| Âge |
Année |
Faits |
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1900 |
Naissance, à Napierville, le 11 janvier 1900, d'Alphétus Marshall, fils de Sosthène,
Wladimir, Jacinthe, Lorencazio, Tony Marshall et d'Antonine Artaud, des
Artaud de la Ferraille. - Baptême le surlendemain sur les fonds baptismaux
de la paroisse du Saint-Sépulcre et des Deux Vierges par le curé Philippe
Bontemps, fils. - Son parrain est Philémon Vatfair II (des usines
Vatfair-Fair and Co.), marguillier de la dite paroisse, et sa
marraine, Alice Caseault des Caseault de Montmagny. |
| 7 ans |
1907 |
Premier prix de sculpture (pâte à modeler) - École primaire de Napierville |
| 8 ans |
1908 |
Crée
la courtepointe unicolore, sans couture. - Passe ses vacances en Europe en
compagnie de son père. - Y fait la rencontre de
Charles le Goffic et du poète Auguste Dorchain. |
| 9 ans |
1909 |
Premier prix de l'Association des Artistes-Peintres de Châteauguay pour sa
peinture "Petits bateaux en papier" - huile sur toile de Jouy |
| 10 ans |
1910 |
Mort
de son père. - À partir de ce moment-là, le jeune Alphétus portera toute
son affection sur sa mère qu'il ne laissera presque
jamais seule jusqu'à son décès. |
| 13 ans |
1913 |
Noviciat chez les Frères des Écoles Chrétiennes. - Il y fera également
une partie de son juvénat mais, en 1917, suite à une grave crise de foi,
il retourne auprès de sa mère sauf pour ses deux ans de "service
militaire" (qu'il passera dans la marine marchande) |
| 14 ans |
1914 |
À
partir de vieilles soutanes, il invente le parachute ouvrant à l'impact
dans ce qu'il appelait alors "son effort de guerre". |
| 18 ans |
1918 |
Entreprend des études de droit, d'ingénierie, d'art pictural, de
décoration intérieure et de haute couture d'abord chez Madame Malmaison de
Saint-Rémi puis à l'Université de Napierville où il y est reçu en
tant que boursier de l'Association des Petites Mains de Beauharnois. |
| 19 ans |
1919 |
Pour la Fanfare Secrète de Napierville dont il
membre, il met au point un nouvel instrument, le «Marshall-o-Phone»
(à soupapes). |
| 20 ans |
1920 |
Rencontre Julien Green à
Savannah lors de vacances chez des cousins de sa mère |
| 21 ans |
1921 |
Fonde à Beauharnois une manufacture de tapisseries médiévales qui
deviendra, en 1926 propriété du Groupe Vatfair-Fair (14 novembre) |
| 22 ans |
1922 |
Voyage aux États-Unis en compagnie de sa mère et d'un ami, Georges.
- Rencontre à Hollywood Erich von Stroheim qui le surnomme "Marshie". |
| 23 ans |
1923 |
De
passage à Chicago, il s'intéresse à la musique noire et aux jeunes
musiciens de jazz. - Rencontre Louis Armstrong mais se lie également
d'amitié avec des ouvriers de l'usine Ford dont un certain Bardamou. -
Lectures de Loti, Gide et de
Jouhandeau. |
| 24 ans |
1924 |
Diplômé cum magni soliti de l'Université de Napierville.- Attiré par
l'uniforme, il se joint à la marine marchande suisse pour un terme de deux
ans (il n'en fera qu'un). - Parcourt le monde, y compris la Thaïlande et
le Sénégal. - Explosion de son laboratoire. |
| 25 ans |
1925 |
Professeur d'art plastique à l'Université de Napierville où il attire une
forte clientèle de marins et de stylistes. |
| 26 ans |
1926 |
Retour à Napierville où, avec sa mère, il s'occupe de différents travaux
de couture et de décoration intérieure - Rencontre, à New York, Bix Beiderbecke, un jeune cornettiste qui
l'intéresse au baseball. |
| 27 ans |
1927 |
Séjour avec sa mère à Paris, Venise et Londres. Se lie d'amitié avec
les couturiers, décorateurs et ensembliers de l'époque. - Renoue son
amitié avec Julien Green qui le présente à son ami André Gide. |
| 28 ans |
1928 |
Rencontre Salvator Dali sur le plateau du "Chien andalou" |
| 29 ans |
1929 |
Se
lie d'amitié avec George Balanchine et Serge Lifar - Écrit une monographie
sur Virgile et les Bucoliques. - Fonde la troupe théâtrale du Grand
Marshall. |
| 30 ans |
1930 |
Épouse, avec l'approbation de Madame Veuve Marshall, Marie Ophélie
Whitman, richissime héritière de la fortune de Max Whitman, un des inventeurs de
l'oeillet pour lacets de souliers. |
| 31 ans |
1931 |
Naissance, le 14 janvier de son premier fils, Georges Marshall-Whitman |
| 32 ans |
1932 |
Rencontre Pierre Gaxotte, Reynaldo Hahn, Jean Cocteau, Jean Marais, etc. |
| 33 ans |
1933 |
Voyage à Paris et sur la Côte d'Azur avec sa mère. - Naissance de son
deuxième fils, Euclide qui deviendra plus tard "le Professeur". |
| 34 ans |
1934 |
Création de l'Association des Philologues Amateurs de Charenton-Écoles. -
Fait la connaissance et se lie d'amitié avec Charles Trenet et Ernst Rohm
mais n'apprécie guère la vulgarité de ce dernier pour qui il dessine quand
même quelques chemises. |
| 35 ans |
1935 |
Naissance de sa première fille, France (21 octobre) |
| 36 ans |
1936 |
Mort
de sa mère, Madame Marshall. - "Toute la raison que j'avais de vivre
est morte avec elle", écrit-il dans son journal. - Profond abattement.
