Roy LeDuc, peu connu des
cinéphiles québécois a, par le passé, surtout à la télévision française,
réalisé plusieurs sit-coms dont la réputation n'a jamais dépassé
l'hexagone. Quelques longs métrages également et un documentaire loufoque
autour d'une inexistante maison d'éducation située dans le Doubs. Parmi ces
longs métrages cette comédie qui a fait les délices de l'intelligentsia du
nord-est et qui se déroule en rase campagne près de Saint-Pol-sur-Ternoise
(Pas-de-Calais) où des ouvriers parisiens mettent en chantier une série de
maisons semi-détachées dont une est, à cause d'une erreur dans les
dessins de l'architecte, construite à l'envers.
Partiellement en ch'timi, ce
film met en parallèle incompréhension linguistique d'une part et
incompréhension technique de l'autre dans une situation où, essayant de
démontrer chacun de son côté la justesse des gestes qu'ils ont posés, deux
groupes s'affrontent tout en ne comprenant pas exactement l'objet de leur
dispute.
Le thème est, naturellement
simpliste, mais quand le curé du village, le maire de Trouffion-sur-Ternoise
et un spécialiste en design interviennent dans le débat, on comprend vite que
ce thème est une excuse pour présenter une série de sketches dignes des plus
beaux débats à l'Assemblée Nationale. C'est d'ailleurs dans l'enceinte de
cette Assemblée que se termine le film où les discours portent sur la
plus-value de la mansarde de cette maison construite à l'envers,
l'erreur humaine, la taxation, l'équilibre des masses, etc., etc.
À voir pour entendre le
spécialiste en design dont les phrases, bourrées de néologismes et de mots
savants, est tout à fait incompréhensible. Surtout qu'il est bègue...
112 minutes - en couleurs.