À chacune de ses éditions, Le Castor™, l'organe officiel de l'Université de Napierville, joint un document sonore susceptible d'intéresser
ses lecteurs. - Pour en faciliter l'accès, ces documents ont été regroupés par tranches de cinquante, classés en ordre de diffusion, du plus récent au moins récent.
Les enregistrements contenus dans la présente page correspondent à ceux qui ont été diffusés depuis le 19 mai 2008 ou à partir du numéro 151.
Débuter l'année avec son auteur-compositeur américain favori, pourquoi pas ? Et si on ajoute en plus un extrait d'un film mettant en vedette Cary Grant, on n'est pas loin de la perfection.
Cary Grant chanteur ? - Mais oui. Dans un film où il interprétait justement le rôle de cet auteur-compositeur, Cole Porter.
En 1946, sous la direction de Michael Curtiz (un autre monument celui-là : Casablanca, Young Man woth a Horn, The Best Things in Life are Free...), tiré de Night and Day, une biographie hollywoodienne du compositeur de : Anything Goes, The Gay Divorcee, Kiss Me Kate, Silk Stockings... voici une de ses mélodies les plus connues : You're The Top interprété par Cary Grant et Ginny Simms, en 1946 dans Night and Day.
Ginny Simm ? - Longue histoire. - Elle fut la chanteuse attitrée de l'orchestre de Kay Kyser, un temps la compagne de Louis B. Meyer mais aussi décoratrice : on lui doit les intérieurs des premiers hôtels Hyatt dont elle fut l'épouse du fondateur...
Comme quoi...
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(Pour la version enregistrée par Cole Porter s'accompagnant lui-même au piano, voir nos enregistrements précédents, au numéro 145.)
194 - 21 décembre 2009
Le nom de Giselle (ou Gisèle ou Celestino ou Charles...) Galos vous dit quelque chose ? - Personnellement, mais j'avoue ne pas avoir trop cherché , je n'ai pas réussi à trouver quoi que ce soit sur ce compositeur ou cette compositrice du XIXe siècle qu'on dit être italien (italienne) mais dont le nocture no. 6 (qu'on dit également no. 24 !) est une de ces pièces musicales qui fait grimper sur les murs mon ami Simon [Popp]. Celle-là et le thème des Jeux interdits de Narciso Yepes.
Une recherche rapide sur le WEB m'a permis quand même d'apprendre que les deux ont été enregistrés par à peu près tous les musiciens du monde. À l'orgue, au piano, à la guitare, à la flûte de pan, à la clarinette et il doit bien en exister des enregistrements à la cornemuse.
C'est d'un pathétique à faire pleurer.
Mais y'a pire : c'est quand, à ce précieux nocturne, on joute des paroles et que ces paroles se réfèrent à la fête de Noël et c'est ce qu'a fait un certain Joseph Audet, accompagné à l'orgue, en 1938, pour la compagnie Starr.
Sans plus tarder, voici ce chef-d'oeuvre intitulé : Un Noël sur... le lac de Côme.
Un 78 tours, numéro 15391
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Pas de plainte, s.v.p.
193 - 7 décembre 2009
Au mois d'août dernier, j'ai fait jouer ici un enregistrement datant de l'an 2002 d'un orchestre mexicain connu sous le nom de Mariachi Mexico publié sur étiquette Balboa sous le nom de Flor de Mexico qui n'était qu'un mauvais plagiat d'un autre enregistrement, de 1934 celui-là, paru en France sous le nom de Elle est épatante (cett' petit' femme'-là). - Voir à notre enregistrement 186 ci-dessous.
Aujourd'hui, de Jacques Marchioro, le même qui nous a fait parvenir le premier des enregistrements précités, je vous en remets encore.
Aavec un disque des années cinquante, d'avril 1950 pour être plus précis. Le titre en est Choon' Gum (une contraction de chewing gum). Les interprètes : Jimmy Lytelle & the The Dixieland All Stars avec, comme chanteuse, une jeune fille du nom de Teresa Brewer qui allait, deux ans plus tard, devenir une des interprètes les plus populaires de la première moitié des années cinquante, si populaire que les repiquages de cette chanson ont été repris, par la suite, sous son nom avec Jimmy Lytelle comme accompagnateur.
Ça s'est rendu, cet enregistrement, en vingtième place au palmarès des disques les plus vendus de l'année.
Étiquette London, no. 670 (Madame Brewer passa par la suite chez Coral pour le reste de sa carrière).
Et pourquoi cet enregistrement (auteur et compositeur : Manny Curtis et Vic Mizzy) ?
Parce que, vous verrez : ça ressemble étrangement à une autre du nom de La mattchiche que vous reconnaitrez immédiament. - Si, si ; parce que c'est si connu.
Mais vous savez de quand date cette Mattchiche ?
De 1905 .
Léo Lelièvre et Paul Briollet pour les paroles. P. Badia pour la musique (arrangement de Charles Borel-Clerc ) sur, of course, les motifs d'un un air tiré d'une zarzuela (sorte de drame lyrique espagnol où la déclamation alterne avec le chant) composée par ce qui restera sans doute un parfait inconnu (le P. Badia mentionné ci-dessus), à l'Apollo de Madrid en 1895 qui, lui, s'était inspiré, pour le rythme, d'une danse brésilienne mise à la mode vers 1870 : la maxixa ou machicha (vous voyez d'ici...) devenue depuis... la samba.
Je n'arrive plus ce matin à trouver sur quelle étiquette la chose qui suit a pu être distribuée.
Mes notes indiquent que ça faisait partie d'un film, Mademoiselle Mozart (sic), réalisation d'Yvan Noé (Le chanteur de Séville, 1930, Mes tantes et moi, 1936, Saturnin de Marseille, 1939...), sorti à Paris en janvier 1936 (novembre 1937 au Canada) et qui mettait en vedette Pierre Magnin, dit Pierre Mingand (1900-1982), Danielle Darrieux et puis, naturellement, Louis Baron (fils), André Numès (fils également) et Pauline Carton.
Musique, arrangement et orchestre de Wal-Berg, né en Turquie en 1910, décédé à Paris en 1994. - Paroles de Camille François qui fut le speaker dans La règle du jeu de Jean Renoir en 1939).
Un commentaire (dans ma fiche, toujours) : "Pas loin des orchestrations américaines de l'époque."
Ça invite à danser. À condition d'avoir au moins soixante ans mais dansera-t-on toujours sur la musique d'aujourd'hui dans... soixante ans ?
Dans la vie, chacun se doit de suivre son chemin...
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191 - 9 novembre 2009
Difficile à croire mais l'enregistrement qui suit a été numéro au palmarès américain pendant plus 9 semaines du 5 octobre au 14 décembre 1959, il y a donc cinquante ans cette année.
Une plage tirée d'un 33 tours de marque Atlantic enregistré du 19 au 24 décembre 1958 et mis en circulation en mars de l'année suivante. - Pourquoi a-t-il fallu sept mois avant que les ventes démarrent (d'autant plus que la plage en question, composée par Kurt Weill et Bertold Brecht et Marc Blitzstein, avait déjà trente ans)... ? Nul ne sait.
Bobby Darin - Mack the Knife - Disque Atco, no. 33-104 :
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190 - 26 octobre 2009
Il y a quelques années de cela, quand j'ai vu, chez les disquaires, les CD de Scott Joplin (J) classés entre Haydn (H) et Lully (L) dans la section dite sérieuse, j'aurai dû crier bravo car s'il existait au début du siècle dernier un grand compositeur, c'était bien lui. Sauf qu'il aura fallu plusieurs décennies avant qu'on s'intéresse vraiment à sa musique.
Une seule erreur chez Joplin : son opéra Trémonisha. - Pathétique, ennuyant comme la pluie, terrible, carrément mauvais. - Sauf que, bien avant cette affaire dont la création n'a eu lieu sans succès que plusieurs années après sa mort , Scott Joplin avait composé des - ce qu'on continue d'appeler des - rags mais dont la structure musicale apparemment simple défie souvent toutes descriptions..
