À la fin des années soixante, un
cardinal ambitieux décide de faire assassiner le pape et de lui substituer un
sosie en la personne de son beau-frère, un peintre en bâtiment à la retraite
mais qui n'est pas tout à fait atteint de sénilité.
Le thème du sosie nous
a donné, au cinéma, de délirantes comédies et on peut se demander, avant d'avoir
vu «La mort du pape» pourquoi
les frères Kohen ont décidé de le reprendre dans leur onzième film, eux dont les
scénarios sont toujours issus d'un fait divers qu'ils transcendent par diverses
complications. - Ici, c'est dans un style purement classique qu'ils ont écrit
leur scénario où le spectateur assiste à des scènes dont il peut deviner le
déroulement dès le premier instant. - Une comédie vite bâclée ? - C'est ne pas
connaître Ethan et Joel :
D'abord, il y a
les personnages. Toujours les mêmes visages : John Thurturo, Steve Bushemi, John
Goodmen, Michael Baladucco et... Frances McDormend, toujours méconnaissables,
avec, dans le rôle du 'beauf, Tony Saloub, le célèbre détective Monk de la
récente série télévisée. - Vient ensuite le décors. Habitués, comme nous le
sommes, aux décors réalistes des frères Kohen, nous voici plongés, dans cette
histoire, dans ce qui apparaît clairement comme les
«parties non explorées»,
c'est-à-dire «jamais entretenues» du Vatican. («Vous savez ce qu'il en
coûte, juste pour une paire de mules ?», dit un conseiller au pape qui
lui demande pourquoi on ne repeint pas les lieux). C'est une suite de pièces
délabrées où traînent des pots de peintures, des échelles, de vieux meubles (la
scène où Goodmen et Saloub tentent de remettre une chaise bancale à plomb est
hilarante) et où circulent des prélats plus soucieux de leurs costumes que de
leur langage. - Et finalement, il y a ces dialogues
où le pape pose et repose toujours les mêmes questions à propos de son petit
déjeuner.
Dans ce
contexte, on oublie parfois l'action mais c'est là le tour de force de ce film ;
le pape ayant été assassiné dès les premières minutes, on peut s'attendre
à de
multiples quiproquos, des erreurs de la part du «nouveau» pape mais non :
tout baigne dans une bureaucratie et des procédures protocolaires où rien
ne peut vraiment se passer et c'est cet atmosphère que l'ambitieux cardinal
(peut-on imaginer moins ambitieux que Steve Bushemi ?) se retrouve dans
la même situation qu'au début.
Un
rebondissement, un seul, à la fin, qu'il serait bien malheureux de dévoiler car
c'est en lui que tout le but du film finit par s'étaler et où la machination des
frères Kohen éclate dans toute sa splendeur.
Notre
scène favorite : celle où le pape (Goodmen) demande à son principal conseiller (Turturo)
si le fait de flirter avec la soeur Agnès (Frances McDormend) peut affecter son
infaillibilité.
À voir et
revoir mais attention, hein : c'est du pur Kohen et ça peut dérouter.
PG - 120 m. -
en couleurs