Université de.
Napierville
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Les mémoires d'un amnésique



Un film de Michel Granier (2001)



Luc Lesson et le journaliste
de Radio-Canada
dans Les mémoires d'un amnésique


Des dialoguistes, le cinéma français, nous a habitué aux plus grands dont les seuls noms sont, encore aujourd'hui, synonymes de cet esprit si cher à Guitry. - On n'a qu'à songer à Jeanson, Prévert, Audiard et, plus récemment, Brisville et même Lauzier.

Dans ce film, qui est passé presque inaperçu au Festival des Films du Monde de Saint-Laurent-de-la-Plage (Var), Michel Granier, connu jusque là pour ses percutants documentaires sur les baleines et les otaries, nous a livré une comédie où ses talents de scénariste et de dialoguiste ont littéralement fait crever l'abcès de ces minables grands succès des dernières années où des comédiens, la plupart usés, n'ont fait que répéter leurs petits numéros à partir de réparties plus ou moins osées autour d'un repas de famille ou dans une de ces situations où le plus bête finit par être le vainqueur. Nous n'en nommerons aucun de peur de choquer les milliers de spectateurs qui ont été ravis d'assister au «Dîner de cons» de Francis Véber, à «La vérité si je mens» de Thomas Gilou ou encore au «Visiteurs» de Jean-Marie Poiré - et de grâce, qu'on nous épargne de citer «Les ripoux 3» de Claude Zidi - tous des films vite vus, vite oubliés.

«Les mémoires d'un amnésique» fait partie de cette catégorie de films dans lesquels sont classés «Le roman d'un tricheur» de Guitry ou, plus près de nous, «L'homme de Rio» de de Broca : on y retrouve une intrigue sans importance mais surtout un personnage  tout-ce-qu'il-y-a-de-plus-sérieux et en même temps un élément qu'on continue d'ignorer : le plaisir qu'aura le spectateur de savoir qu'il est plus intelligent que ce personnage.

Campé par le considérable (on ne le dira jamais assez) comédien qu'est Luc Lesson, le personnage de cette comédie où s'entremêlent scandales politiques, une commissions d'enquête, un appartement luxueux fourni à un ministre, des commandites, Johnny Lafleur crève l'écran par son côté bon papa et sa faculté de tout oublier, jusqu'à son nom, lorsqu'il est à la barre des témoins.

En arrière plan, tout aussi loufoque, une meute de journalistes, comme on en aura vues dans Fellini, qui ne cessent de dire et redire les mêmes choses dont un, en particulier, qui, encore plus sérieux que Lafleur, peut, au cours d'une intervention, remplacer un mot par divers synonymes qui finissent par ne plus rien dire dans des phrases qui n'en finissent plus. - On rêverait de voir Darry Cowl dans ce rôle tenu par un vrai journaliste de Radio-Canada.

90 minutes - en couleurs - production Canado-Espagnole


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