
Remake d'un film de Fernandel (réalisation de Jack Forrester,
en 1935), ce film
met en vedette Ralph Goodbeer dans le double rôle du ministre des
finances d'un pays du tiers-monde et d'un revendeur de petites annonces.
Le premier, se sentant menacé par des gangsters, se fait remplacer par
l'autre, un sosie, à la veille du dépôt de son budget. Ce que l'autre ignore, c'est
la raison de cette substitution et apprenant qu'il sera la cible de
tueurs, il dépose un budget où les taxes sont abolies, les salaires des
députés coupés de moitié et les budgets pour la santé, le bien-être
social et du revenu garanti triplées.
Avec : Steven Harper dans le rôle
du chef de l'opposition, Gilles Duceptre dans celui du parti de
la gauche centriste, Jacques Laiton dans celui de chef du Nouveau
Parti de l'Ancienne Opposition et Aline Juppé dans le rôle de la
petite amie du revendeur.-
Également en vedette : Michel Odette, Bernard Laundery et
Mario Demont.
La sortie de ce film a coïncidé avec une
vague de fermetures d'usines et n'a pas eu l'impact qu'il aurait dû
avoir. La scène, pourtant, où le ministre des finances tente tant bien
que mal d'expliquer à son sosie comment se tenir en chambre, les pauses
qu'il doit faire, l'air optimiste qu'il doit adopter, est d'un plus haut
comique. Celle de la conférence de presse qui suit le dépôt du budget
est un morceau d'anthologie, les journalistes, ayant eu vent du vrai
budget, posant sans s'en apercevoir des questions qui n'ont aucun
rapport avec ce nouveau budget. On regrettera les trop
brèves apparitions de Jacques Laiton dont les prestations sont
toujours de véritables délices mais les désarrois de Gilles Duceptre
et de Mario Demont compenseront agréablement cette lacune. Quant
au vieillissant Bernard Laundery, il demeure égal à lui-même,
toujours sérieux mais peu crédible. - À noter, au passage, parmi la
meute des journalistes, Claude Poirier.
On aura naturellement tort de comparer ce
remake avec le film de la grande vedette que fut Fernandel et les
comédiens qui en faisaient partie : Ginette Leclerc, la plus assassinée des comédiennes des années
quarante, Madeleine Guitty, Gaston Mondot et un
certain Jean Tissier.
Prismacolor - 75 minutes