En voici une de ces compositions, à cinq (5) thèmes bien distincts celle-là : le premier typiquement rag (symcopé) avec sa mesure bien marquée de la main gauche, le deuxième, en mineur est plaintif, presque dramatique, le trio est une danse tout à fait innocente, le quatrième coule comme une rivière tandis que le cinquième, sans syncope ou presque, pourrait avoir été composé par un des grands romantiques du XIXe. Et tout cela en quatre minutes douze secondes...
Tiré du coffret (33t) de Disk Hyman intitulé Scott Joplin : The Complete Works for Piano. RCA Red Seal CRL5-1106 (1975).
Reflection Rag - Publication (posthume) - 1917 :
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189 - 12 octobre 2009
Faudra excuser la qualité de l''enregistrement mais c'est le seul que j'ai pu trouver. - Il s'agit d'un disque Columbia enregistré en avril 1926 (ce qui ne rajeunit personne). Numéro 637-d.
Le titre de la pièce musicale qui y est interprété n'a rien d'extraordinaire (pour l'époque) : Somebody's Lonely. (Quelqu'un est seul) - Auteurs/compositeurs : Davis et Gold. Rien de révolutionnaire.
Là où ça devient intéressant, c'est au niveau des interprètes. Il s'agit d'un orchestre dirigé par un Harry Reser qu'on dit avoir été un des plus grands joueurs de banjo des années vingt et qui eut l'idée, étant donné les commanditaires de son émission hebdomadaire (à la radio), une compagnie qui vendait du Ginger Ale et dont la mascotte était un Inuit du nom de Klee-Ko, qui eut donc l'idée d'habiller ses musiciens en Eskimos (nom qu'on donnait à ce moment-là aux Inuits) et de nommer son orchestre du moment tout simplement The Clicquot Club Eskimos.
Orchestre du moment parce que cet Harry Reser a été à la tête de dizaines d'ensembles sous plus de cent cinquante noms différents...
Pas un chef-d'oeuvre, assurément, mais on m'aurait dit qu'il s'agissait d'un enregistrement inconnu de l'orchestre de Frankie Trumbauer (avec Bix à la trompette mais en une de ses mauvaises journées), que j'aurais cru...
Somebody's Lonely par le Clicquot Club Eskimos, avril 1926 :
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188 - 21 septembre 2009
Un de ces jours, à l'intérieur du site Du Temps des cerises aux Feuilles mortes (voir les adresse à la fin de cette page), je vous parlerai de Jenny Golder née Rosie Sloman en 1894 (ou 1896) à Kyneton, Australie, éduquée en Angleterre et qui a fait fureur dans les années vingt, à Paris, après avoir été découverte par Jacques-Charles, en 1920... à Bruxelles.
On a dit d'elle qu'elle était très belle (photo ci-dessous), qu'elle était une excellente danseuse et une superbe meneuse de revue. Très gros succès aux Folies-Bergère en 1925 puis plus rien. Opération à un genou en 1927. Suicide en 1928.
J'y reveindrai.
En entendant, la photo promise :
Et puis quelque chose qui n'a pas été entendu depuis 84 ans : J'ai un amoureux dans la salle, gravé chez Pathé (no. 4333), une face du seul disque qu'elle a gravé pour cette compagnie (de l'autre côté, une chanson intitulée tout simplement Jenny. - Ses huit autres enregistrements (elle en fait très peu) ont été effectus en 1926 chez Odéon. - Tous très rares.
Peut-être pas le plus connu des compositeurs de l'entre-deux-guerres mais sa musique demeure une des plus jazzy des opérettes de l'époque. - Pour ceux qui s'y connaissent un peu, suffit de mentionner Trois jeunes filles nues, Le comte Obligado ou Un soir de réveillon pour que Dranem, Georges Milton et Henri Garat remontent à la surface. Ce fut du temps de leur Est-ce que je te demande ?, La fille du Bédouin ou J'aime les femmes qu'on pourra entendre sur notre autre site (voir ci-dessous) mais qu'en est-il de Raoul Moretti chef d'orchestre, arrangeur ou même chanteur ?
Le voici dans sa version de J'aime les femmes rendu si populaire par Garat, version qu'il grava en 1933 pour l'étiquette Ultraphone, numéro AP 925.
Attention : ce n'est pas jeune et, pour vous le présenter, il a fallu un peu, pas mal même, travailler le son mais vous verrez : l'écoute en vaut la peine :
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186 - 24 août 2009
Vous ai-je déjà parlé de Loulou Gasté ? Loulou (Louis) fut un guitariste-compositeur né en 1908 qui rejoignit, à 21 ans l'orchestre de Ray Ventura avant de, dès la fin des années trente, devenir le compositeur de dizaines (d'aucuns diraient centaines) de chansons populaires créées par : Jacques Pills, Léo Marjane, Lucienne Delyle, Georges Gutéray, Yves montand (Battling Jo, par exemple) et son épouse Line Renaud pour qui il écrivit presque toutes les revues.
En 1956, il publiait une chanson, Pour toi, qui, ne connut pas le succès espéré. Elle fut endisquée une dizaine de fois mais ne devint jamais vraiment populaire et, conséquemment, fut oubliée assez vite.
Presque vingt ans plus tard, en 1974, un dénommé Morris Albert (Mauricio Alberto Kaiserman), un compositeur et interprète brésilien, devint, lui, du jour au lendemain en créant une autre chanson intitulé Feelings qui, elle, fut enregistrée par tout le monde : Ella Fitzgerald, Frank Sinatra, Andy Williams, Sarah Vaughan et même Bobby Winton qui en fit un méga-succès.
Or, entre Feelings et Pour toi, tellement peu de différences qu'un procès s'ensuivit. Résultat : Loulou Gasté fut reconnu le véritable auteur (des deux [sic] chansons) avec une demi million de $ de dommages et intérêts que la maison d'édition dut lui verser. - La maison d'édition ? Augusta do Brazil avec qui, justement, dans les années cinquante, Loulou avait été en rapport...
Pourquoi je vous rappelle cette histoire ce matin ?
À cause d'un CD publié en 2002 par la firme Balboa sous le nom de Mariachi Suena Bien enregistré par un orchestre connu tout simplement sous le nom de Mariachi Mexico. - Sur ce CD, piste 4 (vous voyez que je n'invente rien), un pièce intitulée Flor de Mexico ou Fleur du Mexique...
Normalement, la diffusion, ici, de cette pièce ne serait pas tolérée étant donné que s'y rattache des droits d'auteur mais : des auteurs de cette pièce, qui, du site de l'UdeNap, de la maison d'édition Balbo ou de l'orchestre Mariachi Mexico, dérobe, ce matin, les droits ?
À vous de juger :
D'abord Flor de Mexico par l'Orchestre nommé ci-dessus :
(Cliquez sur la note : version MP3 : )
Et puis, ensuite, une chanson enregistré en 1934 par Michel Simon, accompagnement de Marcel Cariven, étiquette Columbia CL4742. - De l'opérette d'Albert Willimetz et Henri Christiné, Le Bonheur, Mesdames donné pour la première fois le samedi 6 janvier 1934 au Théâtre des Bouffes-Parisiens. - Le titre de cette chanson : Elle est épatante (cett' petit' femm'-là...)
(Cliquez sur la note : version MP3 : )
Mais ce n'est pas tout :
C'est que cette chanson, en réalité, date de juin 1898. Paroles de Félix Montreuil , musique de Christiné (l'honneur, quand même, est sauf de ce côté-là). - Créateurs ? Louis Maurel à la Scala, Félix Mayol au Concert Parisien et Gosset à la Gaîté-Rochechouart, en 1899..
SACEM : 2 mars et 27 juin 1898 puis 26 juillet 1899 et, pour les nouvelles paroles. le 10 septembre 1934.
Merci à Jacques Marchioro qui nous a communique la [fine] fleur du Mexique citée ci-dessus.
Bonne écoute !
185 - 10 août 2009
Surprenant, toujours, le nombre de marques de commerce sous lesquelles certains enregistrements ont été distribués. Celui qui suit, enregistré chez Savoy, en mai 1945, l'a été sous les noms de : National (no. 9014), EmArcy (no. EP 1-6045), MG (no. 26027), MG (no. 36030), Regent MG (no. 6058) et Savoy (no. SJL 2214). - À l'origine, il s'agissait d'un disque Savoy de 78t (matrice NSC54-3) mais qui fut immédiatement mis en marché par la firme National (no. ci-dessus) avec, du côté B, un renregistrement distribué par la suite par la compagnie EmArcy sous le numéro no. MG 36016.