- Puis, il reprend son métier de décorateur. |
| 37 ans |
1937 |
Décore divers appartements à Paris et à Londres dont celui du Docteur
Petiot. - "En blanc austère", dit-il pour refléter sa joie de vivre
et son intensité. |
| 38 ans |
1938 |
Rencontre Montherlant. |
| 39 ans |
1939 |
Réformé
en raison de sa notoriété publique, il se dévoue à la création d'ateliers
de couture dans le Grand Québec, notamment en Abitibi et dans le
Témiscamingue. - Voyage, à l'automne, en compagnie d'un ami, au Mexique. -
Naissance de sa deuxième fille, Monique |
| 40 ans |
1940 |
Début d'une longue correspondance avec Tennessee Williams |
| 42 ans |
1942 |
Se
retrouve à Oran (en Algérie) dans des circonstances qu'on n'a pas pu,
jusqu'à ce jour, éclaircir. - Publie "Le mythe décisif". |
| 43 ans |
1943 |
1943-1944 : voyage avec son jeune fils, Euclide, aux USA (Middle et Far
West puis en Californie) |
| 45 ans |
1945 |
A
Saint-Germain-des-Prés. - Y fait la connaissance de Sartre et de Beauvoir,
de "Jujube", de Jean Genet, Boris Vian, etc. de même qu'une
joyeuse bande de fêtards qui lui rappellent, écrit-il, "ses années qui
passent" (Journal - inédit) |
| 46 ans |
1946 |
Travaille aux ateliers Dior qu'il quitte suite à une violente altercation
sur la forme d'un tailleur. |
| 47 ans |
1947 |
Voyage à New York où il rencontre Jack Kerouak et Jackson Pollock qu'il
trouve très virils, "sans doute un peu trop", confie-t-il à une
amie |
| 48 ans |
1948 |
Publie son "Refus local" (3 février). - Voyage à
Vienne où il fait la rencontre d'Orson Welles et de Carol Reed. - Entraîne
le premier dans un café où se produit tous les soirs un certain Anton Karas |
| 49 ans |
1949 |
Rend
visite à son ami Louis Jouvet dans son Théâtre de
l'Athénée. - Renoue connaissance avec Gide qui s'apprête à monter "Les
caves du Vatican". |
| 50 ans |
1950 |
De
retour au Canada, il passe ses vacances dans la grande région de
Pointe-Calumet où il a loué un chalet, près d'un
cousin dont il dit, de ses enfants adolescents, qu'ils ont "la flamme
qui tue". |
| 51 ans |
1951 |
De
1951 à 1954 : intense activité à l'Université de Napierville où il est
partout. - Ce va-et-vient coïncide avec une profonde crise intérieure où,
se confiant à ses plus jeunes élèves, il se dit "las de toutes ces
recherches quand tout semble résider dans la santé, la joie et le
plein air." |
| 55 ans |
1955 |
S'étant lié d'amitié avec un jeune danseur de la troupe de Madame
Chiriaeff, il s'intéresse de plus en plus à l'art de la danse. - En
septembre, il assiste à la première des Ballets Chiriaeff qui allaient
devenir, deux ans plus tard, les Grands Ballets Canadiens. - Il y soumet
plusieurs décors jugés malheureusement trop audacieux (pour l'époque). |
| 56 ans |
1956 |
Collabore à la création, à la première et la dernière des Grands Ballets
de Napierville. |
| 57 ans |
1957 |
Voyage à nouveau vers New York où il visite le Metropolitan Museum, le
Modern Museum of Art et d'où il revient, désenchanté, plein de projets qui
n'aboutissent pas. |
| 58 ans |
1958 |
Année sabbatique. |
| 59 ans |
1959 |
Venu spécialement à Montréal pour appuyer ses amis éclairagistes, membres
du même syndicat que celui des réalisateurs (de Radio-Canada) qui sont
alors en grève, il y fait accidentellement, la rencontre dans
les couloirs du deuxième étage, d'un aspirant designer du nom de René X. Photo, dont les récents travaux sont à l'opposé de tout ce qu'il a prêché depuis
plus de trente ans. - L'oeuvre de ce jeune designer est en effet
introverti, non-exhibitionniste, à peine souligné de signes filiformes et
