Les cafés, les bars et les politiciens
Le problème avec les politiciens, c'est qu'ils doivent boire en cachette, flirter avec des personnalités peu connues et ne jamais jurer en public de peur de perdre leur
réputation d'anges radieux et de citoyen modèle. - La preuve est que lorsqu'il leur arrive de se faire «prendre en «flangrant dans le lit» [d'une dame de petite vertu], comme
c'est arrivé récemment aux USA, ils sont obligés de démissionner, de demander publiquement pardon à leurs électeurs, de s'excuser auprès de leurs femmes et de se retirer dans un endroit désert
où, jusqu'à la fin de leurs jours, ils seront pointés du doigt comme des buveurs ou des fornicateurs de tout premier ordre. - On leur pardonne plus facilement d'autres écarts comme celui de
détourner des fonds, donner des postes à leurs amis ou parents ou même de partir des guerres contre l'avis de tous.
Vous allez me dire que c'est la voie qu'ils ont choisie et je vous direz que vous avez raison sauf que :
En s'éloignant ainsi de la population qui boit et qui flirte avec tout ce qui bouge, y compris des barmaids, des serveuses et même des danseuses, ils
perdent totalement contact avec le vrai monde.
Où vivent-ils, ces politiciens, qui ne voient ni les forêts abattues, ni la poussière des villes, ni la pauvreté qu'on retrouve même dans les pays les
plus riches ? - Nul ne sait. - Quelles rues emprunte, par exemple, le maire de Montréal pour se rendre à son travail pour ne pas voir les immenses trous qu'on retrouve partout dans les rues
de sa ville, la quantité effarante de mendiants qui, tasse à la main, ennuient tous les automobilistes, les poubelles déversées sur les trottoirs, les affiches monstrueuses ? - Nul ne sait.
Dans la même veine, où vivent les journalistes qui, à la télé, nous entretiennent de l'Iran, de l'Irak, de l'Afghanistan (et puis, plus récemment du
Tibet), parfois à quatre autour d'une table, sujets dont on n'entend jamais, mais jamais, parler dans les cafés, bars ou autres endroits de débauche ?
J'ai un ami qui m'a dit récemment qu'il venait tout à coup comprendre ce que c'était la maturité : «Je viens de réaliser, m'a-t-il dit, après avoir
bu un seul verre, que je ne pouvais plus supporter ni les politiciens, ni les nouvelles.»
À nous deux, cet après-midi-là, nous avons bu le reste de la bouteille, réglant du même coup la question tibétaine et la situation au Moyen-Orient.
Simon
Tout Simon