Film d'anticipation, le premier
dans la longue carrière de ce cinéaste belge, La combine fait
partie de cette série de films qu'on a pu voir sur le petit écran à partir des
années quatre-vingt, ces années où il était normal, pour les réalisateurs des
longs métrages expérimentaux des années précédentes, de se renflouer
économiquement avant de jeter leur dévolu sur des sujets moins révolutionnaires,
sujets plus près d'un certain esthétisme renié par la première Nouvelle
Vague.
L'intrigue est alphavillesque
avec une touche du cynisme des meilleurs Chabrol (et Dieu sait que ce
raconteur d'histoires scabreuses n'a pas fait que des chefs-d'oeuvre). Le tout
est entremêlé d'une pointe d'humour à la de Broca.
On aurait préféré
Belmondo à la place de ce Thierry Loranger qui, quand même, se débrouille
honorablement dans le rôle de ce Christian aux allures de Rocambole et - nous
regrettons d'avoir à le dire - cette Juliette Lemaire à qui on a confié celui
de la maîtresse du ministre aurait peut-être dû se rappeler qu'on ne joue pas,
à quarante ans, même avec un physique comme le sien, le rôle d'une jeune fille
à peine sortie de la puberté.
Les décors sont
signés Valcourt. C'est tout dire. Et les dialogues sont de Yourville. Quoi
ajouter de plus ?
En principe, nous
aurions accordé trois étoiles et demi à ce film mais nous n'avons pas hésité
à lui donner une demi étoile supplémentaire à cause du scénario qui a pour
qualité d'être d'une originalité remarquable. On ne saurait en parler
longuement sans en dévoiler l'intrigue mais disons qu'il s'agit de
détournements de fonds impliquant des organisateurs politiques.