étrangement épurés.- René X. ne revendique rien : il cherche tout
simplement à exprimer avec la plus grande justesse et la plus grande
intégrité possible sa vision personnelle du beau en s'appliquant à
démontrer les rapports sensibles entre le temps, le volume et l'espace. -
C'est le coup de foudre. - Les deux deviendront inséparables. |
| 60 ans |
1960 |
Il
offre sa démission de son poste de professeur d'ergonomie et de mécanique
céleste aux membres du conseil de l'Université de Napierville. - Elle est
immédiatement acceptée. - Dans son discours d'adieu, il souligne les
efforts de sa famille dans la création et la continuité de cet
établissement mais "toute chose a une fin, dit-il, et il est
grandement temps que je me consacre le reste de ma vie à la
poursuite de ce que chaque homme digne de ce nom aspire : le beau." -
Il quitte, avec René X. pour la Grèce, où il est bien décidé de renouer
avec "le passé de son humanité". |
| 61 ans |
1961 |
Alphétus et René X. sont à Venise, sur la Côte d'Azur, puis à Paris en
compagnie de Pierre Berge, Victoire Thérond, Gabrielle Buchère et Yves
Saint-Laurent. |
| 62 ans |
1962 |
Vacances à Guernesey. - Étude des nus de Raphaël. Publication d'un in
quarto de luxe avec photos de René X. dont la réputation s'étend
maintenant au-delà de la Manche. |
| 63 ans |
1963 |
En
Afrique pour y étudier sur place les différentes formes de la
représentation de la fertilité dans la sculpture dite "primitive". |
| 64 ans |
1964 |
À
Los Angeles, pour recevoir un doctorat honorifique de la Californian Institute of Applied Arts. - Y fait la
rencontre de Rowan Hopkins, né
au Québec. - A Londres où un vernissage des oeuvres récentes de René X.
font la une de tous les magazines spécialisés puis voyage en Écosse et
dans le Lake Region. |
| 65 ans |
1965 |
Début de ses problèmes de santé. - Fait une cure à Baden-Baden où il
entreprend, après quelques semaines de repos, la rédaction de : "La
représentation picturale du berger dans l'art gréco-romain." - Les
dessins sont de René X. - Le livre est interdit de publication en
Scandinavie. |
| 66 ans |
1966 |
Passe l'été à Londres, dans le quartier Chelsea, non loin d'un town house ayant appartenu à Oscar Wilde. - Y rédige des notes sur les Panathénés qui
se trouvent au British Museum. - "Mon esprit reste jeune, écrit-il à
son fils, mais le corps ne suit plus. Heureusement que René a d'autres
objets de découverte que ce peu de mon cerveau que je peux lui transmettre." |
| 67 ans |
1967 |
Violentes disputes entre René X. et lui, René à qui il reproche de trop
s'intéresser à la musique populaire d'alors. - Il retourne seul, chez les
siens, à Napierville, mais continue de faire de fréquents voyages à New
York où son protégé a ouvert une galerie d'art pour hommes, dans le
quartier Soho. |
| 68 ans |
1968 |
Ses
ennuis de santé se font de plus en plus fréquents. - "Abattement,
manque d'appétence, lassitude", écrit-il dans son journal. |
| 69 ans |
1969 |
Accident cardio-vasculaire le 20 février. - Sa convalescence est longue. -
Il reste muré dans sa chambre où il passe la majeure partie de ses
journées au lit, à écrire ou dessiner. - René étant venu lui rendre
visite, il insiste pour l'accompagner, à la fin de septembre, à une soirée
où ce dernier doit rencontrer de jeunes peintres. - Le dix-sept novembre,
quelques semaines avant son soixante-dixième anniversaire, il a un
deuxième accident dans les escaliers du «Tropicana», rue Peel, à
Montréal, et meurt sans avoir repris connaissance dans la nuit du vingt au
vingt-et-un. |