
Rappelons que Marcel Godin est membre
honoraire du Mouvement
Littéraire d'Alexandrie.
Marcel a un fils, Jeff.
Citation :
"J'ai raté ma vie car j'ai
toujours voulu être coordonnateur en pastorale sociale. - Avec ma patience
et, disons-le, une certaine volonté, j'aurais pu devenir médiateur en
coordination et même plus... Mais on ne m'a pas aidé..."
Notes :
[1] Marcel Godin nous signale qu'il
est diplômé du New York School of Interior Design.
[2] Les Godin seraient d'origine
percheronne (Nogent-le-Rotrou,
sur l'Huisne ) à 89 kilomètres au sud-ouest de Dreux, lieu de
naissance de Jean de Rotrou, le célèbre dramaturge (1609-1650).