
Sous le couvert d'un quiz
télévisé, André Cayer dénonce, dans son plus récent film, le manque de suivi
dans les unes de la Presse écrite et parlée.
On y parle en particulier des
journalistes qui, selon le propos du réalisateur, ne vont jamais au fond des
choses, préférant rechercher le scoop qui les rendra momentanément
célèbres.
En arrière-plan, l'on entend
parler de Georges Bush et de sa campagne contre la Corée du Nord mais non des
milliards engloutis dans les contrats de reconstruction de l'Irak, de Paul
Martin et des mariages entre personnes du même sexe mais non de la Commission Gomery, de
Jean Charest et de la nouvelle route vers l'Outaouais mais non du
délabrement du réseau actuel, etc., etc.
Se voulant percutant, ce film,
tout comme le journalisme auquel il s'attaque, ne fait cependant que survoler
la question de la gestion de l'information et de son côté sensationnel et
s'il contient des centaines d'images chocs, images qui, par ailleurs, ont été
vues des dizaines de fois à la télé, il n'en donne aucune explication.
Seul une trame en arrière-fond
laisse sous-entendre une certaine connivence entre le journalisme et la
politique : alors que doit éclater un scandale qui mettrait dans l'embarras
certains amis (un rapport accablant sur la disparition de neuf millions
de fonds public), un journaliste est prié d'inventer une fausse nouvelle qui
détournera l'attention (il y a va d'un reportage sur l'administration de
barrages hydro-électriques)... mais comme tout le reste, ce filon n'est pas
exploité.
À voir cependant pour :
-
la longue liste des sujets
d'actualité qui depuis longtemps ont été oubliés ou presque dont (au
Québec) l'affaire Lucien Rivard, «l'homme
qui arrosait la patinoire de la prison de Bordeaux»
dont l'évasion, en 1965, a entraîné la démission du ministre de la justice
d'alors (Guy Favreau, nommé peu de temps après au Conseil privé), celle du
couple Daigle-Tremblay et du jugement de la cour d'appel niant à la
première le droit de se faire avorter (1989), le saccage de la Baie James
(1974), etc., etc.
-
et trois superbes montages de
unes de journaux, le premier sur l'apartheid en Afrique du Sud, le
deuxième sur l'Affaire Dominici et le troisième sur la fille de
Mitterrand.
91 minutes, en couleurs et en noir
et blanc