Le prête-nom est un de ces
films qui, une fois qu'on l'a vu, fait qu'on se demande où l'on a bien pu voir
telle ou telle scène.
Empruntant du cinéma des années
trente et quarante des bouts de dialogues, des prises de vue, des personnages
qui, à l'époque étaient considérés comme sans importance, Paul Levert
nous donne ici un exemple de mémoire visuelle et auditive oubliée.
L'histoire est plutôt
anecdotique : un groupe de politiciens, se croyant à l'abri de tout, refilent
divers contrats à un individu (le prête-nom) qui, à son tour les refilent aux
membres de sa famille, à ses amis et à certains fidèles du parti
tout en transférant les profits (énormes) de ces contrats dans des comptes de
banque en Suisse. - Suit l'inévitable enquête où chacun ne se souvient plus de
rien et qui coûte une fortune en frais d'avocats, de consultants, de
déplacements (autres contrats donnés par d'autres politiciens) de telle sorte
qu'à la fin, on se retrouve avec une autre enquête sur cette enquête
commandée, cette fois-là, par les politiciens du début qui s'en prennent à
l'inexactitude de leurs propres témoignages...
Ce côté anecdotique que chaque
citoyen de n'importe quel pays a déjà vu et entendu détourne l'intérêt du
spectateur de la véritable essence de film où, comme nous l'avons dit au
début, Paul Levert s'amuse à mettre en scène des répliques de Larquey,
Tissot, Roquevert et même Jouvet, hors contexte et dans des situations où on
se l'attend le moins. - À preuve ce «chandail
tricoté pour une naine» (Roquevert) lorsqu'on demande à un des personnages
le pourquoi d'une note particulièrement salée.
Le rôle
du premier enquêteur est tenu par un ex-fakir...
120 m. -
en couleurs