Université de.
Napierville
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Les vacances de Monsieur Hulot



Un film de Jacques Tati (1953)

Virulente dénonciation de la société des loisirs, ce film nous propose le personnage d'un propriétaire d'un petit hôtel sur les bords de la Manche (mais tout cela pourrait se passer dans le Var ou sur la côte de l'Atlantique) où divers estivants viennent passer une ou deux semaines de vacances.

Conséquences désastreuses des congés payés, ces estivants créent pour cet hôtelier divers problèmes avec lesquels il doit, lui qui n'a droit qu'à des congés hivernaux, composer pour survivre.

Cela va d'un vague commandant à la retraite qui ne fait que parler que de militarisme à un homme d'affaires (qu'on présume être belge) en passant par un couple qui s'ennuie visiblement mais qui sont là par habitude et un discordant personnage venu dont on sait où avec une voiture bruyante, des manies singulières et une sorte d'étrange disposition à créer des problèmes à la moindre occasion.

On assiste à un demi-match de tennis, un bal costumé raté, quelques séances de gymnastique, à un feu d'artifice déclenché par erreur - à un enterrement même - le tout entrecoupé de nouvelles à la radio, d'un vieux disque de jazz qu'on joue et rejoue, d'une partie de ping pong, d'une altercation au cours d'une partie de cartes et divers autres épisodes où l'ennuie et le désoeuvrement rongent cette société de loisirs vers laquelle, depuis le début des années cinquante, les mouvements politiques des nations, en dehors de l'axe de ceux du troisième monde, veulent, en remplacement du communisme, faire accéder les populations du globe, faute d'être innovateurs dans la création d'emplois.

Un seul personnage mérite, dans ce film de troisième ordre - et c'est la raison pour laquelle, quand même, nous le recommandons -, et c'est celui de l'intellectuel qui n'apparaît, hélas, que brièvement, et dont les propos sur la condition féminine méritent d'être entendus.

Quant au reste, il faut prendre en pitié cet ouvrier, garçon de table qui, par delà ce groupe de clients issus de milieux disparates, finit par donner un aperçu des absurdités du capitalisme.

Et puis qui, mais qui, a bien pu penser utiliser comme trame sonore à ce film «Quel temps fait-il à Paris ?» (Paroles: Henri Contet. Musique: Alain Romans [*])  ?

Avec :

Nathalie Pascaud dans le rôle de Martine, Louis Perrault dans celui de Fred et Lucien Frégis dans le rôle du propriétaire de l'hôtel.


114 minutes - noir et blanc

[*] Merci à Paul Dubé pour ce renseignement.


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