Et l'on voudrait que les collectionneurs s'y retrouvent !
Il s'agit d'un enrgistrement de l'orchestre de Billy Eckstine (Mr. B.) avec, entre autres, Fats Navarro à la trompette, Sonny Stitt au sax alto et Art Blakey à la batterie. Comme quoi, Mr. B. savait s'entourer.
Son titre est "A Cottage for Sale". - Paroles de Larry Conley, musique de Willard Robinson. - La liste de ceux qui ont chanté cette chanson sepuis 1930, date de sa création, de Ruth Ething à Chuck Berry, en passant par tous les crooners américains, Sinatra compris, pourraient faire l'objet de plusieurs sites internet. - Une recherche sur Google nous a donné 22 000 liens...
Voici donc, ce fameux "A Cottage for Sale" chanté par Billy Ecktine (1914-1993), il y a 64 ans. Deux millions de copies vendues. À l'époque.
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184 - 27 juillet 2009
Un tout petit extrait ce matin. D'un film de Jacques Tati (1907-1982), tourné en 1958 et qui aura donc, cette année, cinquante-deux ans, un film qui continue d'être étonnant de modernité : Mon oncle.
Musique de Franck Barcellini et d'Alain Romans. (On parle également de Norbert Glanzberg mais son nom n'est pas cité au générique.)
Malheureusement, les Hulot de ce monde sont plutôt rares.
Le thème :
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183 - 13 juillet 2009
Un enregistrement qui ne risque pas de nous rajeunir ce matin. Dans trois mois et deux jours, il aura 83 ans. - Il date du 15 octobre 1926 et est d'un des nombreux orchestres d'un français de formation classique, immigré très jeune aux États-Unis et qui fut, dans les années vingt, considéré comme un des grands de la musique populaire d'alors ; ce qui veut dire : un des grands dans le domaine de la danse (Charleston) et du jazz tel qu'il commençait à se répandre dans tout l'Amérique.
Nous parlons bien sûr de Jean Goldkette, né en 1899 et décédé en 1962.
Son orchestre d'alors (car il en a eu plusieurs) comptait, parmi ses musiciens, Tommy et Jimmy Dorsey, Bix Bierdebecke, Frankie Trumbauer , Joe Venuti et Eddie Lang, pour ne nommer que ceux-là, des musiciens aujourd'hui plus connus que le chef qui les dirigeait.
Accompagnant les soeurs Keller, une chanson typique de l'époque, Sunday, de Miller, Cohen, Stein et Kruger.
New York, le 15 octobre 1926, étiquette Victor no. 20273-B
(Cliquez sur la note : version MP3 :)
182 - 29 juin 2009
Une rareté ce matin.
Il s'agit d'une chanson créée par Mayol en 1906, musique et paroles d'Henri Christiné, paroles adaptées en 1934 par Albert Willemetz pour l'opérette Le Bonheur, Mesdames, livret de Francis de Croisset.
En vedette dans cette opérette : René Koval, Arletty, René Martin mais surtout Michel Simon en Marquis des Arromanches.
De ce Michel Simon, cet extrait intitulé Amour noir et blanc publié chez Columbia sous le numéro DF 1472, en 1934.
(Cliquez sur la note : version MP3 : )
Bonne écoute !
Ce qu'il peut être malheureux tout de même, c'est qu'on ne chante plus des choses comme ça aujourd'hui
181 - 8 juin 2009
Pas un mais quatre enregistrements cette semaine. - Ne vous en faites pas : ils sont tous courts, moins de deux minutes et demi chacun. - Le truc consiste à deviner qui joue.
Les interprètes ? - En ordre alphabétique (mais pas nécessairement dans l'ordre où nous vous les présentons) : Claudio Arrau, Martha Aregrich, Wladimir Ashkenazy et Garrick Ohlson.
La pièce ? - Le 24e prélude de Chopin (opus 24).
Je ne vous en dis pas plus. À vous de choisir l'interprétation qui vous convient.
L'idée est de démontrer qu'on ne peut pas, qu'on ne doit pas acheter n'importe quoi, n'importe quand et surtout se méfier des compilations des "Meilleurs de" ou, comme c'est la mode, en ce moment, "Les grands succès de, choisis par X"...
Numéro un - Cliquez sur la note : version MP3 :
Numéro deux - Cliquez sur la note : version MP3 :
Numéro trois - Cliquez sur la note : version MP3 :
Numéro quatre - Cliquez sur la note : version MP3 :
Nos versions favorites ? - La quatre pour ses qualités sonores, la deux pour son interprétation, la trois pour sa qualité en général.
180 - 25 mai 2009
Voici un enregistrement que vous ne risquerez pas d'entendre à la radio, du moins à la radio hors-France, car il est tiré d'un disque compact vendu, à notre connaissance, que via les membres du groupe et plus particulièrement lors de leur passage au Petit Journal, face au parc du Luxembourg, à Paris, le dernier vendredi de chaque mois. (Quoique, selon les notes du livret qui l'accompagne, ce serait le onzième ou douzième long-jeu ou CD enregistré par ce groupe).
Il s'agit d'un groupe fondé par le clarinettiste Pierre Atlan en 1947 et donc un des plus vieux ensembles de jazz encore en activité.
Dirigé aujourd'hui par la fille du fondateur (décédé en 1988), l'ensemble est composé de : Patrick Geoffroy et Irakli à la trompette, Guy Champême à la clarinette, Daniel Barda au trombonne, William Conquy au piano, Frédéric Yzerman au soubassophone, François Cotin à la batterie et Pauline Atlan (voix).
Petite note : Parmi ceux qui ont entendu Louis Armstrong en concert, il faut souligner la sonorité d'Irakli (2ième trompette) qui, à notre avis, sans avoir la puissance du maître, est celui dont le jeu et les nuances s'en rapprochent le plus.
Deuxième note : Il paraît que ceux qui ont le bonheur d'entendre King Oliver et son Creole Jazz Band, à Chicago, aux débuts des années vingt, n'ont jamais pu oublier la vitalité de ses musiciens venus "de nulle part" et qui allaient bouleverser l'univers de la musique. - À défaut d'avoit été là, on pourra toujours se faire une idée en allant écouter le High Society Jazz Band (c'est le nom du groupe). - Fortement recommandé.
La pièce que nous avons choisi est un classique de, à l'époque, la femme du grand Louis : Lil Hardin. Elle porte le nom du titre du CD, Mad ou Mad 'cause You Treat Me This Way
High Society Jazz Band - Un disque Stomp Off, numéro 1396, enregistré en 2004.
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179 - 27 avril 2009
J'ai reçu, il y a quelque temps, un message me demandant si j'avais dans ma collection une chanson interprété en 1954 par Jacques Douai intitulé "File la laine". - Bien sûr : un grand classique si l'on peut parler de "classicisme" dans le cas d'une chose qui vient tout juste d'avoir cinquante ans car, oui, cette chanson, si "moyennageuse" ne date pas de l'époque des troubadours mais bien des années quarante. De 1949 plus précisément. - Elle a été composée par un comédien touche-à-tout qui a connu une carrière en dents de scie entre 1938 et 1975 (?).
Né Robert Marx, à Paris en 1918 (ou 1920 ?), il a été connu sous le nom de Robert Marcy, nom que lui aurait donné Charles Dullin lorsqu'il entra au théâtre de l'Atelier en 1939 mais, l'Occupation venant, il dut s'enfuir vers Marseilles où, en 1940 il fit brièvement partie de la Troupe de la radio nationale à Marseille avant d'être congédié, parce que juif. - La suite est assez mal documentée. Selon certains, il aurait changé de nom pour s'appeler Robert Morand afin de continuer à exercer son métier de comdien jusqu'en 1942 où il dut à nouveau dispraître pour se refugier chez un marchand de vin jusqu'à la libération. - Selon d'autres, de 1940 à 1945, lui et sa famille auraient vécu chez un couple à Bergerac... - La suite est encore plus floue : il aurait, après 45, été annonceur à la radio, comédien (seconds rôles) et joué dans quelques films jusqu'en 1979. Après ? - Un article paru dans un journal d'Alsace signalait, en 2006, sa présence à Obernai.... âgé de 86 ou 88 ans ?
