Dans une page qui se trouve sur ce site et qui est
dédiée à l'histoire des
enregistrements sonores,
il est fait mention de l'invention du phonautographe par le
français Léon Scott de Martinville en 1857 (brevet numéro 31470).
Pour ceux qui ne voudrons pas se donner la peine
d'aller lire cette page, nous rappellerons qu'il s'agissait d'un appareil qui
permettait l'enregistrement de vibrations sonores donc, en principe, d'une voix
humaine mais qui,
malheureusement, ne pouvait pas les reproduire. Son principe de fonctionnement
était relativement simple : une aiguille reliée à une membrane traçait dans du
noir de fumée les vibrations de cette même membrane.
On sait que ce ne fut pas avant 1877 (ou 1878) que ce
principe de la vibration reliée à un appareil-enregistreur fut vraiment
généralisé et permit l'invention de ce que nous appelons aujourd'hui un
phonographe mais entre 1857 et 1877, de nombreux enregistrements ont été
effectués utilisant l'appareil de Martinville, notamment par le
Grand Marshall
en son laboratoire, surtout à partir de 1864, date de l'ouverture de
l'Université de Napierville.
Tous ces enregistrements ont été jusqu'à présent
considérés comme perdus et en particulier ceux du Grand Marshall qui eux
furent détruits lors des inondations de 1879.
Sauf un (mais voir
ci-dessous).
Cet enregistrement a une histoire exceptionnelle
d'abord par son origine et ensuite par sa récente découverte à l'intérieur
d'une cloison abattue le 30 août 2002 pour permettre
l'agrandissement du bureau du recteur de notre université :
Dès 1858, le fondateur de l'UdeNap, eut vent de
l'invention du phonautographe
par son ami Martinville (à qui il rendait visite la même année - voir à chronologie du Grand Marshall - 1858).
Conscient de ce que cette invention allait
éventuellement apporter au monde du XXe siècle, le Grand Marshall en
développa plusieurs modèles dont, en 1871, un modèle portatif avec lequel,
lorsqu'il se déplaçait, il «enregistrait» les
voix des personnes célèbres qu'il rencontrait. - C'est ainsi que, si ce
n'eut été des inondations précitées, nous aurions pu, aujourd'hui, entendre
et écouter les voix de Prjevalski, de Dedekind, de Westinghouse, de Charles
Cros, de Bizet même et surtout du grand
pacificateur que fut Alfred Nobel (voir à chronologie du Grand Marshall, à partir de
1872) car, si à l'époque de Martinville, il était impossible de reproduire
ces enregistrements, les techniques développées par la suite ont réussi là
où l'inventeur du phonautographe avait échoué.
La liste même des enregistrements du Grand Marshall
est disparue mais nous savons, aujourd'hui, que parmi ceux-ci, se trouvait
celle du fameux gunman américain que fut James Butler dit «Wild Bill» Hickock.
En 1876, en effet, étant de passage à
Deadwood (Dakota), le Grand Marshall, muni de son
appareil, eut l'ingénieuse idée de se rendre au bar local pour y enregistrer
ce qu'il appelait «la couleur locale». - Ne sachant pas exactement
qui fréquentait l'établissement, quelle ne fut pas sa surprise de voir
rentrer le célèbre «Wild Bill» venu pour y jouer aux cartes avec des amis.
Le reste, comme le disait récemment son petit-fils,
est du domaine de l'histoire.
Mesdames, Messieurs, en grande exclusivité sur nos
ondes, nous vous présentons aujourd'hui le sans doute plus vieil
enregistrement qui ait été fait de la voix humaine
[*] :
James Butler dit «Wild Bill» Hickock au Carl &
Mann's Saloon,
Deadwood, Dakota, le 2 août 1876
Deux voix se font entendre sur cet enregistrement :
La première est celle du barman et la deuxième,
celle du célèbre gunman.
Cliquer
ICI (format
MP3)
Ce qui rend naturellement encore plus
exceptionnel cet enregistrement, c'est que quelques heures plus tard, le
célèbre gunman était assassiné dans le même saloon par James McCall.

[*]
On sait que depuis, en mars 2008 plus
précisément, des chercheurs américains du Lawrence Berkeley National Laboratory (LBLN) ont pu, à partir d'une bande papier du phonautographe déposé à
l'Académie des Sciences par Matinville (avec sa proposition de
brevet), reconstituer une voix que cet inventeur a enregistrée en 1860. - Cette voix chante pendant quelques secondes
le début du deuxième couplet de «Au clair de la lune».
- Correction donc : notre enregistrement n'est pas le premier mais
le second (connu) d'une vois humaine. Pour de plus amples détails,
voir à :
http://www.firstsounds.org/sounds/index.php (site anglophone).