Avec «Invasion of the
Body Snatchers» de Don Siegel (1956), sans doute le meilleur film de
«série B» des années cinquante mais alors que Siegel semble avoir créé son
chef-d'oeuvre presque par accident, on sent dans ce quatrième film de Welles
une véritable volonté de création.
Dans l'Amérique
puritaine des années cinquante, ce film a été très mal reçu ; ses thèmes en
étaient le racisme, la trahison, l'abus de confiance, l'ambiguïté sexuelle, le
coup monté et la corruption policière. De plus, son personnage central était
un personnage dégoûtant : un policier obèse, sordide, ayant une certaine idée
de la justice expéditive. Ajoutez à cela toute une série de personnages
secondaires peu recommandables : un propriétaire de motel nerveux, obsédé
sexuellement, un boutiquier aveugle, un trafiquant de drogues suant à
profusion (avec une perruque qui ne lui va pas), des délinquants juvéniles, un
autre policier, mexicain celui-là, en voyage de noces mais qui délaisse sa
femme... tout ça dans une ville minable à la frontière mexicaine.
La scène d'entrée
vaut le prix d'admission à elle seule : trois minutes sans coupure, de la pose
d'une bombe en-dessous d'une auto jusqu'à son explosion après avoir traversé
la frontière, sur quatre pâtés de maison (au tout début du film) ; mais la présence d'Orson Welles,
méconnaissable dans le rôle d'une véritable crapule, crève continuellement
l'écran.

Avec : Orson Welles (Hank
Quinlan), Charlton Heston (Miguel Vargas), Janet Leigh (Susan Vargas), Joseph
Calleia (Peter Menzies), Akim Tamiroff (Joe Grandi), Marelene Dietrich (Madame
Tana) et Dennis Weaver (le commis du motel).
108 min (version 1998) - Noir et blanc