Quoiqu'il en soit et quelles que soient les circonstances dans lesquelles et les raisons qui l'ont poussé à composer ce "File la laine", la voici, cette chanson, interprétée par Douai, en 1954. - Un disque 33t de marque BAM, numéro LD 306.
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178 - 13 avril 2009
Avec toutes ces chanteuses que l'on nous présente comme étant une des plus importantes découvertes des dix dernières années (et donc une des meilleures depuis longtemps) et ce, d'années en années, il arrive trop souvent qu'on oublie celles qui ont vraiment marqué leur époque et qui nous nous ont démontré qu'il ne suffisait pas d'avoir un bon imprésario ou un excellent chrorégraphe pour passer à l'histoire (ou tout simplement pour ne pas être oubliée).
Celle qui [re]fait l'objet de notre chronique [aujourd'hui] est décédée à 44 ans, il y aura bientôt 50 ans, et, encore aujourd'hui, la plupart de ses enregistrements demeurent non seulement disponibles mais inoubliables. Est-ce que ce sera le cas des divas d'aujourd'hui ? Permettez que j'en doute.
Son nom : Billie Holiday.
Inutile d'insister sur sa voix nasillarde, son style quelque peu particulier ; suffit de l'écouter et pour cela nous avons choisi quelque chose qu'on entend moins souvent que ces grands "succès". Une chanson d'Herzog et Wilson, enregistrée le 6 juillet 1939 (70 ans déjà !) et qui s'intitule "Some Other Spring".
Un disque Okey, numéro 5021 avec des musiciens plus ou moins connus de l'époque, mentionnés sur l'étiquette comme faisant partie de "son" orchestre : Charlie Shavers (trompette), Tab Smith, Kenneth Hollon, Stanley Payne aux saxos, Kenny Kersey au piano, Jimmy McLain à la guitare, John Williams à la contrebasse et Eddie Dougeherty à la batterie.
- Cliquez sur la note : version MP3 :
177 - 30 mars 2009
Un enregistrement
plus ou moins inédit cette semaine. En son et en videoclip.
En vedette : Cleopatra Peperday (Jan Duggan), veuve inconsolable (et sans doute orpheline),
ayant à sa charge un bambin qui n'a pas encore trois ans
(Albert [Baby LeRoy]).
Qui est Cleopatra
Pepperday ? Tout simplement une dame à propos de laquelle le
Grand (Great) McGonigle (W. C. Fields) dit, dans le film
d'où est tiré notre vidéoclip[*] qu'elle a l'air d'un
tombeau bien entretenu.
La voici, tenant à
démontrer au Great McGonigle ses talents vocaux.
L'enregistrement :
Cliquez sur la note : version MP3 :
Pour le clip (En Flash Vidéo :) :
[*]
(The Old Fashioned Way -
William Beaudine - 1934)
176 - 16 mars 2009
Muzio Clementi (1752-1832). - On
n'entend pas beaucoup parler de lui. Son oeuvre,
pourtant, mérite un détour. - On lui préfère Mozart ou
Beethoven. - Il fut, pourtant un précurseur et un
précurseur des deux et de Chopin même. - Ses sonates ne
craignent aucune comparaison. Ses symphonies (celles qui
nous sont restées) se comparent favorablement aux
premières de Beethoven. Pourtant...
Sa réputation ne s'étend habituellement
qu'aux exercices qu'il a écrits pour apprentis pianistes
dont son très connu Gradus ad Parnassum.
Aujourd'hui, nous vous présentons un
extrait de sa symphonie no. 3 dite "The Great National"
(parce que le Monsieur a vécu longtemps et souvent en
Angleterre). - Deuxième mouvement, andante un poco
mosso.
Et quand vous
aurez écouté, vous aurez compris pourquoi ce mouvement a
été si populaire (en son temps).
De Muzio Clementi,
donc, direction Francesco D'Avalo, enregistré en 1992 en
l'église St. Barnabas (Micham, UK) par le Sanctuary
Records Group sous licence accordée à Joan Records
Fin du 2e mouvement -
Symphonie no. 3 - Muzio Clementi
Cliquez sur la note : version MP3 :
175 - 2 mars 2009
Dans son cas, on ne
dit pas "chanteuse" ou "diseuse" mais tragédienne.
Comme nous le
soulignons dans notre autre site, avant elle, il y avait des chansons, des auteurs,
des compositeurs et... des interprètes Après elle, seuls les interprètes
sont restés. - De la même manière qu'on dit, aujourd'hui, un film de tel
comédien ou de telle comédienne, on a commencé, avec elle, à dire :
" Une chanson de... " sans se demander qui
en avait écrit les paroles ou composé la musique.
Mais quelles chansons ! Et
quelle musique !
Avec
elle, une chanson
devenait un drame qui se jouait comme on joue au théâtre : les éclairages
étaient savants, calculés, les gestes précis ; pas une seule expression du
visage qui ne fut significative.
Et elle chantait, avec une voix qui
était à la fois un sanglot et un cri.
La voici dans une de ses plus grandes
interprétations.
On ne sait au juste à qui
Lucien Boyer (celui de Monte là-dessus) la destinait. - Dans les mains de
Weber ou de
Bérard, la chose eut résulté en une de ces chansons-catastrophes que Georgius
se serait plu à parodier. - Peut-être était-elle trop mélodramatique, trop
tirée par les cheveux, trop grandiose (même pour Bérard) mais voilà que Damia - car il s'agit d'elle -, avec son
fourreau noir, un seul rideau comme décor, avec ses éclairages hérités de
Loïs Füller, ses bras en croix (une mise en scène que ne dédaigneront pas
après elle les Juliette Gréco, les Piaf et les Barbara), qui s'avance et qui
en fait une tragédie :
Les Goélands - Un
enregistrement de 1930 - Disque Columbia DF 151.
Cliquez sur la note : version MP3 :
174 - 16 février 2009
À chaque fois que je
l'entends, je me demande ce qu'on aurait retenu d'elle si
elle n'avait pas été si admirablement caricaturée par
Toulouse-Lautrec.
La voix est mièvre,
son répertoire, à quelques exceptions près, ennuyeux, son
apport à la chanson française négligeable mais, depuis sa
disparition (1944) et même avant, bon an, mal an, on a mis
et on continue à mettre en marché des 78t, des 45t, des 33t, des CDs contenant ses "plus grands succès"
(comme si elle en avait eus) habilement masqué derrière une
reproduction d'une affiche de celui qu'elle qualifiait de "petit
monstre".
Son nom attire encore
les foules - grande exposition à Albi en 1994, par exemple -
et, compte tenu des repiquages, inédits (n'en reste
plus beaucoup) et des reprises de certains films (où ses
prestations ne méritent pas, comme on dit "un détour"
: Faust de Murnau, Faisons un rêve de Sacha
Guitry ou Les deux orphelines [sic] de Maurice
Tourneur), on serait en droit de se demander pourquoi.
M'enfin, je vous
épargnerai ses conférences (celle sur Maurice Donnay est à
faire pleurer), ses chansons issues de ses recherches sur
les XVIe et XVIIe siècle, pour vous présenter quelque chose
qui mérite quand même d'être sauvé du temps. Peut-être parce
qu'elle provient d'un bonhomme qui, lui, mérite un détour : le tout à fait indécent, inconvenant, choquant, licencieux
et obscène poète-écrivain-journaliste que fut Jean Lorrain dit "Jean, la bonne Lorraine".
Attention : ça date de
1897, ça a été repiqué (sur disque) qu'en 1903.
Vous aurez deviné de
qui je parle : de l'inoubliable, hélas, Yvette Guilbert :
Fleur de berge - un disque Pathé (gravure verticale) no. 4277.
(Sautez par dessus
l'introduction - vous verrez pourquoi à l'écoute - et si la
voix vous tombe sur les nerfs, écoutez quand même les
paroles...)
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173 - 2 février 2009
D'un disque vinyle (45
t.) de la firme RCA Victor intitulé La Voz de su Amo (circa 1954) voici un enregistrement datant de 1937 ou 1938
de Tito Schipa d'une chanson qui a été interprétée
par des dizaines de sinon des centaines d'interprètes depuis
sa création par les Lecuona Cuban Boys en 1935: Amapola.
