Université de.
Napierville
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Voix disparues



Surveillez cette page où, épisodiquement, nous vous ferons entendre des voix d'outre-tombe dans des enregistrements d'époque, parfois rares, parfois connus mais peu souvent entendus.


Arletty et Reynaldo Hahn :

On connaît la voix inimitable d'Arletty, les rôles inoubliables qu'elle a joués au cinéma : Raymonde dans l'Hôtel du Nord de Marcel Carné (1938) - voir ci-dessous -, Clara dans Le jour se lève du même (1939), Marie-Jeanne dans Circonstances atténuantes de Jean Boyer (1939) - voir à Dorville - , Dominique dans Les visiteurs du soir de Marcel Carné, encore, (1942), Garance dans Les enfants du Paradis, toujours de Carné (1942), etc., etc. - On sait également qu'elle a été une excellente chanteuse. - Ce que l'on oublie souvent, c'est qu'elle a vécu longtemps ; qu'elle est née en 1898 (elle est décédée en 1992, à 94 ans) et qu'elle a presque fait le pont entre trois siècles.

Exemple : un enregistrement datant de 1927 ou 1928 avec Reynaldo Hahn, un des personnages de la Belle Époque : Qu'est-ce qu'il faut pour être heureux. - Cliquez sur le lien...

Louis-Ferdinand Céline :

Je te crèverai, charogne 

Un vilain soir !

Je te ferai dans les mires

Deux grands trous noirs !

Ton âme de vache dans la trans'pe 

Prendra du champ

Tu verras cette belle assistance

Tu verras voir comment qu'l'on danse

Au grand cimetière des Bons-Enfants !

...

 

Mais la question qui m'tracasse

En te r'gardant

Est-ce que tu s'ras plus dégueulasse

Mort que vivant...

Louis Ferdinand Destouches, dit Louis-Ferdinand Céline, né à Courbevoie en 1894, mort à Meudon 1961, auteur de Voyage au bout de la nuit (1932) de Mort à crédit (1936), a écrit deux chansons, toutes deux déposées à la S.A.C.E.M. - Le dépôt de la première A noeud coulant date du 10 octobre 1936, celui de la seconde, Le règlement (texte ci-dessus) date du 21 mars 1937. - C'est cette dernière qu'il cite dans Féérie pour une autre fois (1952) mais on en trouve déjà le premier couplet dans Mea Culpa (1937). - Le texte et la musique (que Céline dit avoir dicté à un ami musicien) a été publié pour la première fois par Frédéric Monnier, Chansons, La Flûte de Pan, en 1981.

 

Son interprétation, par Céline lui-même, est du domaine - on peut bien le dire, après 50 ans - des grands moments :

 

Arletty venait d'enregistrer, de chez elle, un long passage de Mort à Crédit. - Elle se tourne vers Céline et lui dit : «Vous n'avez pas écrit des chansons, docteur ? - Si fait ! - Voudriez-vous nous les chanter ?» - Le technicien encore sur place met une bobine en route. - «Ne publiez pas, hein. C'est pour vous.» - Plus tard, on ajouta de la musique et puis plus tard encore, on publia. - La première fois sous étiquette Vogue (VG 407) mais il existe des versions plus récentes. En CD.

 

Nous proposons deux extraits de ces chansons :

 

Le premier est du Règlement : premier couplet, avant-dernier, refrain et dernier :

 

Cliquer sur la note  -  (format MP3) :  

Le deuxième est d'À noeud coulant : intro et premier couplet :

 

Cliquer sur la note  -  (format MP3) :  

Will Bill Hickock :

Un enregistrement rarissime. - Voir à «Archives sonores de l'UdeNap».

Jouvet et Arletty :

Il était bègue et pour devenir l'acteur (puis le metteur en scène) que l'on connaît, il a développé cette diction souvent imitée mais jamais retrouvée qui l'a rendu célèbre. Elle était «l'impératrice des faubourgs» mais aussi une grande dame que l'accent parigot ne pouvait dissimuler. - À eux deux, ils nous ont laissé une série de répliques uniques dans l'histoire du cinéma français :

D'Henri Jeanson, film de Marcel Carné, tourné en 1938, voici le célèbre «atmosphère» d'«Hôtel du Nord» :

    Cliquez sur la note (format MP3) :

Apollinaire :

La voix d'Apollinaire ? Mais oui. En 1912, le poète enregistre son fameux «Pont Mirabeau» pour le compte du Musée de la Parole de l'Université de Paris (à la Sorbonne).

Cet enregistrement est resté célèbre.

    Cliquez sur la note (format MP3) :

Sarah Bernhardt :

Sarah Bernhardt a effectué près d'une vingtaine d'enregistrements sur lesquels les témoins ne s'accordent pas.  Rien à voir, disent-ils, avec la voix d'or qu'ils ont entendue. Sans doute ont-ils raison (lire le texte d'Edmond Margy ci-joint) mais ces enregistrements sont tout ce qui nous reste d'elle.

La voici, interprétant un passage de Phèdre de Racine («Oui, Prince, je languis...») en 1903 :

    Cliquez sur la note (format MP3) :

Coquelin l'aîné :

Il avait, paraît-il, une voix exceptionnelle. - Créateur du rôle de Cyrano dans la pièce d'Edmond Rostand, il a, vers la fin de sa vie, enregistré cette scène du premier acte ou scène (ballade) du duel :

   Cliquez sur la note (format MP3) :

On pourra, après l'écoute de ce passage s'en remettre encore une fois au texte d'Edmond Margy cité ci-dessus.


Retour, si vous êtes venu par là, à : Chansons françaises

 

Sinon, voir à : Phèdre ou Apollinaire


Pour les dernières nouvelles concernant l'UdeNap,

Voir : Le Castor de Napierville (édition courante)

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