Virulente dénonciation de la
société des loisirs, ce film nous propose le personnage d'un propriétaire d'un
petit hôtel sur les bords de la Manche (mais tout cela pourrait se passer dans
le Var ou sur la côte de l'Atlantique) où divers estivants viennent passer une
ou deux semaines de vacances.
Conséquences désastreuses des
congés payés, ces estivants créent pour cet hôtelier divers problèmes avec
lesquels il doit, lui qui n'a droit qu'à des congés hivernaux, composer pour
survivre.
Cela va d'un vague commandant à
la retraite qui ne fait que parler que de militarisme à un homme d'affaires
(qu'on présume être belge) en passant par un couple qui s'ennuie visiblement
mais qui sont là par habitude et un discordant personnage venu dont on sait où
avec une voiture bruyante, des manies singulières et une sorte d'étrange
disposition à créer des problèmes à la moindre occasion.
On assiste à un
demi-match de tennis, un bal costumé raté, quelques séances de gymnastique, à
un feu d'artifice déclenché par erreur - à un enterrement même - le tout
entrecoupé de nouvelles à la radio, d'un vieux disque de jazz qu'on joue et
rejoue, d'une partie de ping pong, d'une altercation au cours d'une partie de
cartes et divers autres épisodes où l'ennuie et le désoeuvrement rongent cette
société de loisirs vers laquelle, depuis le début des années cinquante, les
mouvements politiques des nations, en dehors de l'axe de ceux du troisième
monde, veulent, en remplacement du communisme, faire accéder les populations
du globe, faute d'être innovateurs dans la création d'emplois.
Un seul personnage
mérite, dans ce film de troisième ordre - et c'est la raison pour laquelle,
quand même, nous le recommandons -, et c'est celui de l'intellectuel qui
n'apparaît, hélas, que brièvement, et dont les propos sur la condition
féminine méritent d'être entendus.
Quant au reste, il faut prendre
en pitié cet ouvrier, garçon de table qui, par delà ce groupe de clients issus
de milieux disparates, finit par donner un aperçu des absurdités du
capitalisme.
Et puis qui, mais
qui, a bien pu penser utiliser comme trame sonore à ce film «Quel temps
fait-il à Paris ?» (Paroles: Henri Contet. Musique: Alain Romans [*])
?
Avec :
Nathalie Pascaud
dans le rôle de Martine, Louis Perrault dans celui de Fred et Lucien Frégis
dans le rôle du propriétaire de l'hôtel.