Auteur / compositeur :
Joseph La Calle.
Pourquoi Tito Schipa ?
- Parce que cela fera changement par rapport aux chansons
populaires interprétées par les grandes vedettes de l'opéra.
- Aucune prouesse musicale : qu'une voix respectueuse de la
mélodie, raffinée et élégante.
Avouez qu'aujourd'hui,
c'est plutôt rare.
Cliquez sur la note : version MP3 :
172 - 19 janvier 2009
Faut parfois faire le
tri dans ses vieux 45t pour réaliser qu'on n'est plus de la
première jeunesse.
La semaine dernière,
je suis tombé sur l'enregistrement qui suit dont je me
souvenais encore et que je me surpris à écouter... sans même
l'avoir mis sur une tourne-disque !
L'air était encore là,
les paroles toujours présentes à l,esprit et j'entendais
avec une clarté étonnante la voix du leader du groupe dont
je me suis même souvenu du nom : Tony Williams.
Le problème, c'est que
la chose datait de 1954...
Hé oui, c'est bien il
y aura bientôt 55 ans que les Platters entrèrent dans
les studios de la firme Mercury pour enregistrer ce tube de
Buck Ram et de Ande Ram qui s'intitulait, à l'origine "Only
You and You Alone" mais qui devint un succès monstre
sous le nom de "Only You"...
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171 - 5 janvier 2009
Jelly Roll Morton,
celui qui se disait "inventeur du jazz" (et à qui on
commence à donner de plus en plus raison) a peu enregistré
avec de petits ensembles. - On note deux enregistrements
avec un trio en 1927 et deux autres en 1929 (plus les deux
plages avec King liver). - Pour le
reste, il s'est contenté d'enregistrer en solo (plusieurs piano rolls) ou avec des ensembles de six à dix
musiciens.
Ses enregistrements en
solo donne évidemment une idée de sa prodigieuse technique
(il était un cutter [*] redouté) tandis que ses enregistrements en groupe étaient
plus ou moins organisés (joués selon des arrangements écrits par le maître). - En trio, l'on retrouve les deux à
la fois : une certaine structure plus ou moins absente des
soli mais également ce côté improvisationnel qui
manque aux enregistrements en groupe.
Des quatre trios
gravés par Jelly
Roll, voici Wolverine Blues (de Benjamin,
John Spikes et Jelly Roll) gravé le 10 juin 1927 à
Chicago. - Étiquette Victor no. 21064-A)
Jelly Roll Morton au
piano, Johnny Dodds à la clarinette et sn frère Baby à la
batterie.
- Cliquez sur la note : version MP3 :
170 - 22 décembre 2008
Il n'y a pas très
longtemps lors de la mort de Johnny Cash, un des
commentateurs du CBS's Sunday Morning Show disait qu'il
devient de plus en plus évident que la période qui va du
début des années cinquante au milieu des années soixante-dix
fut, pour la musique populaire, un âge d'or et que quiconque
était là au moment où elle s'est déroulée pouvait se comparer
à ceux qui étaient à Paris au début du siècle dernier car
ils avaient pu entendre live Johnny Cash, Aretha
Franklin, Miles Davis, Elvis Presley, John Coltrane, les
Beatles, les Rolling Stones et même ceux qui sont toujours
là, mais à leur meilleur : Chuck Berry , Jerry Lee Lewis, Bob
Dylan, Sony Rollins...
Je pensais à cela
l'autre jour quand j'ai fait tourner sur une de mes platines
ce qui suit du Modern Jazz Quartet dont les membres sont,
malheureusement, tous disparus sauf le contrebassiste, Percy
Heath, qui doit bien, aujourd'hui, avoir quatre vingt ans. :
Connie Kay (1927-1994), Milt Jackson (1923-1999) et bien
sûr, John Lewis (1920-2001).
I'll Remember
April - 1955 - Disque Prestige : Concord.
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169 - 8 décembre 2008
Une curiosité cette
semaine. Ou plutôt un classique.
Freddie Keppard, un
des rois du cornet de la Nouvelle-Orléans. À mi-chemin entre
Buddy Bolden (qui n'a jamais enregistré) et King Oliver
qu'un certain Armstrong allait rendre immortel...
Aurait pu être un des
premiers à être enregistrés mais avait peur qu'on lui vole
ses idées (sic). - L'alcool a malheureusement fait ce
travail.
Avec ses Jazz
Cardinals, en juillet 1926, à Chicago. Étiquette Paramount
12399-A.
Arthur Campbell au
piano ; Johnny Dodds à la clarinette, Jasper Taylor à la
batterie (lire : blocs de bois) et Eddie Vincent à la
trombone.
Stock Yard Strut
Un style staccato pas
déplaisant du tout. Vous verrez.
Né en 1889, Freddie
Keppard est décédé de tuberculose en 1933.
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168 - 24 novembre 2008
Un extrait, cette
semaine, d'une série de "Folias" enregistrées à la
fin de juillet et au début d'août 1998 au studio Fondation
Tibor Varga à Sion (Suisse). - Cet extrait, intitulé Recercada Ottava sobre La Folia, est basé sur une des
mélodie de Diego Ortiz dont on ne sait à peu près
rien sinon qu'il est né à Tolède en 1510 et qu'il a vécu une bonne
partie de sa vie à Naples au service de deux vice-rois
d'Espagne, qu'il y est décédé en 1570 et qu'il n' a publié,
au cours de son existence qu'un traité de musique pour
instruments divers et un recueil de chants polyphoniques.
On retrouvera cet
extrait sur un CD intitulé tout simplement La Folia (1490-1701) du nom d'une danse d'origine portugaise fort
répandue dans la péninsule ibérique à la fin du XVe et au
début du XVIe siècle.
Les instruments sont
d'époque ou à peu près : une viole de gambè (basse) à six
cordes de 1550, une guitare Lourdes Uncilla (à dos vouté) de
1998 mais d'après un facteur anonyme du XVIIe et un clavecin
Hemsch de 1751.
Les musiciens : Jordi
Savall, Rof Lsleland et Michael Behringer.
Disque Alia Vox AV
9805 distribué par Sony.
Mérite un grand
détour.
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167 - 10 novembre 2008
Si vous êtes comme
moi, vous avez, quelque part, sur l'un de vos disques fixes,
d'innombrables fichiers classés sous des répertoires
intitulés "divers", "à classer", "notes", "à ranger"... dans
lesquels sont entassés des photos, des enregistrements, des
brouillons de lettre, des logiciels qui pourraient un jour
servir, le tout, derrière des noms impossibles à déchiffrer
et dont la date même, ne donne aucune idée de leur
provenance ou de leur signification.
Dans un de ses
sous-sous-répertoires, j'ai retrouvé la semaine dernière ce qui suit, que j'ai immédiatement transféré
dans un autre sous-répertoire intitulé tout simplement
"guitare". - Ne me demandez pas ce que c'est, je n'en ai
aucune idée, et revenez me voir dans quelques mois, je vous
dirai que j'aurai été encore une fois surpris de retrouver
ce fichier perdu quelque part dans les méandres d'un de mes
disques dans un sous-répertoire intitulé "guitare".
Mais je ne l'aurai pas
jeté !
Et puis, dans cette
série, il aura été quelque peu classé.
Au pif, je vous dirais
que c'est de Manitas de Plata (l'homme aux
mains d'argent) mais qui sait ? - Et ça n'a pas de titre et
ils sont au moins cinq.
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166 - 27 octobre 2008
C'est à tort, je
crois, qu'on considère Dave Brubeck comme un musicien de
jazz secondaire ; celui qui émotionnellement n'était pas
toujours là ; celui qui a été plus technicien qu'autre
chose, ou pire : celui qui s'est trop souvent servi de son
nom pour introduire, surtout vers la fin de sa longue
carrière, des musiciens qui n'en valaient pas la peine.
C'est oublier qu'il
était capable d'une certaine grandeur et que sa technique
correspondait très bien à son genre. C'est oublier également le phénoménale saxophoniste alto qui l'a
accompagné pendant plus de la moitié de sa carrière et qui
sans avoir fait, lui non plus, de très grandes choses a donné une certaine
noblesse au jazz que seul le Modern Jazz Quartet a réussi à,
sinon copier, perpétuer : un style que les amateurs de
grandes musiques (lire : classiques) ont finalement accepté,
le Professeur en tête.
Les voici, tous les
deux, Dave Brubeck et Paul Desmond dans une chose qui aura, dans
moins de douze mois, cinquante ans, et qui a été publiée sous étiquette
Columbia, dans les derniers mois de 1959, sur un 33t
intitulé Southern Scene qu'on aurait tout
intérêt à remettre en circulation mais l'on sait tous
comment ces remises en circulation sont décidées...
Du Dave Brubeck
Quartet, donc :
When It's Sleepy Time Down South - CL 1439.
À la contrebasse :
Eugene Wright. - À la batterie : Joe Morello - Enregistré à
New York, le 10 septembre 1959 - Matrice CO62970.
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165 - 13 octobre 2008
Puisqu'on s'est
remémoré la semaine dernière le trentième anniversaire de sa
mort, j'ai pensé que...
(Pas de plaintes,
s.v.p.)
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164 - 29 septembre 2008
Louis Jourdan...
chanteur (sic).
En 1960. dans un film
de Walter Lang : Can-Can. - Sans rapport,
naturellement, avec le French Can-Can du Moulin-Rouge mais,
à Hollywood, terre fertile en imagination, quand il faut,
dans un même film, faut faire tourner Frank Sinatra, Maurice
Chevalier, Shirley MacLaine et même Marcel Dalio autant se
rabattre sur un
remake d'un succès de Boradway, surtout écrit par Cole Porter
et... pourquoi ne
pas ajouter Jourdan dont la prestation a été décrite comme
celle d'un "poisson mort".
Voici ce que ça a
donné :
Louis Jourdan chantant
"You Do Something to Me" (du film).
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163 - 15 septemebre 2008
On reproche beaucoup,
surtout en France, aux comédiens et interprètes de faire de
la réclame : c'est une chose qui ne se fait pas. - Sauf pour
les grandes marques de luxe (parfums, bijoux, etc.) - One ne
verrait pas Depardieu, par exemple, annoncer des pneus ou,
comme chez nous, des artistes très connus se faire le
porte-parole de Bell ou même de batteries de cuisine. Il y a
eu, pourtant, par le passé, beaucoup de réclames à la radio
et même sur disques enregistrés par des gens comme Dranem ou
Georgius mais c'était il y a longtemps...
Aux USA, les "grands
noms" font non seulement de la réclame mais de la
politique et combien de fois les a-t-on utilisé pour
promouvoir des "Victory Bonds" (emprunts pour la défense[sic]) et 'autres choses aussi inavouables.
Parmi ces "grands
noms" deux ont été utilisés, en 1917, pour encourager
ces braves Tommies qui se devaient de participer à la guerre 14-18.
Le premier -
compositeur - a déjà fait l'objet d'une mention dans cette
série : George M. Cohan, la seule vedette du Broadway à y
avoir sa statue. - Voir au numéro
138.
Le deuxième
a également été mentionné, avec illustration sonore, dans un tout autre
registre. - Voir au numéro 30.
- S'agit d'un ténor assez connu : Enrico Caruso.
Les voici réunis.
Cohan en tant qu'auteur-compositeur et Caruso en chanteur.
Évidemment, avec le
temps, le côté propagande est devenu trop évident et le premier
vers (Johnny, get your gun) été rendu peu populaire
par le film de Dalton Trumbo (Johnny Got His Gun)
en 1971 mais historiquement...
Voici donc, un disque
His Master's Voice, no. AV-39 - 1917 :
Enrico Caruso - Over there :
Cliquez sur la note : version MP3 :
162 - 1er septembre 2008
J'avais un Caruso assez curieux à vous faire entendre cette semaine mais comme
c'est la rentrée j'ai décidé de vous faire jouer la chanson
thème du plus célèbre lycée de France, un lycée cependant
dont on n'a jamais su l'adresse exacte.
Certains de ses élèves
sont connus dans le monde entier : Labélure, Peaudarent,
Isaac, Troufigne, Legateux, Cancrelas...
Malheureusement, les
78 tours (à l'époque où ça a été enregistré) dépassait
difficilement les trois minutes. Aussi, ce n'est que quatre
d'entre eux que vous entendrez la voix dans l'enregistrement
qui suit.
Il est de Georgius,
bien sûr, et le lycée en question porte le jolie nom de Papillon.
Un disque Pathé - 1936
- numéro PA 737. - Paroles : Georgius - Musique : Robert
Juel - Édition Beuscher. - Au verso, une chose à ne pas
écouter aujourd'hui : Triste lundi.
Cliquez sur la note : version MP3 :
161 - 18 août 2008
Voici un disque qui a
eu, cette année, 51 ans. Sa rareté provient du fait que la
version que vous allez entendre n'est pas du 45t original,
publié chez Dot Records (aux USA), mais d'un album japonais
mis en marché par une firme canadienne (K-Tel), au Japon, en
1983, sous le numéro RPL-3035.
L'interprète fut le
plus anti-Elvis de son époque, celui qu'on adorait dans les
bonnes familles et qui chantait parfois des chansons au
rythme particulier mais toujours avec le bon goût des
parents des années cinquante. On le disait "clean-cut"
parce qu'il arborait des chemises blanches, souvent
accompagnées d'un "windbreaker" rouge mais aussi de
chandails à la Bing Crosby (son idole) et surtout des
souliers blancs. Il n'avait pas, non plus, les longs cheveux
de l'autre.
Son nom : Charles
Eugene Patrick dit "Pat" Boone, un descendant,
paraît-il du pionnier américain Daniel Boone. - Études
universitaires, il va sans dire puis modeste père de
famille, un "devout Christian" qui refusa d'embrasser
la covedette de son deuxième film, April Love, parce
qu'elle était mariée dans la vraie vie...
Inutile de vous
préciser qu'il a, entre autres, enregistré plusieurs 33t de
musiques religieuses et que sa carrière déclina très vite
lors de l'invasion des groupes britanniques.
Et puis j'allais
oublié : un porte-parole pour Chevrolet pendant des années.
M'enfin, le voici,
dans un de ses plus grands succès, enregistré en 1957, Love Letters in the Sand.
Cliquez sur la note : version MP3 :
160 - 4 août 2008
Voici une petite chose
de Reynaldo Hahn (si on peut dire "petite chose" dans
son cas), une petite chose qui demeure
quand même aussi fraîche aujourd'hui qu'elle l'était lors de sa création,
en 1923... il y a quatre-vingt-cinq ans.
C'est tiré de
Ciboulette, une des grandes opérettes françaises qu'il est
inutile de présenter mais qui est si peu entendue depuis
quelques années qu'elle mérite bien un détour.
Sur des paroles (livret) de Robert de
Flers et de Francis de Croiset. - Création : Paris, 7 avril
1923 au Théâtre des variétés.
Les chanteurs : André
Beaugé (Antonin) et Edmée Favart (Ciboulette).
Un disque Pathé de
1923 - No. X 2608. - Nous avons fait un beau voyage...
Cliquez sur la note : version MP3 :
159 - 21 juillet 2008
Et si je vous parlais de Richard Wayne Penniman,
né le 5 décembre 1932 ? - Hé oui : il aura 76 ans cette
année et si vous le voyez passer à la télévision d'ici là (car il s'y pointe encore régulièrement), vous saurez qu'il a un excellent maquilleur et probablement un perruquier de génie. Mais il ne se prend pas au
sérieux et ça excuse tout.
Sa musique - car il fut et est toujours musicien
(et ompositeur, et chanteur, et comédien, etanimateur - est du genre boogie-woogie, rythm and blues,
gospel mais elle est surtout connue, car il en fut un des piliers, sous l'appellation générique de rock n' roll. Il faut dire générique parce que si jamais vous avez
eu l'occasion d'entendre Elvis Presley, les Beatles, les Rolling Stones, les Beach Boys et les dinosaures que sont devenus Chuck Berry ou les gens de son époque de même que les
petits jeunes des années soixante, quatre-vingt et quatre-vingt-dix, vous avez déjà compris que le rock n' roll, c'est à peu près n'importe quoi. en autant que ce soit interprété à
99% à la guitare et qu'il y ait un batteur. Le reste...
Richard Wayne Penniman, lui, était pianiste. - Tout comme Jerry Lee Lewis qui s'est vite tourné cependant du côté du Country Music. - À son
crédit, une série de hits qui ont été repris des dizaines de fois, par les Beatles notamment, et plus particulièrement John Lennon : Tutti Frutti, Long Tall Sally, Rip It Up,
Ready Teddy, Lucille, Send Me Some Lovin', Jenny Jenny, Keep A-Knockin' etc.
L'enregistrement qui suit date de mars 1956. Il a donc, cette année 52 ans. C'était le côté B d'un single (78t et 45t) publié par la firme
Specialty dont le côté A était le Long Tall Sally mentionné ci-dessus. Ses auteurs : Enotris Johnson, Robert Blackwell, et... Richard Penniman. Ça s'appelle Slipin' and
Slidin' et, au fur et à mesure que les années avancent, ça ressemble de plus en plus en plus à un classique.
Cliquez sur la note : version MP3 :
P.-S. : J'oubliais : le nom de scène de Richard Wayne Penniman fut et est toujours Little Richard mais comme il a été pasteur un certain temps,
on dit de plus en plus : Révérend Penniman.
158 - 7 juillet 2008
"Une polka brésilienne (numéro 118), un one-step hongrois(numéro 97), une marche hawaïenne(numéro 155), un tango russe (la semaine dernière), qu'avez-vous d'autres à nous offrir ?"
auriez-vous le droit de demander.
Que pensez-vous d'une samba... égyptienne ?
Vous verrez : ce n'est pas mauvais. Le mot "égyptienne" n'est là évidemment que pour faire exotique, sans doute à cause de l'interprète
né au Caire d'une mère française et d'un père fonctionnaire égyptien. - Il s'appelait Joseph Gandhour mais, pour son nom d'artiste, il prit celui de Réda Caire. - En
l'honneur de sa ville natale sans doute mais il aurait pu porter le titre de comte par le biais de sa mère qui appartenait à une des
plus anciennes familles belges : les Berner-Renoz de Walden. - Qu'importe : il a séduit tous les coeurs de ses tous débuts, en 1928, jusqu'à son dernier récital, en 1962.
Vous le connaissez peut-être pour ses deux plus grands succès : "Si tu reviens" et "Les beaux dimanches du printemps" ; mais ne
mentionnez que ceux-là fera oublier une des ses plus grandes prestations : "Le temps du tango" de Caussimon et Ferré qu'il enregistra en 1962 et qui était encore plus
empreint d'émotions que la version de Ferré parce que, lui, il était avec ses cheveux gommés, son habit, sa stature d'un "beau" des années trente, véritablement de
ce temps-là.
Étiquette Pathé - 1937 - no. PA 1186 - Mon Égyptienne - Chanté par Réda Caire :
Cliquez sur la note : version MP3 :
157 - 30 juin 2008
Nous avons eu droit
jusqu'à ce jour à une polka brésilienne (no. 118), un one-step hongrois (no. 97), une marche hawaïenne (no.
155)... et beaucoup d'autres choses tout aussi inavouables,
alors je me suis dit qu'un tango russe ne nuirait pas à
notre réputation et tant qu'à y être, pourquoi ne pas vous
présenter le plus célèbre chanteurs de tangos de l'ex-URSS.
- J'ai nommé Pyotr Leshenko (1898-1954).
Triste histoire tout
d'abord :
Pyotr
Leshenko est né à Isaeva dans l'ex-empire tsariste (région qui fait
partie aujourd'hui de l'Ukraine), mais au cours de la guerre
14-18, ses parents déménagèrent à Kishinev (Moldavie) annexé
par la suite par la Roumanie. Il fut, de ce fait, considéré
toute sa vie à la fois Russe, Ukrainien, Moldave et Roumain
quoiqu'il n'ait parlé presque exclusivement que le russe de sa
naissance jusqu'à sa mort.
Exilé à cause de sa
musique (a-t-on idée de chanter du tango et des ballades
romantiques sous un régime communiste ?), il a vécu
longtemps à Bucarest avant, en 1951, d'être arrêté (par la
milice roumaine) pour activités qui allaient à l'encontre de
la culture bolchevique (on le considérait alors comme un
anti-révolitionnaire) et mourir en prison trois ans plus tard.
De plus amples détails
peuvent être trouvés sur le WEB mais soulignons au passage
que ses disques (piratés) se vendaient pas centaines de
milliers en Russie staliniste et qu'il état fort connu et
fort apprécié dans toute l'URSS au cours des années trente
et quarante.
Une voix de baryton
inoubliable.
Ce qui nous ramène à
ses tangos. - Parmi ceux qu'il a enregistré, à
Bucarest, celui qui suit, intitulé tout simplement Wino Lubwi ou : Le vin de l'amour. - C'est
pas tout à fait russe, pas tout à fait argentin mais fort écoutable. - Columbia 1936.
Cliquez sur la note : version MP3 :
156 - 23 juin 2008
La chanson qui suit a été tellement galvaudée au cours des derniers cinquante, soixante ans qu'elle en a presque perdu sa crédibilité. Il en
existe des centaines de versions : à l'accordéon, à l'orgue, au piano, au saxophone, au violon, à la trompette, au xylophone, au mellophone, à la harpe, au ukelele, à l'harmonica,
à la mandoline, au banjo, à la contrebasse... sans compter d'innombrables ensembles dont un quatuor de flutistes, un groupe d'instrumentalistes suisses et Daniel Barenbohm en a même
fait une version symphonique avec la Philharmonique de Berlin.
Sa notoriété mondiale provient de son interprétation (chantée) par Carmen Miranda dans Copacabana, un film de'Afred E. Green qui mettait en vedette Groucho Marx en 1947 et qui fut suivie,
l'année suivante par celle de l'incroyable Ethel Smith à l'orgue dont on pourra entendre l'inavouable version sur YouTube tandis qu'ici, au Québec, une gloire locale, Alys Robi, en a fait
presque sa marque de commerce.
Elle (la chanson) date de 1917 et est brésilienne d'origine. Composée par Zequinha de Abreu, Alosyio de Oliviera lui a ajouté des paroles peu longtemps après mais en versions
anglaise, française, allemande, italienne, on ne sait au juste reconnaître qui en a fait une traduction ou qui l'a tout simplement adaptée.
À l'origine, elle s'appelait Tico-Tico no Fuba ce qui veut dire à peu près "petit oiseau sans semoule de maïs" (sic) sauf que la chose devient un peu
plus claire quand on apprend que le tico-tico en question est le coucou d'une horloge : "Quand il fait coucou, c'est l'heure d'aller travailler... Quand il fait coucou,
c'est l'heure de se reposer... Quand il faut coucou, c'est l'heure d'aimer... " - Enfin : vous voyez le genre.
C'est super-entraînant (quand c'est bien joué) et vous verrez que, lorsque interprété à la guitare sèche, c'est très bien fait.
La version qui suit date d'un enregistrement live par le célèbre guitariste Carlos Barbosa-Lima né à Sao Paulo au Brésil accompagné par la non moins célèbre Berta
Rojas et dont on pourra écouter d'autres enregistrements à l'adresse qui suit :
Pour se souvenir de
cette comédie musicale, il faut être âgé de, quoi ?
quatre-vingt ans ? On en a fait un film, quand même, onze
ans après sa dernière représentation, ce qui nous ramène à
soixante-dix ans mais comme ce film n'a été présenté qu'une
seule fois, et à la télévision (dans le cadre d'un "Saturday
Night Spectacular" à la NBC), y'a des bonnes chances que peu s'en souviennent. - Soyons généreux et disons soixante-quinze mais si, par hasard, vous vous trouviez à New York au
moment de sa création, si une tante vous avait amené au théâtre, ce soir-là et que vous aviez dix ans ce
jour-là, ben... aujourd'hui vous auriez soizante-et-onze
ans.
Des airs, chansons ou
mélodies rattachés à cette comédie, il n'est à peu près rien
resté sauf une chose enregistrée par Louis Armstrong en 1964
et reprise il y a deux ans par Harry Connick Jr.
Faire jouer la chose
en question par Louis Armstrong eut été facile (quoique que,
avec les copyrights, il aurait fallu attendre jusqu'en l'an
2014) mais, tiré d'une voûte secrète, sur un 10" Columbia de
1951, voici que votre disque-jockey a retrouvé, enregistré
en 1947 [*]
par Jack McCauley et Annette Fabray un mini-classique qui
porte le joli titre de "I Still Get Jealous".
Musique et paroles de
Jule Styne and Sammy Cahn.
(Vous verrez : c'est
loin d'être mauvais et quelle nostalgie !)
Cliquez sur la note : version MP3 :
[*] Dans une production de
Monte Proser et Joseph Kipness au New Century Theatre, le 9
octobre.
Décédait, le premier du mois courant, à Paris, il y a cent ans, Jean-Paul Habens dit Paulus, la plus grande de toutes les vedettes du Café-Concert de
la première époque (1840-1900). - Pendant près de quarante ans, de Paris à Moscou, de Marseille à New York, de Londres à Budapest, il a chanté des refrains qui sont devenus des
classiques de la chanson française : En revenant de la revue, Le père la Victoire, Derrière la musique militaire, Je me rapapillotte, Les pompiers de Nanterre...
Il n'a malheureusement pas pas été endisqué. Méliès l'aurait filmé mais on n'a jamais retrouvé la trace de ces films. Et, en 1906, lorsque
Alice Guy tourna ses phonoscopes, il était, à toutes fins utiles, à la retraite.
Avec ses cachets astronomiques, ses frasques, son style de vie, ses dépenses, ses faillites même, feraient, de lui, aujourd'hui, la une de
tous les journaux.
Pour plus de renseignements, voir notre autre site à : Paulus.
Enregistrement ?
Par deux fois, ici, nous avons fait tourner son célèbre En revenant de la revue, une chanson de Lucien Delormel et Léon Garnier pour les paroles et Louis-César Désormes pour la musique, une fois par Eugène Gabin, le
père de l'autre, (numéro 62) et une autre fois par Georgius (numéro 109) - Nous pourrions aujourd'hui récidiver car il s'agit d'une des choses qui a été enregistrée
énormément et non seulement par des vedette inconnues. Citons, parmi ces vedettes, Bourvil, Fred Gouin, Zappy Max... jusqu'à Guy Béart qui en a fait une version (une des meilleures
avec celle de Bourvil).
Aujourd'hui, pour le centième anniversaire de sa disparition, nous avons pensé à vous faire jouer un de ses tout premiers succès, enregistré
par le duo Bach et Laverne en 1933.
Pour plus de renseignements sur ce duo, voir également notre autre site.
Voici donc, de Philibert et Burani pour les paroles et d'Antonin Louis pour la musique, Les pompiers de Nanterre créé, selon
Martin Pénet, par Jules Perrin à l'Eldorado, à Paris, en... 1868 :
Cliquez sur la note : version MP3 :
Et puisque on n'en chante que deux couplets, pourquoi ne pas vous en donner un troisième :
Comme un n'héros, dans l'incendie
Risquant ses jours... même sa vie !
Pour extirper l'humanité
De la.., combustibilité
Pas besoin de leur crier
Dans la bouillante lave :
Camarade, soyez brave
Comm' César et... pompez !
Vous verrez : c'est charmant comme tout et puis ça vous reste en tête toute la journée.
153 - 2 juin 2008
Le bonhomme dont je voudrais vous faire entendre un enregistrement cette semaine a été connu de son vivant sous le nom du "Roi du phono" mais aussi sous le
nom de "Forçat du gramophone". Nul ne sait, au juste, combien de chansons il a chantées et combien de disques il a pu enregistrer entre 1896-1897 et le début des années
trente. - Huit cent quatre vingt seize recensés jusqu'à ce jour seulement chez Pathé mais il a également enregistré ailleurs : chez Zonophone, Odéon, Edison...
Attention cependant : quand on parle aujourd'hui d'une chanson d'untel ou d'une telle, on pense à un enregistrement unique reproduit
plusieurs fois alors qu'au début de sa carrière, Charlus se devait d'enregistrer chaque
disque séparément : c'était sur des cylindres vendus à la pièce et de ces cylindres, il pouvait en enregistrer jusqu'à quatre-vingt par jour... Un vrai "forçat", quoi !
On en apprendra plus sur lui en suivant le lien qui suit, lien à partir du quel on pourra entendre d'autres enregistrements (de lui), ses souvenirs, le voir en photo et même consulter
la liste de ses enregistrements chez Pathé :
Pour le moment, une toute petite chose datant de 1910, chez Pathé,
numéro 2620 :
Le C.A.E. DU P-L-M [*]
Auteur-compositeur : Victor Tourtal.
Cliquez sur la note : version MP3 :
[*] P-L-M = Paris-Lyon-Méditerranée (ligne de chemin
de fer). - Pour le C.A.E., il vous faudra écouter et, à la fin, pour un autre sigle, faudra deviner.
152 - Le lundi 26 mai 2008
Au cours des derniers dix, vingt ans, nos oreilles ont été si souvent sollicitées par le récemment décédé Luciano Pavarotti de même que Placido Domingo
et José Carreras que nous avons peut-être pris l'habitude de ne plus entendre qu'eux au détriment de Ben Heppner, Richard Margison et Dieu sait combien d'autres parce que il ne
faut pas s'imaginer qu'à eux trois ils ont rempli toutes les opéras du monde entier.
Je ne m'y connais pas assez pour vous dire qu'ils étaient meilleurs que tous les autres ou qu'ils ont été les meilleurs ténors du XXe siècle.
La palme reviendrait, d'après ce que j'ai pu lire, à un dénommé Enrico Caruso mais habitués comme nous sommes aux enregistrements des dernières années, il n'est pas assuré qu'un
nouveau disque de Caruso dépassera en vente tout ce qui s'est fait depuis la venue de la "haute fidélité" ; surtout si l'on continue de tenter des expériences comme RCA Victor l'a
fait avec son Caruso 2000 [*].
Tout ça pour vous présenter un ténor corse, né à Bastia en 1903, qui a appris à chanter en écoutant des disques sur un phono qui ne tournait
pas à la bonne vitesse, qui s'est finalement retrouvé à Paris où un pédant l'a presque dégoûté d'apprendre la musique et puis qui, finalement, a suivi quelques cours pour en arriver à
chanter en province avant de devenir si populaire qu'on fit appel à lui pour créer le rôle de Don José à l'Opéra Comique (le premier des 350 qui marqueront sa carrière) avant de
passer pour de bon du côté du grand opéra : Monte Carle, Rome, Chicago... - Curiosité : il fut si adulé "ailleurs" que La Scala et le Met l'ont boudé.
Et ça a duré vingt ans.
Son nom : José Luccioni. - Il est mort, pour la petite histoire, à Marseille, en 1978.
Et quel est l'enregistrement que nous écouterons de lui ? - Ben, de quoi le comparer à Pavarotti :
(C'est disponible sous différentes marques : Maliban, Virgin, Arkiv...)
Le ciel luisait d'étoiles
de
La Tosca de Puccini
(1936)
Cliquez sur la note : version MP3 :
[*] On a "retiré" la voix de Caruso de ses enregistrements des années dix et vingt
pour les accoler à un orchestre de l'an 2000. - L'impression générale est que Caruso semble chanter dans la salle d'à côté.
151 - Le lundi 19 mai 2008
La saison des impôts étant terminée, j'ai pensé qu'un petit Montéhus nous remonterait le moral.
Chanté par Marty (de l'Opéra de Monte Carlo), un enregistrement de 1931 (ou serait-ce 1932 ?), étiquette Perfectaphone. no. 3458 : l'Impôt sur les
feignants.
Vous verrez qu'en ce temps-là, one ne faisait pas que rire des gouvernements, on les engueulait ! -
Et en valse par dessus le marché !
Cliquez sur la note : version MP3 :
Une petite note :
L'étiquette indique G. Krier pour la musique et Montéhus pour les paroles.
Mes notes indiquent Chantegrelet pour la musique, soit celui qui a composé à peu près toutes celles des chansons de Montéhus, la plupart du temps seul mais souvent aidé d'un
certain Doubis. Exception : La butte rouge composée par Krier...
Pour de plus amples informations sur Montéhus, cliquez ICI.